KIES
•U« «ipliqae la régnlariti des phénomènes natanls. Tont ce qui caractérise un être animé te rencontre chez l'animal a{)pelé la terre : les plantes et les arbres sont ses cbeveDi, les métaux sont ses veines, l'ean sa boisson et ses hnmenrs. La terre a une sorte d'imagination, «ne faculté de produire et de former. L'âme qui l'anime est comme une flamme souterraine, qui pénètre ot soutient tout ce qui est à la snrlace. Siégeant au centre de la terre, cette ime, non-seulement éprouve tous les cnangements que la terre subit, mais elle envoie à travers la terre des formes et des copies de tout genre; et en même temps elle posMde les bases et les éléments du repos et du mouvement de la terre.
Le soleil, régulateur des mouvements planétaires, centre réel de notre sjstéme planétaire, corps doué d'une vertu magnifique, d'une force attractive, ne répand pas seulement la lumière et la chaleur dans l'atmosphère qui l'entoure, il paraît aussi être le foyer de la raison pure et alMolument simple^ la source de runiversello harmonie, le siège a'une intelligence parfaite. Aussi agit-il plus que les autres astres sur le genre humain, sur notre conception, notre naissanoe, notre tempérament, notre caraetère, sur tout notre génie et toute notre destinée.
hb soleil est le symbole le plus complet de la Divinité. La Divinité est, en effet, l'activité par ezeellenee, la vie créatrice ; elle est la fécondité et la bonté même, la sympathie qui s'épanche et la bienveillance qui se prodigne i tont ce qui est. Elle ne s'enferme pas dans une oisive contemplation d'elle-même ; elle se réfléchit, elle se reproduit dans la création. L'étemelle essence, l'harmonie idéale et primitive de Dieu se révèle de la sorte dans l'univers, et dispose naturellement l'&me humaine, appelée & la connaître, à s'accorder avec elle et à I aimer : elle la pousse à se manifester, à se développer a son exemple, c'est-i-dire comme harmonie et sympathie. L'ame humaine n'est qu'un ravon de la lumière divine, une image de l'Être éternel, et comme l'Etre éternel, elle est active et libre. Connaître, c'est rapprocher les choses extérieures et sensibles de l'Idée Intérieure et spirituelle, c'est les inter-
Ïiréter d'après cette idée, c'est les rattacher à 'ordre invisible que nous portons en nons. Cet ordre renferme, comme possibilité, comme idéal, tout ce qu), plus tard, se manifeste dans la réalité visible : cet ordre nous est inné, et lorsque nous rencontrons un objet nouveau hors de nous, nous nous rappelons au'il était d'abord en nous. De même que les corolles et les pistils sont innés aux plantes, de même les idées et les harmonies sont innées aux hommes et ne font que se développer par l'expérience. Ce n'est pas la perception sensible qui nous fait connaître la véritable mesure des choses. La géométrie a son origine en nous ; elle a été mise en nons par Dieu même : car elle est une pensée divine, antérieure à l'univers, ayant servi de type et de modèle à la création, et restant néanmoins dans sa pureté et dans le sein même de la Divinité. La perception sensible ne fait que nous donner une conscience plus distincte des idées, des vérités que le Créateur a déposées primitivement dans notre intelligence, et qui demeurent consubstanti elles et coéternelles a l'intelligence suprême. C'est parce que les pensées de ce genre subsistent en Dieu, c'est parce que chaque objet extérieur en est un symbole, un symbole de l'unité et du tout, que I^thagore et Platon nous ont enseigné tant de choses sublimes sur la nature des choses et leur immortelle essence sous l'image des nombres, des Ugures et des lignes. Nous nous plaisons & contempler tous les rapports légitimes et régu-
liers, tont ce qui est bean et exact, parce quetout cela exprime, comme nous-mêmes, quelqa» idée divine. Le spectacle de l'harmonie au mond» extérieur nous porte i établir dans notre propre être de l'équilibre et de l'accord, et à mettre dos sentiments et nos actes à l'untsson de l*ordr« universel.
Voilà comment Kepler combine les mathématiques avec la physique, la morale et la métaphysique, se rapprochant tantôt de Galilée, tant6t de Bruno. S'il diffère de Galilée à l'ég^d de plus d'un procédé de la méthode j s'il se montre
EIns enthousiaste et pins mystique, moins sore et moins froid que le philosophe de Florence, il professe cependant un genre de dynamisme et à'animùme singulièrement analogue an naluralitme, au panthéitme tant reprochés à Galilée. Nous ne pouvons comparer ici les sy^ tèmes philosophiques des deux astronomes; non» rappelons seulement ces deux faits : Kepler et Galilée philosophaient autant qu'ils calculaient ; l'émancipation de la science moderne est le résultat de leurs hardis efforts, presque autant que le fruit des tentatives de Bacon et de Descartes.
Outre les deux ouvrages cités dans cet article : Prodromv», rivt Myslerium co$m<mraphieum, 1597 ; — Harmonica mundi libri V, 1619 ; Kepler a encore composé les deux suivants : A$tronomia nova, leu Phymca cœUstit, 1609: et A»tronomia (unarts, 1634. C. Bs.
KEBM (Jean), né en 1756 à Gelsslingen, près d'Dlm, professeur de logioue et de métaphysique au gymnase de cette ville, a laissé plusieurs ouvrages de philosophie, conçus pour la plupart dans l'esprit du kantisme; en voici les titres : L'Homme, sons forme de leçons in-8, Nuremberg, 1785 ; — Lettre sur la liberté de la penaée, de M conscience, de la parole et delà prette, in-8, Ulm, 1786 ; — Théorie de Dieu d'aprè» le» principes de la philosophie critique, in-8, ib., 17% ; — Essais sur la faculté représentative, kl sensibilité, l'entendement et la raison, in-8, ib., 1796; — Théorie de la liberté et de l'immortalité de Vâme humaine, dapris fies principes de \fa philosophie de Kant, in-8, ib., 1797 ; — Quide pour l'enseignement de la fûydtologie expérimentale, in-8, ib., 1797. Il est aussi l'auteur d'un ouvrage de théologie, ou plutAt de polémique religieuse, intitulé Le cath<^icisme et le protestantisme considérés dan* leurs rapport* mutuels, in-8. Ulm, 1792. Tons ces écrits ont été publiés en allemand. — Un autre philosophe du même nom, Guillaume Kern, né à Lunebourg, quelques années plus tard, et professeur de philosophie i Goêttingue, a publié les ouvrages suivants, écrits sons l'influence des idées de M. Schelling : Programme de philosophie, in-8, Goêtt.. 1802 ; — Onotéologie (u>éorie de la connaissance), in-8, ib., 1803 : — Théorie du droit çénéral de* peuples, in-8, ib., 1803 ; — Vera origo irium generum ratioeinalionum medialorum, in-8, ib., 1806; — Analyse du principe de la philosophie critique transeendanlaU, in-8, ib., 1806 ; — Métamathématique, in-4, ib., 1812; — Catharonoologie, ou Comment une science mathématique pure est po*tible, in-8, ib., 1812; — Système de MétO' gnosiique, et théorie des méthode* qui s'y appliquent, avec une histoire abrégée de ce* méthodes, depuis Socrate jusqu'à nos jours, in-8, ib., 1815^ X.
KIESEVrETTEB (Jean-Godl^oid-Charles), né en 1766 et mort en 1819 l Berlin, où il enseignait depuis 1792 la philosophie et la logique au collège iiicdico-cbirurgical, s'est fait un nom parmi les défenseurs et les propa^teurs de la philosophie de Kant. Il s'est appliqué surtout