‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 5)Chapitre 141 sur 156 · HYPO · texte numérisé non relu

HYPO

d'Hypctie an moment do ooon, bit âooaé de radoence qui s'y dirigeait on en sortait et ressentit nn monrement de jilcnsie ; mais si le eut est Trai, ce ne fut pas^oone de bel esprit, ce fat dépit d'apAtre chrétien et d'homme politique. Le jttgânimne an commeticement dn T* sjè:Ie était encore Tirace; et la philosopbie,. le néo-platonisme sortent, en le rajennissant, en Hnterprétact, Ini renaît en aide de tontes ses forées, et gardait une attitnde hostile en bce de n^ise. D'antre part, l'énorme puissance des érSnet d'Alexanorie dans la capitale de leur diocèse les mettait à toat instant en conflit de pooToir arec les préfets, et cenx-ci, même lorsqu'ils étaient cl)Mtiens, cherchaient partent, pour contre-balanccr lenrs riranz, ies aoiiliaires. A ce titre, le judaïsme^ le paganisme, le néo-platonisme tronraient près d'enz aceoeil on ménagement. Ce fat sartont ce qui arriTa à partir de l'avénement de saint Cyrille à l'épiscopat (en 412). Saint Cyrille, dès l'abord, se mootra bien antremeht exigeant que son oncle, l'impérieux Théophile. Représentant i. la fois la philosophie et le paganisme, Hypatie loi pesait donc comme ennemie de la foi; amie d'Oreste, le préfet, et ne manquant pas d'inHnenee sur Ini^ c'était de pins one ennemie personnelle, puisqu'elle Tonlait des bornes à la tonte-pnissanee de l'érique. Les année* 413 et 414 avaient été signalées par des collisions déplorables. SiLint Cyrille en personne, avec des bandes i lui, avait occupé les synagogues, chassé les juifs et permis le pillage de leurs biens; saint Cyrille encore, après le supplice d'Ammonius (mis à mort poor avoir participé à l'émente snscitée par les cinq cents moines de Mitria an nom de réréque, et pour avoir failli crever l'œil an gou- Temenr^, avait fait faire des obsèques solennelles an séditieux, et l'avait qualifié de martyr. Il est vrai qu'entre ces deiu actes, il avait été trouver Oreste, les Évangiles à la main, et Ini avait offert de vivre désormais en paix avec lui, et qn'Oreste avait refusé cette satisfaction, que n'accompagnait ni punition des coupables, ni réparation des dommages. Probablement c'est à l'influence d'Hypatie que Cyrille attribua la froideor d'Oreste. Cest anssi en vertn de ses conseils qu'on supposait avoir eu lieu la mort d'Hiérax, ce misérable maître d'école, espion de l'évéqne, qu'Oreste fit un jonr arrêter an théâtre et appliquer à la torture (413), ce qui avait été le point de départ des désordres. Quoi qu'il en puisse être, Cyrille avait tout fait pour passionner démesurément ses amis et la foule, et c'est lui plus qu'Oreste qui domfbait dans Alexandrie lorsque, an commencement de 415, nn jour de carême, Hypatie en «oitnre voit accourir & elle une foule furieuse. On arrête son char, on l'en arrache, on l'entraîne; elle arrive ainsi en face de la grande église, dite l'Impériale; là bientôt on lui enlève ses vêtements; les tuiles, les débris de poterie plenveat sur elle : elle est lapidée. Sa mort mémo s'aàoavit pas ses meurtriers; on se précipite sur son cadavre ; on llnsulte, on le déchire, on promène par les mes d'Alexandrie ces restes sanglants comme des trophées du christianisme. Un peu plus tard, on les réunit, et on les brûle au Cinaron.

Hypatie avait écrit deux Commentairt$ : l'on sur le Canon atlronomigtte de Ptolémée, l'antre sur les Seetiont conique* d'Apollonius de Perga. Les deux ouvrages sont perdus, et 11 ne nous reste de leur auteur qu'un Canon, on table astronomique, inséré dans les Table* mamuUe* ■**'*»*es i lliéon. On lui a, mais faussement, attribué une Uttre à saint CyriUe, qui nous la montrerait assez disposée à embrasser le chris-

tianisme, si elle n'était arrêtée par ce dogme que Dieu est mort pour les hommes, et les malheurs de Nestorius, condamné, banni pour avoir soutenu des idées plus conformes & la raison. Nestorius n'ayant été condamné qu'en 431, il est trop clair que la pièce est apocryphe ; mais elle est curieuse en montrant que la mémoire de Illustre néo-platonicienne survivait même parmi les chrétiens. Pendant longtemps en eflet on donna le nom de *eeonde Hypatie aux femmes qui se distinguaient par l'étendue et la pro&mdenr de leurs connaissances, et on lit dans l'Anthologie une épigramme en son honneur, probablement de Paul le Silentiaire. Synâius nomme Hypatie en plusieurs passages, lorsqu'il écrit à son frère, et de plus ses lettres 10, 14, 15, 33, 80, 124, 153 (édit. Petan) Ini sont adressées. Le ton qni y règne est celui d'une respectuense amitié. Avec la dernière de ces lettres, il lui envoie deux ouvrages (son Dion et son Traité de» Songe*), les soumettant i son examen, et déclarant qu'il ne les publiera qne s'ils ont son approbation. Les sept lettres et le fragment authentique ont été publiés par Wolf dans sod MuUerum grœarvm.... Fragmenta, etc. Socrate, Somozène, Philostorge, dans leurs ^ùtoirt* eeeléeioitigxte*, Saxius, Bmcker, Montucla, Fabricins et une foule d'autres, dans leurs grands Recueils, ont parlé d'Hypatie. 11 faut surtout y joindre TiUemont {Hitt. eeeUtiast., t. XIV, Fie de saint CyriUe, art. 3). Mais, de plus, il existe plusieurs monographies sur cette femme célèbre Ménage d'abord, ensuite Schmid {Deatrib. de Uipparcho, 2 Theon, atqve Hmatia, in-4, léna, 1691), donnèrent l'exemple, foiaod le suivit, dans le n* 3 de son Tetraâymut; mais l'emportement avec lequel il s'exprime sur saint Cyrille nuit à l'efi'et qu'il veut produire. L'abbé Goujet, sous les initiales M. G., a, au contraire, tenté de justifier le prélat dans sa Continuation des Mémoires du P. Desmolets, $ 138-187 et 187-191. Enfin Wernsdorf a donné quatre ùitserlotion* *w hypatie, in-4, Wittemberg, 1747 et 1848. .

HYPOTHÈSE ({iiii66<Tt(, littéralement tuppotition). Aristote, en créant la logique, a été oblige d'en composer aussi la langue^ et c'est lui qui s'est servi pour la première fois dn mot que nous essayons de définir. Ayant donné le nom de thèse (Sihk) i tonte proposition qui, sans être un axiome, sert de base a la démonstration et n'a pas besoin elle-même d'être démontrée, il distingue deux espèces de thèses, l'une qui exprime l'essence de la chose, et l'autre son existence ou sa non-existence. La première est la définition (6pta|iii;), et la seconde Vhypothète, c'est-à-dire ce qui est subordonné & la thèse [Dem. Analyt., liv. I, ch. u). Hais il n'emploie jamais celte expression que par rapport k l'argumentation syllogistique, en considérant à la fois la position de celui qui parle et de celui qni écoute. • Tout ce qne l'on ^end comme démontré, dit-il {ubi tupra, ch. x), sans l'avoir démontré soi-même, et qni est accepté par celui à qui l'on démontre, est une hypothèse, non point absolue, mais relativement à cette personne seule, a Si, au contraire, celui

r écoute reftase de croire à une proposition ce genre, alors le mot A'hypothè*e est remplacé par celui de pottulal. « Le postulat, pour noua servir encore de ses propres termes [ubi tupra), est ce qui est l oemi contraire i la pensée de celui qu'on instruit, on ce qne l'on prend pour démontré et qu'on, emploie comme tel, sans l'avoir soi-même démontré. > A cette définition purement scolastique on a substitué depuis longtemps un sens i la fois plus précis et

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