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instincts de notre natare, ne serait pas satisfait. La philosophie a sur les faits de conscience, ainsi que sur les faits de la nature, un droit d'interprétation, et Jacobi a lui-même largement usé de ce droit. Cette interprétation est de deux sortes : elle est analytique lorsque, considérant les faits donnés comme des conséquences, elle s'applique à en rechercher les principes j elle est synthétique lorsque, les considérant comme des principes, elle en recherche les conséquences. C'est ainsi, par exemple, que du sentiment reli-
fteux on peut conclure à l'existence de Dieu et l'origine divine de ce sentiment, et que de la loi morale, considérée comme un fait positif, Sant a conclu à l'immortalité de l'àme comme conséquence logique de ce fait.
Ce n'est qu'a cette condition que la philosophie du sentiment ou de la foi rationnelle peut fitre acceptée. Admise purement et simplement, sans critique et sans le droit de rectifier et de développer la conscience naturelle, elle serait la mort de tonte philosophie, de toute vie intellectuelle; acceptée sous cette réserve, elle fournit à la science un fondement solide et une sûre garantie contre les aberrations de la dialectique.
On peut consulter, sur la philosophie de Jacobi, les œuvres complètes de Jacobi formant six volumes qui parurent à Leipzig de 1813 à 1825. in-8; — Kuhn, Jacobi et la philosophie de ton temps (ail.), in-B, Mayence, 1834 ; — J. Willm, Histoire de ta philosc^hie allemande, Paris, 1847 et suiv.. 4 vol. in-8; — Amédée Prévost, articles publies dans la iievue du progris social, février et juillet 1834. J. W.
JACQUES (Amédée), philosophe français, né en 1813 & Paris, entra en 1832 à l'École normale, et en sortit avec le titre d'agrégé de philosophie. Après quelques années d'enseignement en province et à Versailles, il fut apjelé au collège Louis-le-Grand et i. l'École normale. Il avait obtenu le grade de docteur, et pris une part très-brillante au concours d'agrégation des facultés fondé en 1843 par H. Cousin. La révolution de 1848 le trouva engagé dam des opinions libérales, qu'il n'abandonna pas, quand elles furent un péril. Il avait fondé dès 1847 une revue, la Liberté dépenser, qui eut une existence courte, mais brillante ; quelques-uns de ses articles, entre autres celm où il essayait de montrer les défauts du premier enseignement religieux donné aux enfants, lui attirèrent les rigueurs du pouvoir; et après qu'il eut perdu sa chaire^ un arrêté du conseil supérieur de l'instruction publique le déclara incapable d'enseigner en France. Quelque temps après, le coup d'État de décembre avait pour effet de supprimer la Revue, et de mettre le directeur en péril de subir sans jugement les peines les (lus rigoureuses. Il se hâta de quitter la France, et, gr&ce à l'intervention de M. de Humboldt, il fut chargé d'aller i Montevideo, organiser pour le compte de la république de l'Uruguay un grand établissement d'instruction publique. Le succès ne répondit pas k son attente; néanmoins après des épreuves assez rudes il avait conquis une position avantageuse, qnand il mourut à Buenos- Ayres en 1865. Sa carrière philosophique fut trop têt arrêtée pour qu'il ait pu tenir tout ce que promettaient ses premiers essais. On a de lui, outre ses thèses de docteur : Manuel de philosophie, Paris, 1846, en collaboration avec HH. 1. Simon et Saisset. Jacques y a traité la psychologie ; Mémoire sur le sens commun, imprimé dans les Mémoires de l'Académie des •eiences morales et politiques, 1847, Savants étrangers, t. II. Il faut citer en outre plusieurs articles de ce Dictionnaire, et des préfaces re-
marquables aux œuvres de Fénelon, de Leibniz, de Clarke dont il se fît l'éditeur.
jAKBUaOE. Tous les auteurs anciens qoi parlent de ce philosophe, un des reprteontants les plus illustres de l'école d'Alexandrie, sont muets sur la date de sa naissance et celle de sa mort. Nous savons seulement par Suidas qu'il reçut le jour à Chalcis, en Ccelésyrie, de parents riches et considérés, et qu'il norissait t
le règne de Constantin. La plus grande partie de sa vie, comme l'indiquent les rares circonstanees que nous en connaissons, a dft se passer i Alexandrie. On lui donne pour premier maître un certain Anatolius, par qui il fut présenta i Porphyre. Devenu, après la mort ae celui-ci, l'oracle de l'école, il vit les disciples afflaer autour de lui ; et t«l fut, malgré l'austérité de son langage et les formes arides de son enseignement, l'ascendant qu'il exerça sur eu, qu'une fois attachés à lui, ils ne le quittaient plus, mangeant à sa table et le suivant partout. L'enthousiasme qu'il leur inspirait allait même jusqu'à la superstition, puisqu'on lui attribuait le don des miracles. Ainsi un jour, en faisant sa prière, il est ravi à dix coudées audessus du sol. Une antre fois, il se détourne de son chemin, prévoyant le passage d'un convoi funèbre. Enfin, aux bains de Gadara, après qu'il a touché de sa main deux petites sources, on en voit sortir aussitôt deux enfants d'une admirable beauté, qui, l'entourant de leurs bras, semblent le reconnaître pour leur père (Eunap., yila sophist. JambL). De quelque source que dérivent ces récils merveilleux, de l'imagination des disciples on du charlatanisme du maître, ils n'en montrent pas moins gueiie était alors la tendance de l'école néoplatonicienne à confondre le rêle du prêtre et du thaumaturge avec celui du philosophe. Uais en ToUà. assez sur la vie de Jamblique; voyons quelles étaient ses doctrines.
Il ne nous est resté des nombreux ouvrages de Jamblique qu'une vie de Pythagore et une exhortation à la philosophie [de Vita Pythagora et Prolreptricœ orationes ad philosophiam, lib. II, gr. et lat., in-4, Franecker, 1598, Amsterdam, 1707, et in-8, Leipzig, 1815). Qnant au livre sur les mystères égyptiens {die Musteriis jEgypliorujn liber, teu Re»pon*io ad Porphyrii eputolatn ad Ànebonem, gr. et lat. éd. Thom. Oaie, in-f, Oxford, 1678), malgré le témoignage de Proclus^ il est plus sAr de l'attribuer i 1 école de Jamblique qu'à ce philosophe lui-même. Malheureusement, aucun de ces ouvrages ne contient la partie im[ ortante de sa doctrine, sa théologie. On est réduit & en chercher les fra^ menls épars dans le commentaire de Proclus sur le Tim&. Dans les derniers temps de son enseignement, Porphyre avait vu son premier disciple, Jamblique, devenir son rivai, et partager, au sein même de sa propre école, cette autorité que Porphyre devait nientêt loi ahandooner tout entière. De bonne heure, en effet, Jamblique manifesta son opposition à la doctrine de son maître sur un certain nombre de points importants. Après Plotin, l'école néo-platoniâenne s'itait engagée dans des discussions fort subtiles, sur des difficultés que le maître avait négligées ou expliquées d'une manière obscure et incomplète. Déjà Amélius, Porphyre, Théodore avaient interprété et développé chacun à sa manière la théologie de Piotin en ce qui concerne les deux derniers principes de la trinité, l'intelligence et le démiurge. Jamblique , suivant la voie de ses prédécesseurs, divisait également et subdivisait La trinité de Plotin, et en faisait sortir une série de triades; mais il différait d'opinion avec Por-
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phyre dans l'interprétation des doctrines théologiques de Platon et de Plotin. Essayons de d^erminer ces divergences. Jamblique reconnaît ;ivec Amélius et Porphyre qn'il n'y a rien à distinguer dans le premier principe. En effet, ce principe est simple, indivisible, immobile dans son unité. Tout ce qui est, est par l'Un; le premier être lui-même en vient ; les causes universelles lui doivent tonte leur puissance d'action, en même temps que l'unité et l'harmonie de leurs mouvements. C'est encore l'Un qui fait que malgré la diversité de leurs formes, et malgré la variété des principes dont elles dépendent, les causes naturelles se confondent dans une intime union, et vont aboutir i une cause unique et suprême. Le second principe sert d'intermédiaire aux deux autres, et de point d'union î la trinité entière. C'est la puissance féconde qui engendre les dieux, le principe de la vie divine, le producteur par excellence, la déesse Rhéa, selon la langue mythologique. Le troisième principe est le démiurge, proprement dit Jupiter : c'est le principe qui opère le développement des puissances intelligioles et accomplit l'oeuvre de la création.
Jusqu'ici Jamblique ne s'écarte en rien de la théologie de Plotin; mais divers passages de Proclus semblent prouver qu'il n'est pas toujours
1 comprend dans le démiurge tout le monde intelligible; tantêt il renferme le paradigme. Or, qu'est-ce que le paradigme, sinon le modèle intelligible, l'arcnétYpe des idées, l'intelligence pure identique avec l'intelligible pur, en un mot le second principe? N'y at-il pas la une véritable contraoiction? Le passage suivant de Proclus nous paraît lever la difficulté: « Jamblique considérait que la vertu déminrgiqne préexistait déjà dans le paradigme.» En effet, tout en distinguant les deux derniers principes de la trinité, l'intelligence et le démiurge, Jamblique a pu en considérer le rapport et l'union. Or, comme le démiurge procède de l'intelligence, il a pu dire, dans un sens différent et avec une égale vérité, tantôt que le démiurge comprend le paradigme, tantôt qu'il y est compris : c'est ainsi da moins que Proclus entend Jamblique.
Quant i la doctrine des triades, Jamblique semble avoir poussé encore plus loin que Porphyre et Théodore l'abus de l'abstraction. Dans la second principe, il distingue d'abord trois triades purement inlelUgibles, puis trois triades irUeUectuelUt. Outre 1^ grande triade déminrgiqne, Jamblique admet une série de démiurges inférieurs compris sous le nom de Woi Sr,|itou^oi, lesquels portent au loin l'action des premiers. Jamblique se distingue encore de Plotin et de Porphyre par un goût excessif et presque superstitieux des formules numériques. Il ramené aux nombres tous les principes de sa théologie : i la monade, l'Unité suprême, principe à la fois de toute unité et de toute diversité j a la dyade, l'intelligence, première manifestation, premier développement de l'Unité ; à la triade .l'àme ou le démiurge, principe du retour à l'unité par tous les êtres qui se portent en avant; & la tétrade, le principe d'harmonie universelle, contenant en soi toutes les raisons des choses; à l'ogdoade, la cause du mouvement qui entraîne tous les êtres hors du principe suprême, et les disperse dans l'univers ; à l'ennéade, le principe de toute identité et de toute perfection ; enfin i la décade l'ensemble de toutes les émanations du t6 *£v. Ni Plotin, ni Porphyre, quelque estime qu'ils aient eue pour les doctrines de Py-
thagore, ne réduisaient i ce point lears principes en abstractions numériqaes.
Porphyre avait, contrairement à la doetrino de Plotin, attribué à la matière la variété des êtres individuels. Jamblique réfute Porphyre, et explique cette variété en distinguant dans le monde intelligible des principes d'unité et d'identité d'une part, et de l'antre des principes de diversité.
La psychologie de Jamblique, autant qv'on peut en juger par quelques fragments, témoigne d'un autre esprit que celle de Plotin et de Porphyre. Il y règne un spiritualisme moins sévère et moins absolu. Jamblique y reproche k Plotin d'avoir Sa.it de l'&me un principe impassible et toujours pensant, et par conséquent, de l'avoir identifiée avec l'intelligence elle-même. Dans cette hypothèse, dit Jamblique, qui faillirait en nous lorsque entraînés par le principe irrationnel nous nous précipitons dans les désordres de l'imagination? Et d'un autre côté, si on admet que la volonté ait failli, comment l'ime elle-même resterait^Ue infaillible? Ce même esprit se révèle encore dans la critique d'une pensée de Porphyre, touchant l'interprétation de Platon. « Il n'existe ni dieux pasteurs, privés de l'intelligence humaine et se rattachant aux êtres vivants par une certaine sympathie, ni dieux chasseurs qui enferment l'&me dans le corps comme dans une ménagerie : car l'&me n'est pas à ce point enchaînée an corps. Cette méthode (il s'agit de l'opinion de Poi^hyre) n'est digne ni de la philosophie ni de la science : elle est pleine de superstitions barbares. » Jamblique apparaît ici
sous un jour tout nouveau. Ce prêtre égyptien, si appliqué à l'exercice du culte, si adonné aux pratiques de la théurgie, se montre, dans sa doctrine psychologique, plus modéré, plus platonicien que ses prSlécessenrs. De même, sa morale est d'un ascétisme plus tempéré. Il fait une part plus grande à la liberté et aux passions, dans la vie humaine. Il répète fréquemment que l'homme est le véritable auteur ae ses actions, et qu'il est à lui-même son propre démon. Il reproduit le plus souvent les idées et les tendances morales de Platon. Sans doute le disciple de Plotin et de Porphyre, le philosophe alexandrin se montre toujours. Jamblique répète avec ses maîtres aue la fin de l'&me est la contemplation des choses divines, et que la vertu n'est qu'un moyen d'y parvenir ; mais il n'en est pas moins vrai que, oeaucoup plus superstitieux que Plotin et Porphyre dans sa théologie, il professe une morale plus pratique et plus humaine.
Outre les auteurs qui ont été cités dans le cours de cet article et les histoires générales de l'école d'Alexandrie, on peut consulter sur Jamblique : Hebenstreit,Diïser<a<to deJambltchiphù losophis\iridoctrina,chrisliancereligioni,gnam imilari studet,noxia, in-4, Leipzig, 1704 ; — Meiners, Judicium de lioro qui de mysteriisJEgyp' tiorum inscrWitur, dans le quatrième volume des Mémoires de la Société scientifique de Ooé'tlingue; De generalimathematum scientia, etc.^ in-4, Copenhague, 1790; In Nicomachi Oeraaent arilhmeticam introductio, gr. et lat., in-4, Amheim, 1668. Yoy., pour complément de bibliographie, l'article Alezandbib. E. V.
JAOUIXOT (Isaac), théologien protestant, n< en 1647 à Yassy où il exerça le mimstère jusqut la révocation de l'édit de Nantes. Il so réfugia alors & Heidelberg. puis à la Haye où il iennt pasteur de l'église française, et prit part aux discussions de théologie siors très-animées. Ual^é une certaine modération, il s'attira des inimitiési, et quitta la Hollande pour aller s'établir à Berlin ; il y mourut en 1708. Parmi les ouvrages assez
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