HEIN
HELV
Bapport sur le concours pour l'examen critique de la philosophie allemande, 1847 (dans les Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques) ; — J. Willm, Histoire de la philosophie allemande, Paris, 1846, 4 vol. in-8 ; — Barchon de Penhoën, Histoire de la philosophie allemande, Paris, 1836, 2 vol. in-8; — OU. He-
gel et la philosophie allemande, Paris, in-8 ; — Véra, Introduction à la philosophie de Hegel, Paris, 1864, in-8 ; — du même, iPlatonis, Arislolelis et Hegelii de medio termina doctrina. Paris, 1845, in-8; — Prévost, Hegel, exposition de sa doctrine, 1845, in-8 ; — P. Janet, Essai sur la dialectique dans Platon et dans Hegel, Paris, 1860^ in-8; — Ch. Bartholmess, Us Doctrines religieuses de Hegel (dans les Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques, t. XXXV, XXXVI, XXXVII etXXXVlU).
BËOËSIAB, fondateur de la secte des hégésiaqnes, et disciple de Pérabite, qui lui-même appartenait à l'école cyrénaïque, florissait à Alexandrie au commencement du ni* siècle avant l'ère chrétienne. Ses principes étaient à peu près les mêmes que ceux de son maître et d'Aristippe de Cyrène, mafs il en a tiré des conséquences toutes différentes, et a le mérite d'avoir montré le premier à quels tristes résultats l'on arrive avec la morale dite du plaisir. Considérant le
Elaisir et la volupté (*iîovifi iv xivVi«i], et le plus aut degré de la volupté, c'est-i-dire le oonheur, comme l'unique nn de nos actions, il se demandait quels moyens nous avons d'atteindre i cet état, et il arrivait ii cette conclusion, que le bonheur est une chose imaginaire, qui se dérobe à tons nos efforts (iSOvatov xatàvuitpoxTÔv). En effet, les maux l'emportent sur les biens, et les biens eux-mêmes, les rares jouissances que nous éprouvons, n'ont rien de réel, puisque l'habitude et la société ont le pouvoir de nous les Atcr. De là cette maxime désolante que l'antiquité nous a conservée sous son nom : • La vie ne semble un bien qu'à l'insensé ; le sage n'éprouve pour elle qu indifférence, et la mort lui parait tout aussi désirable. » Dans cette condamnation de tous les biens se trouvent compris les vertus, les sentiments, les jouissances du cœur aussi bien que les avantages du corps et de la fortune. Le sage ne doit faire aucun cas ni de la reconnaissance, ni de l'amitié, ni de la bienfaisance, ni de 1 estime des autres, ni de sa propre liberté. Hégésias avait l'habitude de peindre la vie avec de si sombres couleurs, que plusieurs de ceux qui l'avaient entendu se donnèrent la mort. De là lui est venu le surnom de Pisithanale (FltiataivaTOî), c'est-à-dire qui conseille de mourir. II a aussi écrit un livre où un homme décidé à se laisser mourir de faim ('Axox&pnpo;. c'est le titre même de cet ouvrage, aujourd'hui perdu pour nous), essaye de justifier sa résolution en exposant tous les maux qui nous affligent. C'est à cause de la funeste influence que ce philosophe exerçait sur ses disciples, que le roi Ptolémée, à ce que raconte Cicéron, fit fermer son école. On peut consulter, sur Hégésias, Diogène Laërce, liv. II, Vie d'Aristippe, ch. Lxxxvi et suiv. ; — Valère Maxime, liv. I, ch. IX ; — Cicéron, Tusculanes, liv. I, ch. xxxiVj et une dissertation moderne de Rambach, qui a pour titre Progressio de Hegesia ncioiSavâTt)), in-4, Quedlimb., 1771. On la trouve aussi dans sa S^Uoge dissertationum ad rem litterariam pa-ltnerUium, in-8, Hambourg, 1790.
BEOŒCCnjS, on plus exactement BEI- NECKE (Jean-Théophile, en allemand Gottlieb), naquit en 1681, à Eisenberg, dans le duché d'Al-
tenbonrg, fut successivement professeur de philosophie a Halle, professeur de droit à FraneKer et à Franefort-sur-l'Oder, revint en cette même qaalité à Halle, où il joignit à l'enseignement au droit celui de la philosophie, et mourut dans cette dernière ville le 31 août 1741. Heinecke s'est fait une immense réputation en Allemagne comme jurisconsulte et comme érudit; mais son nom appartient aussi à l'histoire de la philosophie. Il a essayé, en marchant sur les traces de Thomasius et de Cumberland (voy. ces deux noms), de concilier cette science avec la science du droit, d'introduire dans celle-ci la méthode et l'esprit de généralisation de celle-là. C'est sous l'influence de ces idées qu'il a écrit ses Éléments du droit riatwel et du droit des gens {Elementa juris naturœ et gentium), in-8, Halle, 1738; son Introduction à l'ouvraqt de Grotius {PrœUctiones academicœ m H. Urotii de jure belli acpacis libros), in-8, Berlin, 1744 : et son Introduction au traité de Puffendorfj svir les devoirs de l'homme et du citouen [Prcelectiones ncademicce in Sam. Puffendorf de officio hominis et civis), in-8, iby 1742 ; Vienne, 1757. Il a publié aussi un traite de philosophie
Sroprement dite, précédé d'une histoire abrégée e cette science, Elementa philosophiae rationalis et moralis quitus proemissa est historia phiiosophica, in-8, Francfort, 1728. VHistoire de la philosophie a été imprimée séparément, in-8, Berlin, 1743. On a punlié à Genève une édition complète des œuvres de Heinecke, Opéra ad universam jurisprudentiam, philosophiam et litteras humaniores perlinenlia, 8 vol. in-4, 1744-1748;9 vol. in-8, 1777. BELMONT, voy. Van-Helhont.
HEL'VËTIUB (Claude- Adrien), né à Paris en janvier 1715, y mourut le 26 décembre 1771. Son père était le premier médecin de la reine; et cette protection suprême obtint au jeune Helvélius, à l'âge de vingt-trois ans, une place de fermier général, qu'il ne quitta qu'en juillet 1751. Son vif amour de la gloire le porta à rechercher les succès littéraires. Pendant que de nombreux traits de bienfaisance honoraient l'emploi de sa fortune, sa maison, à Paris, devint rapidement le centre de cette société brillante qui remplissait alors les salons qu'on appelait philosophiques. Il écrivit plusieurs ouvrages, entre autres le livre de l'Esprit, le Traité de l'homme, et un poème sur le Bonheur. Le plus célèbre, et le seul qui lui ail fait une véritable réputation, c'est le livre de l'Esprit, qui obtint a son apparition (1758) un succès éclatant. On sait que ce fut à l'occasion de ce succès que Mme du Deffand dit ce mot célèbre: «C'est un homme qui a dit le secret de tout le monde. » Le livre d'Helvétius fut condamné, et l'auteur quitta la France pour quelques années. Après avoir voyagé en Angleterre et en Allemagne, être allé à Berlin, où il visita Frédéric II, Helvétius rentra dans sa patrie, où il retrouva tous ses amis, mais non toute sa gloire. Dans son absence, son ouM-age avait essuyé de nombreuses et redoutables critiques. Ainsi Voltaire louait bien la clarté du style et l'élégance du livre de l'Esprit devant les étrangers célèbres qui allaient le visiter aux Délices ; mais il trouvait le titre équivoque, l'ouvrage sans méthode, rempli de choses communes ou superficielles, et ce qu'il renfermait de neuf, faux ou problématique. D'un autre côté, 1. 1, Rousseau, dans l'Emile, attaquait sans Tnenagement et poursuivait de sa généreuse indignation tous les principes dn livre de l'Esprit. D'Alembert et Diderot, dans leurs conversations, ne lui épargnaient pas les jugements sévères. Il