II. RÉGION POSTÉRIEORE DO CERVEAU. — Gall a
Elacé peu d'organes dans cette région, tandis que i région frontale en est criblée ; c'est qu'aussi l'exploration n'est pas facile dans cette partie de la carte cr&niologiqne : ce sont des lieux peu fréquentés; toutefois Gall a trouvé moyen d'y
Îilacer dans un espace de quatre à cinq cenimètres, cinq organes correspondant à l'amour de la progéniture, à l'attachement on à l'amitié, i, la défente de »oi-méme. i l'orgueil on & la fierté, a la vanité ou au désir de la gloire.
Gall et Spurzheim ne sont pas tout & fait d'accord sur cette topographie particulière : là où Gall n'a vu que Vattaaiement et la défense de soi-mfme, Spurzheim a vu de plus Vhabitativité. c'est-à-dire le choix des habitations, et il a quelque peu déplacé, il a fait reculer l'organe de l'or^uett, pour loger son organe nouveau : il n'a pas enlendu par cela détruire la création de Gall : c'est un simple remaniement de cette partie de la carte cràniologique. Du reste Spurzheim avait, comme Gall, une roule d'anecdotes, et tout aussi vraisemblables, à l'appui de ses suppléments d'organes : nous nous abstiendrons de les citer; disons plutdt à quels résultats sont arrivés les physiologistes sur cette région de l'encéphale.
Le cervelet a été depuis longtemps l'objet do nombreuses recherches de la part des physiologistes : les uns ont enlevé tout un côté de cet organe ; les autres ont procédé par couches successives. Le résultat général des recherches faites par Rolande serait que la diminution des mouvement* est en raison directe des lésions opérées sur le cervelet; de sorte que cet organe n'est qu'un apfàreil moteur !
Les conclusions que H. Fiourens a tirées de ses expériences ne sont pas moins positives. Suivant ce physiologiste, l'énergie des mouvements serait d'abord affaiblie par les lésions du cervelet; mais il y aurait surtout altération dans la nculté de coordonner ces mouvements, à ce
point que la locomotion ne pourrait plus tifxùr lieu.
Les faits pathologiques ont été, pour la plupart, recueillis par Burdach avec un soin- extrême ; or, de cette masse de faits, la seule conclusion à tirer, c'est que le cervelet concourt particulièrement aux actes de la motilité.
Quant à la région postérieure du cerveau, il serait bien difficile de donner des résultats spéciaux, afin de les mettre en regard de ceux que les phrénologistes ont imagines; on a constaté une telle solidarité, une telle concordance dans toutes les parties de l'encéphale, que partoat, et toujours, on arrive i peu près aux mime* résultats.
En effet, dès qu'on a rappelé ce fait général que les facultés intellectuelles ont leur siège dans les hémisphères cérébraux ; que la grado»tion de leur développement concorde assez bien dans la séri« animale avec celui des facnltés supérieures de l'àme ; dès qu'on a rappelé, disje, cette proposition aussi vieille que la science; si, par des ooservations positives, on vent aller
§lus loin, on est arrêté court, à ce point qu'on ésespère véritablement de jamais faire un pas de plus.
Si les expériences faites sur les régions postérieures des hémisphères cérébraux montrent des attributions différentes de celles qui appartiennent au cervelet, elles n'en montrent aucune qui se distinguent des attributions des antres régions des hémisphères : pour le cervelet, il y a prédominance dans les perturbations de U motilité; pour les hémisphères, il y a alMlition plus ou moins complète des seules facultés sensoriales. Quant aux faits pathologiques, leur signification est la même : il y a des troubles intellectuels; mais ces troubles sont toujours généraux. Qu'il y ait délire aigu ou chronique, aliénation marquée par la manie ou par rimbécillité, toujours est-il que l'intelligence est troublée dans son ensemble comme nue machine très-compliquée, dont on vient de léser un rouage. Il serait donc impossible de trouver ici un seul fait propre à rendre vraisemblables les assertions de Gall sur l'existence de telle ou telle faculté dans cette région du cerveau. Voyons s'il a été plus heureux dans les autres parties.
m. RiCION MOYENNE DU CERVEAU. — Gall a
placé ici sept ou huit organes ; savoir, en procédant de bas en haut : l'instinct carnatsier au-dessus du méat auditif ; le setu de la mécanique dans la région temporale ; le sent de la ruse au-dessus de l'instinct carnassier ; le sentiment de la propriété en arrière de l'arcade supérieure de l'orbite ; l'organe de la eirconspeC' tion dans la région moyenne des pariétaux; l'organe de la fermeté sur le sommet de U télé ; et enfin, le eentiment religieux en arrière de la région frontale.
Ici encore, tout en restant d'accord sur les grands principes, Spurzheim a remanié la carte cràniologique. Ainsi, dans les régions latérales, au pourtour des oreilles, là on Gall n'avait place que l'instinct carnassier, la ruse et le vol, ^nrzoeim a aperçu la combativité on l'amour des combats, la deitruelivité ou l'instinct de la destruction, la biophilie ou l'amour de la vie, et Valimentivité ou l'appétit des aliments. Dans la région supérieure de la tête, il a déplacé la circonspection pour introduire trois nouveaux organes, savoir : la merveillosilé ou l'amour dn merveilleux, Vespérance et la consctencton(^
Sur une autre ligne, U a rangé cinq organes de sa façon, et en s'appuyant, comme son collaborateur, sur une fouie d'anecdotes. Hais oom-
GALL
GALL
ment se faitnl qw Gall. moins Kcond qoe Spnrzheim, n'ait fait qn'nne senle et même proéminence de l'organe du vol et de celui de la propriété ? C'est que, dans les idées du fondatear de la phrénologie, c'est <ou( un/ L'organe est-il médiocrement dèveloppéT c'est le sentiment de la propriété, sentiment honnête, d'après les conventions humaines; honnête même par excellence, puisque en certains pays, ceux qui possèdent seraient seuls dans la classe des honnêtes gens. Est-il un peu plus développé? c'est le penchant k faire des provisions, et oientêt le penchant i faire des iu^juisitions ; c'est même la convoitise, penchant qui peut encore passer ponr honnête, ponrvn qu'il ne dépasse pas certaines bornes. Enfin, l'organe est-il trèsdéreloppéf c'est le penchant au vol. Ne nous flatlont pat, dit Gall (t. IV, p. 338), d'avoir lauvé la nature du reproche (titre l'auteur du paushant au vol ; ce penchant est le rétultat d'un tris-grand développement et Sune aclMté tris-éfiergtque du senttment de la propriété. Quelle théorie 1 bon Dieu I
Si maintenant nous interrogeons la science snr les fonctions de la partie moyenne du cerveau, nous verrons qu'en s'en tenant aux expériences positives faites par les physiologistes, on ne saurait trouver des différences notables entre cette région moyenne et la région postérieure. Les deux ordres de faits que nous avons déjà signalés, i savoir, les troubles intellectuels et les lésions nerveuses, se montrent avec autant d'évidence, et dans une proportion à peu près semblable, soit que l'altération matérielle porte sur la région moyenne du cerveau, soit qu'elle porte snr la région postérieure. On retrouve toujours de l'aliénation et du délire, des .paralysies et des convulsions, absolument comme dans les cas précédents.
Il est arrivé plus d'une fols qu'un espace plus on moins considérable de la calotte osseuse ayant été détruit, soit par un travail de mortification, soit par des couronnes de trépan, la région moyenne et supérieure des hémisphères cérébraux a été mise i. nu; cette condition, accidentellement produite, a permis aux expérimentateurs de rechercher quels peuvent être les effets de la compression exercée sur cette partie du cerveau.
Or, on a vu que d'abord c'est l'intelligence oui est troublée, mais troublée dans l'ensem&ie de ses opérations: les impressions du dehors n'arrivent pas à la conscience avec netteté, la perception est imparfaite, l'association des idées n'a plus lieu, et les volitions sont impuissantes ; si la compression est plus forte, il y a suspension complète des opérations intellectuelles: l'homme perd, comme on le dit, la connaissance, il ferme les yeux, s'affaisse sur lui-même, et tombe dans un anéantissement profond.
Ainsi tout tend à confirmer ce fait, que le cerveau, dans sa région moyenne comme dans sa région postérieure, concourt à toute manifestation intellectuelle. Hais il est impossible de faire un pas de plus : rien ne prouve qu'il y ait là un département affecté à tel ordre de manifestations plutêt qu'à tel autre.