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essence, diverse dans ses formes ; la vie diffuse et déterminée, en même temps le principe de l'ordre et de l'barmonie universelle; c'est lui qui par son action sar notre cerveau y apporte rintelligence. Il n'y a rien de bien précis dans ces assertions : ce qui le prouve bien, c'est que les vitalistes de l'école de Montpellier se donnent pour les héritiers légitimes de la tradition hippocratique, et que (Tautres critiques reconnaissent dans Hippocrate le père de l'animisme. En somme, ce qu'il y a de plus clair dans la philosophie d'EUppocrate, c'est son amour de la philosophie, c'est-i-dire de la sagesse et de la vertu, si bien exprimé dans cette maxime : • le médecin philosophe est égal aux dienx. * Toutefois, ce n'est pas la conclusion adoptée par des écrivains
âue l'on consultera utilement : Y. de Xjiprade, e Philosopkia Hippocrati», Aix, 1 848 ; — E. Chauvet. Cou* Hippoeratn guaïit fuerit mter philosofMOS, Caen, 1855. (Cette thèse a été reproduite avec des changements dans les séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques^ 3' série, t. XVII.) Fr. Bouillier, du Principe vi<a< et de Cdme peruanU, Paris, 1863, ch. rv. E. C.
HIPPODAME DE MiLET, architecte et philosophe pythagoricien. Aristote nous apprend dans sa Politigue (liv. II, ch. vi) qu'il avait des prétentions à la science universelle, et cherchait à attirer sur lui les regards par la magnificence de ses vêtements. II fut le premier écrivain qtli, sans être homme d'État, ait tracé le plan d'une république parfaite. Par conséquent, if doit avoir vécu avant Platon. Aristote, dans 1 ouvrage que nous veuons de citer, et Stobée {Serm. CXU), nous ont conservé en entier cette constitution idéale qui a peut-être suggéré plus d'une idée à l'auteur de là RépiAlimu et des Lots; nous nous contenterons de rappeler ici tris-brièvement ce qu'elle offre de plus remarquable. Elle compose la cité de dix mille citovens, partagés en trois classes : les artisans, les laboureurs et les gens de
Fuerre. Elle divise le territoire en trois parties : une sacrée, qui doit fournir aux dépenses du culte; l'autre nationale, affectée aux gens de guerre, et la troisième particulière, abandonnée aux simples citoyens. Elle établit une cour suprême ou seront portés, par appel, tous les jugements qui ne seraient pas conformes aux lois. Des récompenses sont accordées au citoyen qui s'est signalé par une découverte utile. Les enfants des guerriers morts en défendant la patrie sont nourris aux dépens de la république. Enfin les magistrats sont élus par le peuple, c'est-àdire par les trois ordres de l'Ëtat. X.
HIPFOIT ne Rhegiuh. On ne connaît pas d'une manière précise le temps on ce philosophe a vécu ; mais, d'après les rares traditions qui nous restent de lui, on peut affirmer qu'il appartient aux premiers siècles de la philosophie grecque. On le regarde quelquefois comme un disciple de Pythagore; cependant, par ses opinions, il se rattache pintdt i l'école ionienne. Aristote {Metaph., lib. I, cm), faisant mention de lui immédiatement après thaïes^ nous apprend qu'à l'exemple de ce dernier il rendait l'eau ou plul6t l'humidité comme le principe des choses. Selon le même auteur {de Anima, lib. 1, c. n), il ne reconnaissait pas d'autre origine a rtme ; ou peut-être l'eau lui semblait-elle à la fois la substance matérielle et l'ftme du monde. D'après Sextus Empiricus {Hyp. Pyrrh., lib. III; Adv. Mathem., lib. IX), il aurait reconnu deux principes, l'eau et le feu, ou la chaleur et l'humidité. Dans les deux cas, Alexandre d'Aphrodise («n Metaph. Aristot., p. 12) nous parait avoir raison de le compter parmi les philosophes pour
qui rien n'existe que ce qui tombe sons nos sent. Aristote, en parlant de lui, ne s'exprime qu'avec un profond dédain et le range au nombre des penseurs les plus grossiers, tûv fo^txwTcptov. On peut consulter sur Hippon, outre les auteurs que nous venons de citer, Jamblique, Vita Pythagorœ, c. xviii; — Censorinus, eie Die TMtali, c. v ; — Simplicius, m Phy». Arittot., p. 6; — Eclogœ phyt.j p. 798, édit. Heeren; — Plutarqne, de Placitts philotoph., lib.V, c. v ; — Adv. Sto>eo$, c. ixxi. X.
BIBMBAYII (Jérôme). La vie de ce fougueux apêtre du scepticisme est peu connue. Tout ce qu'on en sait, c'est que ne en Bohême, il fut reçu docteur en théologie i l'université de Prague, puis nommé à l'abba^^e de Notre-Dame^n- Mont-Sion, enfin élu vicaire général des Prémontrés dans la province de Bohême, Moravie, Silésie et Autriche. Cest en 1679 qu'il mourut. L'ouvrage qui a sauvé son nom de l'oubli parut trois ans avant sa mort, c'est-i-dire en 1676. En lisant cet ouvrage, aujourd'hui de la dernière rareté, on apprend quelle fut l'éducation de Hirnhaym, et par quelle voie il arriva an genre de scepticisme qu'il considérait comme le plus solide appui de la foi catholique. Élevé dans les collèges de jésuites que Rodolphe II multiplia autour de la capitale de saint Népomncène, au commencement du xvir siècle, Hirnhaym y adoptalla maxime cjue les sens sont l'unique source de notre savoir : nihil enim est in intellectu, ait Arittotelea, quin priut fuerit in tentu (p. 20). A cette maxime il joignit bientôt un principe bien différent, puisé dans le mysticisme qui dominait parmi ses compatriotes. Il lut avec avidité, il fréquenta les disciples de Weigel et de Jacob Boehm, Harcus Marci, Jean Engel, Jean Amos, et il se laissa conduire par eux vers les Van-Helmont et les Paracelse.^ Ce n'est pas lout encore. L'ordre religieux où il était entré s'était engagé à combattre le protestantisme et la soience moderne, persuadé que le plus sûr moyen d'affermir l'autorité spirituelle, telle que le moyen kge la concevait, consistait a ruiner, à renverser par un pyrrhonisme universel le principe d'examen et les méthodes de libre investigation. Hirnhaym, épousant cette sorte de querelle, se pénétra des écrits de Cornélius Agrippa et de Sancbez, et renouvela avec plus de vebemence leurs doutes et leurs griefs contre la certitude des sciences humaines. Toutes les vicissitudes que la marche de ses études avait éprouvées se retrouvent dans son ardent et épais manifeste. Il ne craint pas d'encourir le reproche de se démentir lui-même : < Ce qu'on appelle prtnciÇpe de contradiction, dit-il, n est que pure chimère. > Dût-il d'ailleurs se contredire mille fois, diit-il réfuter son sensualisme par son mysticisme, et détruire l'un et l'antre par un scepticisme radical, peu lui importe : le pyrrhonisme, de son propre aveu, n'est pour lui qu'un moyen. Le but véritable de sa polémique, c est de bouleverser l'esprit humain de telle façon qu'il ne songe plus qu'i se précipiter, les yeux fermés, aux pieds du saint-siége. Là. seulement est pour l'intelligence l'infaillibilité, et pour l'Ame le repos sans trouble. De même qu'il n'^ a point de salut hors de l'Ëglise, il n7 a point d'évidence hors de l'enseignement sacré. La philosophie, la science humaine est erreur et vanité : la science divine, la théologie, voilà la vérité. La vraie philosopnie, c'est le mépris des lumières trompeuses du monde, c'est l'amour de la folie de la croix.
Dans l'intérêt de cette cause, Hirnhaym amassa un trésor de connaissances très-variées^ tant profanes que religieuses, et dépensa infiniment