POLI
FOLI
sée elle-mime, on snr des facultés, on sur des roncUons dites essentiellement nerveuses. Nous sommes encore à nous demander comment des médecins ont pu attribuer 1/ms les phénomènes de la folie à des causes autres que des altérations dans l'organisation du système nerveux, et comment des hommes, d'ailleurs éminentSj ont voulu les faire dépendre de modifications qui n'auraient porté que sur des forces vitales. Haslam était, suivant nous, dans le vrai, quand il disait que c'est unigitement dans les changements qne peut éprouver l'organisation du cerveau, qu'il faut chercher la cause des diverses espèces de folie; mais il faut tenir compte des altérations les plus légères, de celles qui portent sur la consistance du cerveau, sa coloration, son poids, etc., comme de celles qui portent sur sa structure interne. Les recherches anatomiques étant faites dans ce sens, on dira bien rarement, comme l'a remarqué Georget, qu'on n'a rien trouvé dans le cerveau.
Maintenant qu'il nous parait bien prouvé qiie la cause efficiente de la folie consiste dans des altérations toutes matérielles, devons-nous nous demander si ces altérations s&nt toutes de la mime nature, si toutes consistent comme le soutenait J. Franck, dans un état d'inflammation du cerveau ou do ses annexes, ou dans une atrophie decet organe, dans un endurcissement, etc., etc.? A cela nous répondrons qu'une semblable supposition ne pouvait être faite qu'à l'époque où îles systèmes exclusifs régnaient en médecine, et où toutes les maladies étaient ramenées à un on deux genres d'altérations. Aujourd'hui ^ue l'anatomie pathologique a révélé et la variété des altérations organiques et la spontanéité de leur développement dans le sein de tous les tissus, nous ne devons plus en être à faire ces hypothèses : la réalité des altérations anatomiques dans le cours de la folie est un fait qui ne saurait être nié, et il nous parait en être de même de la diversité de nature de ces mêmes altérations. Quant aux symptômes de l'aliénation mentale, nous avons déjà dit que l'histoire en est assez bien connue. On sait qu'à raison de, ses manifestations, on a distingué plusieurs genres de folie. Les anciens les avaient ramenées à deux grandes divisions : la manie et la mélancolie. Dans le premier cas, il y avait délire général avec propension à la fureur; dans le second, délire exclusif avec propension à la tristesse. Sauvages, multipliant les espèces, avait distingué la démtnce, la manie, la mélancolie et la démonomanie. Pinel avait mis plus de philosophie dans ses distinctions : il avait judicieusement divisé la folie en quatre grandes classes d'affections : sous le nom d'idiotisme, il comprenait tous les cas dans lesquels on remarque une stupidité plus ou moins prononcée, un cercle très-borné d'idées et une nnllilé complète de caractère; la manie était caractérisée par un délire général, une grande irascibilité et un penchant très-marqué a la fureur; la mélancolie par un délire exclusif, avec abattement^ morosité et penchant au désespoir; enfin, la démence par une simple débilité des opérations de l'entendement et des actes de la volonté.
Esquirol n'a fait aucun changement important dans cette classification ; il a seulement substitué au mot mélancolie celui de monomanie, «ui a été adopté avec empressement, surtout *UM les affaires d'expertises médicales.
,ii "" n'insisterons pas sur les symptêmes qui aenoncent la manie générale, ni sur ceux qui caractérisent les diverses monomanies ; on sait quels sont les désordres intellectuels offerU par les malades, l'incohérence et la bizarrerie de
leurs sensations, les erreurs de perception qu'on remarque en eux; il suffit d'être entré une seule fois dans une maison de fous, pour savoir jusqu'où peuvent aller les différentes formes de délire. Chez quelques-uns, la folie esttranqulKc, calme; mais souvent il y a des exacerbations, des paroxysmes; et alors, comme emportés par l'indignation, ils vocifèrent continuellement, ils apostrophent ceux qui les surveillent ou les visitent. La fureur peut être portée au plus haut degré et accompagnée d'une agitation que rien ne peut calmer : la face est rouge et animée, les yeux étincelants, la bouche sèche ; ils montrent à la fois et une extrême incohérence dans les idées, et une agitation excessive; qnelquesnns brisent et déchirent tout ce qui leur tombe sous les mains.
Le plus souvent il y a privation de sommeil chez les aliénés, on au moins le sommeil est rare et incomplet; on en a vu qui restaient des mois et des années entières sans goûter un moment de repos.
Quant aux monomanies, nous avons dit qu'elles sont caractérisées par un délire exclusif; mais, il faut le dire, ce délire n'est pus tellement circonscrit que les malades raisonnent judicieusement sur tous les autres sujets; dans tous les cas, on remarque qu'il y a altération générale, bien que plus légère. Ainsi presque tous les monomaniaques sont incapables d'une attention un peu soutenue- leur volonté est précaire, instable, et leurs affections totalement cuangées.
Il y a aussi chez eux des temps de paroxysmes et d'exacerbations, et alors il est facile de s'apercevoir que le délire est plus général qu'on ne le croyait d'abord; ce qui a fait dire à Georget que, dans les monomanies, le malade est Lresque aussi déraisonnable que dans la manie, a seule différence que présentent ces deux états, c'est que dans l'un le malade s'occupe plus ordinairement de sa marotte, et dans l'autre l'aliéné extravague indifféremment sur toute chose.
Les auteurs ont ramené les principales espèces de monomanies aux suivantes : 1* la monomanie ambitieuse: on trouve parmi les aliénés de cette classe, des rois, des empereurs, des papes, des prophètes, etc.; 2* la monomanie erotique: quand les aliénés sont dominés par un besoin indicible d'aimer on d'être aimé ; par le regret d'un amour auquel on a mis obstacle, etc. ; 3* la monomanie ruigieuse : quand les malades sont tourmentés par l'idée des peines éternelles, ou par les prétendues obsessions du démon; 4° la monomanie mélancolique : les aliénés sont en proie à une tristesse profonde ; ils se disent abandonnés, trahis par leurs proches; il ne leur reste (ju'à mourir, etc. ; &• la monomanie hypocondriaque: les aliénés, d'ailleurs parfaitement sains, se croient attaqués de maladies incurables et toujours extraordinaires; s'ils sont réellement malades, ils exagèrent leurs maux au delà de toute expression, ou les interprètent de la manière la plus étrange : ainsi ils soutiennent que leur sang est altéré, décomposé, qu'un vice profond les ronge et les conduira au tombeau, etc.
Ces délires dominants existent chez beaucoup de malades; mais on a abusé, dans ces derniers temps, de la doctrine qui tend ainsi à circonscrire l'aliénation mentale, à la limiter dans un seul ordre de faits, surtout en ce qui concerne les tendances, les propensions & commettre certaines actions. Combien de fois, par exemple, n'a-t-on pas donné comme atteints de monomanie homicide les plus grands criminelsl d'autres comme atteints de la mononwtnte du voi, etc., etc. C'est l'absurde doctrine de Gall qui a conduit â