PATA
d«3 doQtes de Farabi, dont il cherche i réftiter l'opinion.
À son coût pour les ahstractions philosophiqnes FariU)i joignait celai de la mosiqae. On rapporte qn'il sut faire admirer son talent mnsical à la coar de Séif-Eddaula. Il fit faire anz Arabes de grands progrès dans la théorie de la mnsione, dans la construction des instruments et dans l'exécution. Il composa deux ouvrages sur la musique : l'un, qui renferme toute la théorie de cet art, a été analysé très-récemment, d'après un manuscrit de Leyde, par M. Kosegarten, dans la préface à son édition du Kitdb al-agnâni; Farabi y traite de la nature des sons et des accords, des intervalles, des systèmes, des rhvthmes et de la cadence, et il dit lui-même, dans la préface, qu'il y a suivi une méthode gui lui appartient en propre. Il ajoute qu'il a fait un autre ouvrage sur la musique, dans lequel il a exposé et examiné les différents systèmes des anciens. C'est probablement de cet autre ouvrage
?[ne parle Andrès {Origine e progretti d'ogni elleratura, t. IV, p. 259 et 260), d'après un extrait qui lui avait été fourni par Casiri d'un manuscrit de l'Escurial. Farabi y expose les opinions des théoriciens, fait voir les progrès que chacun d'eux avait faits dans cet art, corrige leurs erreurs et remplit les lacunes de leur doctrine. Dirigé par les lumières de la physique, il montre le rididule de tout ce que les pythagoriciens ont imaginé sur les sons des planètes et l'harmonie céleste, et il explique par des démonstrations physiques quelle est riniluenee des vibrations de l'air sur les sons des instruments, et comment les instruments doivent être construits pour produire des sons.
Aucun des grands ouvrages de Farabi n'a été traduit dans une langue européenne, et jusqu'ici on n'a publié de ce philosophe que quelques petits traités. Un petit volume intitulé Alpharalni, vetuatiesimi Arislotelis inlerpr élis, opéra omnia quœ lalina lingua conseripta reperiri
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intitulé de InteUeetu et intellêeto, traite des dif^ férents sens attachés an mot intellect, de la division aristotélique de l'intellect, et de l'unité du voC; et du vonTÀv ; cet opuscule, qui déjà avait été publié dans les œuvres philosophiques d'Avicenne (Venise, 1495], existe en hébreu dans le manuscrit hébreu n* IIÔ de la Bibliothèque nationale. Deux autres opuscules de Farabi, de iie&iu studio AritloleliccephilosophimprœmUtendis, et Fontes quœsliomun, ont été publiés en arabe, sur un msnnscrit de Leyde, et accompagnés d'une version latine et de notes par H. Sohmoelders [Documenta philosophice Arabum, in-8, Bonn, 1836). Les manuscrits des ouvrages qui restent de Farabi sont également très-rares ; la Bibliothèque nationale possède, outre les ouvrages déjà mentionnés, un Abrégé de l'Organon en hébreu (Hanusc. hébr., ancien fonds, n' 333; Oratoire, n* 107), et deux petits opuscules se rattachant également à l'étude de la logique et an syllogisme, en arabe et en caractères nébreux-rabbiniques (Mannscr. bébr., ancien fonds, n* 383, à la suite de la Logique d'IbnRoschd). S. H.
FABOELLA (Michel-Ange), moine franciscain, né i Trapani en Sicile, l'an 1650, mort en 1718, était versé dans les sciences mathématiques, physiques et philosophiques. Il professa successivement la philosophie i Modène, l'astronomie et la philosophie à Padoue. Dans un voyage qu'il fit à Paris, en 1678, il se mit en rapport avec Halebrancbe, Arnaud et Lamy. Ce fut sans doute k cette cession qu'il prit une connaissance ap-
profondie du cartésianisme. Il enseigna cette doctrine au delà des monts, mais en exagérant son cAté idéaliste, puisqu'il soutenait avec Malebranche que l'existence des corps ne peut être démontrée que par le moven de la révélation.
On a de Fardella : universœ philosophice tystema, etc., in-12, Venise, 1691 ; — Universœ usuali» mathematicas Iheoria, in-12, ib., 1691 ; — Logica, in-12, ib., 1696: — Anima humance natura oé Attgustino détecta, in-f, ib., 1698.
FATALISME, système de philosophie qui consiste à rejeter la liberté.
A le considérer sous le point de vue le plus général, le fatalisme est la doctrine de ceux qui regardent tout ce qui se fait dans l'univers, non comme l'oeuvre dune cause intelligente, mais comme le résultat d'une aveugle nécessité. Dans ce cas, il se confond avec l'athéisme ou le panthéisme, et son histoire est celle des plus d^lo> râbles aberrations de l'esprit humain et de la philosophie.
Mais on peut encourir à juste titre le reproeh» de fatalisme, et cependant faire profession d'admettre l'existence de Dieu et sa providence. Il suffit pour cela de ne pas reconnaître le libre arbitre de l'homme, de contester l'empire que nous exerçons sur les déterminations de notre volonté, de soutenir que nous n'en sommes pas le véritable auteur, mais le sujet passif et inerte. Cette dernière espèce de fatalisme est le fatalisme proprement dit, consistant dans la négation pure et simple de la liberté humaine; c'est celui dont nous allons essayer de faire connaître la nature, les causes et la vanité.
Ce qui semble incompréhensible au premier coup d'oeil, c'est qu'une doctrine qui dénie à l'àme le gouvernement de ses facultés et la responsabilité de ses actes, ait pu trouver crédit parmi les hommes et réunir à toutes les époques un si grand nombre de partisans. La notion de la liberté est une des plus distinctes que nous ayons. L'idée de l'existence personnelle exceptée, aucune ne la surpasse en clarté, en autorite. La conscience prend, pour ainsi parler, le libre arbitre sur le fait, jusque dans les actes les plus insignifiants de la vie, tels que parler ou se taire, avancer ou reculer, et la réflexion en découvre la trace dans une foule d'opérations et de phénomènes dont il est la condition, comme les prières, les conseils, les menaces, la délibération, le repentir, les récompenses, les peines et toutes les institutions sociales. Comment se fait-il qu'une vérité aussi simple en elle-même, aussi familière à l'esprit humain, ait pu trouver des contradicteurs et devenir l'objet des discussions les plus longues dont l'histoire ait conservé le souvenir?' Cette étrange anomalie ne peut trouver son explication que dans l'analyse des circonstances au milieu desquelles la liberté se produit.
Par delà tous les êtres contingents, la raison a le merveilleux pouvoir de découvrir l'être absolu. et nécessaire, à qui elle prête, aussitôt après l'avoir conçu, toutes les perfections de ses créatures agrandies jusqu'à l'infini. Elle reconnaît ainsi dtms la cause première une sagesse, une puissance et une providence qui n'ont point de oomes, et dont le langage humain ne saurait égaler la grandeur ineffable. C'est en présence et avec le concours de ces attributs de la divinité que la liberté de l'homme est destinée à agir. Elle n'a d'autre place ni d'autre efficacité que celles qu'ils lui laissent, et comme elle est bornée et qu'ils sont infinis, elle en paraît écrasée et comme anéantie. Puisque Dieu est la pensée absolue, il sait tontes choses; il prévoit donc les actes de l'homme, et la prévoyance qu'il en a est
FATA