CONT
poarible qne par l'observation; mais l'observation elle-même est-elle possible en pareille matière? Comment le moi' peat-il s'étudier lui-même? Comment peut-il être tout & la fois sujet et objet de l'observation? Il semble qae l'ol^ervation ne soit pas possible, sans un objet distinct, fixe et immobile sous le regard de l'observateur. Or, telle n'est point la condition de l'observation psvchologiqûe. L'objet observé, c'est le sujet même; c'est l'esprit dont la nature est d'être une force, et dont la vie est une continuelle action. Comment ce protée, si mobile dans ses allures, si multiple dans ses formes, si faeitif, si insaisissable, peat-il devenir un objet d'observation? Comment peut-il observer sa sensation, sa pensée, son action, an moment on il sent, pense on agit?
Il semble, au premier abord, qu'il suffirait de répondre à toutes ces objections, comme on l'a fait à ce philosophe qui niait le mouvement par tontes sortes de raisons subtiles et spécieuses. On pourrait citer les importants résultats de l'observation psychologique, non-seulement chez les psychologues, mais encore chez les poètes et les romanciers. Hais cette réponse ne résout aucune difficulté. 11 s'agit moins de prouver que l'observation psychologique est possible, que de montrer comment elle l'est. Nul doute que l'âme humaine ne puisse s'observer, puisqu'elle l'a fait dans tous les temps avec succès ; mais comment s'y prend-elle jwur s'observer, voilà ce qu'il faut chercher^ avec d'autant pins de soin , que certaines descriptions vagues ou incertaines du mode d'observation intérieure ont répandu quelques nuages sur la question.
Comment le moi s'observe^-il? L'observation est-elle directe et immédiat», comme la con- Mience elle-même? L'&me ne sent sa passion, son désir, sa volonté, mi'au moment même où elle se passionne, où elle désire, où elle veut ; s'observe-t-elle aussi en cet état ? Il suffit de poser la question pour la résoudre. L'&me sent, pense et agit sous l'œil de la conscience ; mais sa sensation, sa pensée, son action, en un mot sa vie, s'arréteniit sous le regard de l'observation. La vie humaine est un drame sérieux, dans lequel l'acteur ne peut être en même temps observateur. Ce n'est point au fort de l'action on dans la crise de la passion que l'&me peut contempler aon énergie active ou passionnée. Toute observation (je dis l'observation et non la conscience) tne l'action et détruit la vie. Cest une expérience
Se chacun a lUte bien souvent sur soi-même, t-ce au moment où l'tme est en proie i la passion qu'elle se complaît i la décrire et à l'analyser? Nullement : c'est lorsque l'agitation a cessé, lorsque l'&me peut revenir sur les passion/éteintes ou calmées, et en étudier les effets. On ne pourrait pas citer une analyse profonde^ une description savante d'un fait de conscience, qui n'ait été faite après coup. L'&me s'observe sans aucun doute ; elle pénètre même fort avant dans la profondeur de sa nature en s'obserrant; mais elle s'observe indirectement et par l'intermédiaire de la mémoire. Ce n'est point la passion, la pensée, l'activité, la réalité vivante qn elle regarde, c'est la réalité à l'état de souvenir. La conscience seule surprend l'action et la vie. L'observation ne commence que lorsque le phénomène qu'elle doit étudier a cessé de vivre.
rience; 2* une grande puissance d'abstraction pour recueillir et fixer, sous le regard de l'observation, les phénomènes qui ont disparu de la scène de la vie. Sans la première condition, l'observation manque d'objet; sans la seconde, elle manque d'instrument. Les grands observateurs de la nature humaine ont tous profondément vécu et profondément observé. Une vie légère et tout extérieure, pleine d'accidents et de caprices, peut fournir des traits piquants an romancier; mais ni le poète ni le psychologue n'y peuvent rien puiser qui leur convienne.
Parmi les nombreux ouvrages que l'on pourrait consulter sur la conscience, nous citerons seulement comme particulièrement importants : Haine de Biran, de VApercepiion immédiate intente; — Th. Jouflroy, Préface de la trad. de» Esquitus de phUotophie morale de ùugaldrStewarl et celle de la traduction des œuvres de Th. Reid ;
servation après la conscience, la science après la vie. La science psychologique vent deux choses dans celui qui s'y livre : 1* une nature riche et profonde pour foorair une matière & l'expé-
'gitimité de la distinction de la Psychologie et delà Physiologie. E. V.
COMSÊOUZiNCE (con«eeu(td, de cum et de sequi, venir & la suite). C'est une proposition qui se lie de telle manière à une autre proposition, ou à plusieurs prémisses i la fois, que l'on ne saurait ni admettre ni rejeter celles-ci, sans admettre ou rejeter en même temps la première. La conséquence est vraie, quand les prémisses le sont aussi, et fausses dans le cas contraire. Souvent la vérité on l'erreur d'une proposition n'est clairement aperçue que dans ses conséquences. Voy. Syuocishe, Raisonnement, Dfi-
DVCTION.
CONSÉQUENT. C'est le dernier des deux termes d'un rapport : celui auquel l'antécédent est comparé; mais, dans ce sens, le mot conséquent n'est plus guère employé que dans les sciences mathématiques. Pris adjectivement, il se dit d'un discours on d'un raisonnement où tontes les idées dépendent les unes des autres et se rattachent à un principe commun ; il faut même l'appliquer aux actions, quand les actions présentent entre elles le même rapport.
CONTABINI ou CONTABENI (Gaspard), né à Venise en 1483, fut envoyé par le pape à la diète de Rastisbonne, où il essaya vainement de ramener les protestants au catholicisme, et mourut cardinal en 1S42. Il soutint la possibilité d'établir scientifiquement l'immortalité de l'âme contre son maître Pomponat, qui ne la croyait admissible qu'an nom de la révélation. Le maître fit l'éloge du livre du disciple, mais on ne dit pas qu'il ait pour cela change d avis. Ses œuvres complètes ont été publiées i Paris, en 1571, in-f*. Ed voici les parties qui intéressent la philosophie : de Elementis et eorum mixiionibûs ; — Prima philosophiae compendium; — de Immortalitate animce, advenus Petrum Pomponatium ; — Non dari quartam flguram syllogismi, secundum opinionem Qaleni; — de Lwero Arbilrio, i- T.
CONnaiPI^TION. Lorsqu'un objet matériel ou immatériel a excité en nous un sentiment très-vif d'admiration ou d'amour, nous y arrêtons avec bonheur notre regard et notre pensée ; non pas dans le but de mieux le connaître, mais pour jouir plus longtemps de sa présence et des impressions qu'elle nous fait éprouver. C'est à cette situation de l'esprit plus ou moins douce, plus ou moins profonde, selon la nature de l'objet qui la fait naître, qu'on a donné le nom de eontemplaiion. La contemplation est donc bien différente de la réflexion : dans ce dernier état nous cherchons encore ou la vérité, ou le bien ou le beau, et notre intelligence est essen-