‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 5)Chapitre 155 sur 156 · KING · texte numérisé non relu

KING

à la logique, qu'il a voulu compléter et expliquer d'après les principes de son maître. Voici la liste de ses ouvrages ; Du premier principe de la philosophie morale,2 vol. in-8, Leipzig et Halle, 1788-1790; — Esquisse d'une logique générale pure, d'après les principes de Kant, 5 vol. in-8, Berlin, 1791, 1796 et 1806; — Essai d'une exposition claire des vérités Us plus importantes de la nouvelle philosophie, in-8, ib., 1795 et 1798 ; une troisième édition du même ouvrage parut en 1803, augmentée d'une Exposition de la Critique du jugement^ et une quatrième en 1824, avec une biographie de l'auteur

par Fletlner.etun aperçu général sur la littérature de la philosophie de Kant; — Extraits des prolégomènes déliant^ in-8, ib., 1796; — Logique à Vusage des écoles, in-8, ib., 1797, et Leipzig, 1814 : — Examen de la mélacritique de Uerder, 2 vol. in-8, Berlin, 1799-1800; — Exposition claire de la psychologie expérimenlale, in-8,

Hambourg, 1806 ; il en a été publié une deuxième édition à Berlin en 1814 sous ce titre : Abrégé de la jKychologie expérimentale. Il a publié aussi, de concert avec Fischer, une Nouvelle bibliothèque philosophique, et, séparément, des récits de voyages, et divers écrits sur les mathémc.tiquos. X.

KIL'WABDEBT (Robert), scolastique anglais. Qorissait vers l'année 1260. Après avoir achevé ses études à l'université d'Oxford, il vint à Paris et y fut reçu maître es arts ; mais bientôt il quitta le siècle et l'école pour se faire admettre chez les frères de l'ordre de Saint- Dominique. En 1272, nous le trouvons archevêque de Cantorbéry; en 1277, appelé à Rome par Nicolas HI, il va prendre place dans le sacré collège comme cardinal évéque de Porto; enfin il meurt à Viterbe vers l'année 1280. Tous les ouvrages de Robert Kilwardeby sont demeurés manuscrits. Oudin lui attribue : Tractatus de ortu teientiarum, manuscrit conservé, dit-il, & la bibliothèque Bodiéienne. Il y a nn ouvrage d'Avicenne qui porte ce titre, mais le traité d'Avicenne et celui de Kilwardeby sont différents. Divers manuscrits de l'ancienne Sorbonne, de Bruges et du collège Merton, à Oxford, nous ont conservé, sous le nom de Robert Kilwardeby, nn ouvrage non moins considérable (}ui a pour titre : de Dtvisionephilosophice. Oudin met encore au compte de Kilwardeby divers commentaires sur l'ùrganon, les Topiques et sur les Sentences de P. Lombard, dont les manuscrits appartenaient, de son temps, aux bibliothèques des universités de Cambridge et d'Oxford. La Bibliothèque nationale a quelques copies des mêmes commentaires. Ennn, la bibliothèaue publique de Cambridge possédait : KiltoartMty in magno : libri viginti quatuor pertinente» adlogicam et philosophiam. Quoique nous n'ayons pas eu l'occasion d'apprécier la valeur de ces divers écrits, nous n'avons pas cru devoir omettre, dans ce recueil, le nom d'un docteur à peu prits inconnu qui peut avoir acquis^ du moins par le nombre de ses ouvrages, des titres sérieux à l'estime des philosophes. B. H.

KWDERTATER (Charles-Victor), né en 1758 à Neuenheiligen en Thuringe, mort à Eisenach en 1806, après avoir exerce successivement des fonctions ecclésiastiques et administratives, a laissé plusieurs ouvrages de philosophie, écrits pour la plupart sous l'influence du kantisme. Ces ouvrages ne se faisant remarquer par aucune originilite, nous nous contenterons d'en citer les titres : An homo qui animum neget esse immorlalem animo possit esse tranguillo, in-4, Leipzig, 1785: ce même écrit a été publié en allemand en 1797 ; — Adumbratio quœstionis An

Pyrrhonis doetrina omnis toUatur virlus ? in-4, Leipzig, 1789 ; — Dialogues sceptiques sur les avantages qu'on peut retirer des maux et de» contrariétés de cette vie, in-8, ib., 1788. Il a publié aussi plusieurs traductions allemandes accompagnées de notes et d'observations crili- (jues : celle du Natura Deorum de Cicéron, in-8, Zurich et Leipzig, 1787-1791 ; — celle de VEssai philosophique et politique sur le luxe, par l'abbé Pluquet, in-8, ib., 1789; — celle d'un ouvrage anglais intitulé Histoire des effets de» différentes religions sur la moralité et le bonheur du genre humain, in-8, ib., 1793. X.

KINO (William) naquit à Antrim en 1650. En 1687 on le trouve pourvu de plusieurs em-

Ïilois importants dans l'Ëglise protestante d'Irande, et mêlé avec beaucoup d ardeur aux disputes religieuses qui agitaient à cette époque le royaume uni. L'Eglise anglicane le comptait parmi ses plus habiles et plus savants défenseurs. Ayant pris parti pour le prince d'Orang* contre Jacques II, il eut beaucoup à souffrir pour la cause gnil soutenait; il fut enfermé deux fois au château de Dublin, poursuivi dans les journaux, insulté dans les rues et jusqu'au pied des autels. Mais, après la bataille oe Boyn« et la fuite de Jacques II en France, ses revers se changèrent en prospérité : il fut d'ahord nommé évéque de Londonderry, puis archevêque de Dublin, et enfin lord-juge d'Irlande. Il mourut en 1729.

King fit sa fortune par ses écrits politiques et religieux ; mais ce qui lui valut la célébrité et doit lui assurer une place dans l'histoire de la philosophie de son temps^ c'est son livre sur l'Origine du mal {de Ortgtne malt, in-4, Duhlin, 1702; in-8, Londres; traduit en anglais par Edmond Law, 2 vol. in-8, Londres. 1732 et 1739). Ce livre fut a peine publié qu'il en parut des extraits dans différents journaux, entre autres dans les iVouveUes de la république des lettres (mai et juin 1703). Bayle en fit la critique dan* le tome second de sa Réponse aux questions d'un provincial ; et Leibniz^ contre lequel il est dirige en grande partie, lui opposa ses Remar-

Sues (publiées par Desmaizeaux dans le Recueil e diverses pièces »ur la philosophie, etc., 3 vol. in-12, Amst., 1720), où tout en se défendant luimême et en attaquant quelquefois, il rend pleine justice au talent et à 1 éloquence du prélat irlandais.

L'ouvrage de King peut se résumer tout entier dans l'idée qu'il se fait de la liberté, et dans la manière dont il cherche à concilier cette idée avec le principe de l'optimisme. Dans son opinion il n'y a jmls d'autre liberté que celle qu'on appelait dans l'école la liberté d'équilibre ou d indifférence, c'est-à-dire le pouvoir d'agir sans motif, sans but, sans raison préexistante. Chacune des autres facultés dont nous avons con» naissance a nn objet déterminé, auquel elle se lie d'une manière invariable, et dans la posses' sion duquel elle trouve sa perfection. La liberté, au contraire, a son objet et sa perfection en ellemême : c'est son caractère le plus essentiel de se suffire entièrement ; et non-seulement elle se suffit, mais elle commande, en quelque sorte, i la nature des choses : car c est elle qui les rend bonnes ou mauvaises, selon qu'elle les dioisit ou les rejette. Il dépend d'elle, pour la même raison^ daugmenter les jouissances et d'affaiblir les privations que nous éprouvons ; par conséquent, elle est à la fois la première source de 1 activité, de la moralité et du bonheur.

La liberté ainsi comprise appirtient nécessairement à Dieu : car la volonté divine crée les qualités des choses, comme les choses elle»-

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