‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 105 sur 135 · M CALL · texte numérisé non relu

M CALL

Voici maintenant qnelle est la marche suivie par Gall dans la tion de cette grande œuvre. Il crut pouvoir grouper en plusieurs grandes sections ses prétendus organes encéphaliques, et, par suite, les distribuer en une sorte de hiérarchie : il s'occupa d'abord des parties qui correspondent, suivant lui , aux qualitéê inférieures, pour passer successivement à celles qui correspondraient aux $enliment$ les plus élevés (t. III, p. 22^).

Nous suivrons le même plan dans cette exposition critique; nous ferons connatlre d'abord les organes et les facultés que Gall a placés dans le cervelet; puis ceux qu'il a rapportés à la région postérieure du cerveau ; puis nous passerons aux organes et aux sens localisés par lui dans la région moyenne; et enfin nous verrons comment il a parlé de la région antérieure du crAne.

I. Région cérébelleuse. — Le cervelet, si nous en croyons Gall^ est l'organe de la génération. Il serait peut-être curieux pour nos lecteurs de savoir par quel chemin le père de la phrénologie est arrivé à cette découverte ; mais en vérité nous ne nous sentons pas le courage de rappeler les indécentes histoires racontées dans ce chapitre : nous nous bornerons à en citer deux : Tune est celle d'un petit garçon d$ cinq ans qui avait déjà depuis quelques années satisfait avec des femmes Cinstinct de la propagation. 11 est bien entendu que sa nuque était large, J[)ombée et robuste (p. 261). La seconde histoire, non moins véridiquci est celle d'un autre petit garçon dgé de moins de trois ans, qui se jetait non-seulement sur de petites filles, mais sur des femmes, il mourut, prématurément, et voici pourquoi (c'est Gall qui fait naturellement ce commentaire) : Comme ce petit garçon était entouré de filles qui se prêtaient à satisfaire ses désirs comme à un jeu piquant par sa singularité, il mourut de consomption avant d'avoir atteint lafinds sa quatrième année.

Voilà pourtant ce que Gall appelle des faits positifs, ou des preuves directes de son assertion ! Quant à nous, et bien que Gall nous affirme qu*il a vu cela à Paris, nous ne pouvons croire ni à la possibilité de ces faits, ni à un tel degré de dépravation. Voici maintenant un échantillon de ce qu'il nomme des faits négatifs, ou à toutes épreuves. Après avoir invoqué les portraits de Charles XII , de Newton et de Kant, portraits qui permettent de voir à tout phrénologiste que le cervelet de ces grands hommes était très-peu développé : Est-il étonnant après cela, s'écrie Gall {ubi supra) , que saint Thomas à Kempis , dans le portrait duquel je reconnais le même caractère, se soit armé d'un tison pour repousser loin de lui une jeune fille remplie d'attraits!!

II. Région postériburb du cerveau. — Gall a placé peu d'organes dans cette région, tandis que la région frontale en est criblée; c'est qu'aussi l'exploration n'est pas facile dans cette partie de la carte crâniologique : ce sont des lieux peu fréquentés^ toutefois Gall a trouvé moyen d'y placer dans un espace de 4 à S centimètres , cinq organes correspondant à l'amour de la progéniture, à l'attachement ou à ^amitié, à la défense de soi-même, à \ orgueil ou à la fierté; à la vanité ou au désir de la gloire.

Gall et Spurzheim ne sont pas tout à fait d'accord sur cette topographie particulière : là où Qall n'a vu que Vaitwkemsni et la défense es sat^

même , Spurzheim a vu de plus YhabUaimté, c'est-à-dire le choix des habitations y et il a quelque peu déplacé , il a fait reculer l'organe de Vorgveil , pour loger son organe nouveau : il n'a pas entendu par cela détruire la création de Gall : c'est un simple remaniemrent de celte partie de la carte crâniologique. Du reste Spurzheim avait, comme Gall, une foule d'anecdotes 9 et tout aussi vraisemblables , à l'appui de ses suppléments d'organes: nous nous abstiendrons de les citer; disons plutôt à quels résultats sont arrivés les physiologistes sur cette région de Tencéphale.

Le cervelet a été depuis longtemps l'objet de nombreuses recherches de la part des physiologistes : les uns ont enlevé tout un côté de cet organe; les autres ont procédé par couches successives. Le résultat général des recherches faites par Kolando serait que la diminution des mouvementi est en raison directe des lésions opérées sur le cervelet ; de sorte que cet organe n'est qu'un appareil moteur !

Les conclusions que M. Flourens a tirées de ses expériences ne sont pas moins positives. Suivant ce physiologiste, l'énergie des mouvements serait d'abord affaiblie par les lésions du cervelet; mais il y aurait surtout altération dans la faculté de coordonner ces mouvements^ à ce point que la locomotion ne pourrait plus avoir lieu.

Les faits pathologiques ont été, pour la plupart, recueillis par Burdach avec un soin extrême; or, de cette masse de faits, la seule conclusion à tirer, c'est que le cervelet concourt particulièrement aux actes de la motilité.

Quant à la région postérieure du cerveau , il serait bien difficile de donner des résultats spéciaux , afin de les mettre en regard de ceux que les phrénologistes ont imaginé ; on a constaté une telle solidarité , une telle concordance dans toutes les parties de l'encéphale, que partout, et toujours, on arrive à peu près aux mêmes résultats.

£n effet, dès qu'on a rappelé ce fait général que les facultés intellectuelles ont leur siège dans les hémisphères cérébraux ; que la graduation de leur développement concorde assez bien dans la série animale avec celui des facultés supérieures de l'âme; dès qu'on a rappelé, disje, cette proposition aussi vieille que la science; si , par des observations j»o«ta't?e«^ on veut aller plus loin, on est arrêté court, à ce point qu'on désespère véritablement de jamais faire un pas de plus.

Si les expériences faites sur les régions postérieures des hémisphères cérébraux montrent des attributions différentes de celles qui appartiennent au cervelet , elles n'en montrent aucune qui se distinguent des attrrbutions des autres régions des hémisphères : pour le cervelet , il y a pré^ dominance dans les perturbations de la motilité ; pour les hémisphères, il y a abolition plus ou moins complète des seules facultés sensoriales. Quant aux faits pathologiques , leur signification est la même : il y a des troubles intellectuels; mais ces troubles sont toujours généraux. Qu'il y ait délire aigu ou chronique, aliénation marquée par la manie ou par l'imbécillité, toujours est-il que l'intelligence est troublée dans son ensemble comme une machine très-compliquée , dont on vient de léser un rouage. Il serait donc impossible de trouver ici un seul fait propre à rendre vraisemblables les assertions de Gall sur l'existence de telle ou telle faculté dans cette r^on du cerveau. Voyons s'il a été plus henreiui dans les autres parties.

48d GALL.

III. Régioiv moyenne du cerveau. — Gall a placé ici sept ou huit organes ; savoir, en procédant de bas en haat : Vinstinct eamassier audessus da méat auditif; le sens de la mécanique dans la région temporale ; le sens de la ruse au-dessus de Tinstinct carnassier^ le sentiment de la propriété en arrière de l'arcade supérieure de Torbite; Vorgane de la circonspection dans la région moyenne des pariétaux ; Vorgane de la fermeté sur le sommet de la tète; et enfin, le sentiment religieux en arrière de la région frontale.

Ici encore, tout en restant d'accord sur les grands principes, Spurzheim a remanié la carte cràniologique. Ainsi , dans les régions latérales , au pourtour des oreilles , là où Gall n'avait placé que l'instinct carnassier , la ruse et le vol , Spurzheim a aperçu la combativité ou l'amour des combats , la destructivité ou l'instinct de la destruction , la hiophilie ou l'amour de la vie , et YalimentimléOM l'appétit des aliments. Dans la région supérieure de la tète, il a déplacé la circonspection pour introduire trois nouveaux organes, savoir : la merveilldsité on Famour du merveilleux, V espérance, et la conscienciosité.

Sur une autre ligne, il a rangé cinq organes de sa façon, et en s*appuyant , comme son collaborateur, sur une foule d'anecdotes. Mais comment se fait-il que Gall , moins fécond que Spurzbeim, n'ait fait qu'une seule et même proéminence de lorgane du vol et de celui de la propriété? C'est que, dans les idées du fondateur de la phrénologie, c'est tout un/ L'organe est-il médiocrement développé ? c'est le sentiment de la propriété, sentiment honnête, d'après les conventions humaines; honnête même par excellence , puisque , en certains pays , ceux qui possèdent seraient seuls dans la classe des honnêtes gens. Est-il un peu plus développé? c'est le penchant à faire des provisions, et bientôt le penchant à faire des acquisitions; c est même la convoitise, penchant qui peut encore passer pour honnête, pourvu qu il ne dépasse pas certaines bornes. Enfin , l'organe est-il très-dé veloppé? c'est le penchant au vol. Ne nous flattons pas, dit Gall (t. iv, p. 238) , d'avoir sauvé la nature du reproche dtétre V auteur du penchant au vol; ce penchant est le résultat d'un très-grand développement et d'une activité très-énergique du sentiment de la propriété. Quelle théorie ! bon Dieu ! et n'oublions pas que tout cela est encore enseigné , professé aujourd'hui par les adeptes de la science phrcnologique.

Si maintenant nous interrogeons la science sur les fonctions de la partie moyenne du cerveau , nous verrons qu'en s'en tenant aux expériences positives faites par les physiologistes , on ne saurait trouver des différences notables entre cette région moyenne et la région postérieure. Les deux ordres de faits que nous avons déjà signalés , à savoir, les troubles intellectuels et les lésions nerveuses , se montrent avec autant d'évidence, et dans une proportion à peu près semblable, soit que l'altération matérielle porte sur la région moyenne du cerveau , soit qu'elle Sorte sur la région postérieure. On retrouve toujours de l'aliénation et u délire , des paralysies et des convulsions , absolument comme dans les cas précédents.

11 est arrivé plus d'une fois qu'un espace plus ou moins considérable de la calotte osseuse ayant été détruit , soit par un travail de mortification , soit par des couronnes de trépan , la région moyenne el sapé-

rieare des hémisphères cérébraax a été mise à nu ; cette condition , accidentellement produite , a permis aux expérimentateurs de rechercher quels peuvent être les effets de la compression exercée sur cette partie du cerveau.

Or, on a vu que d'abord c'est Tinteiligence qui est troublée, mais troublée dans V ensemble de ses opérations; les impressions du dehors n'arrivent plus à la conscience avec netteté, la perception est imparfaite, l'association des idées n'a plus lieu, et les volitions sont impuissantes ; si la compression est plus forte , il y a suspension complète des opérations intellectuelles : l'homme perd, comme on le dit, la connaissance, il ferme les yeux, s'affaisse sur lui-même, et toinbe dans un anéantissement profond.

Ainsi tout tend à confirmer ce fait , que le cerveau , dans sa région moyenne comme dans sa région postérieure, concourt à toute manifestation intellectuelle. Mais il est impossible de faire un pas de plus : rien ne prouve qu'il y ait là un département affecté à tel ordre de manifestations plutôt qu'à tel autre.

IV. Région antérieure du cerveau. — Gall a considéré cette partie du cerveau comme l'un des deux pôles du sphéroïde encéphalique : c'est le pôle frontal toujours en antagonisme avec le pôle occipital, ou le pôle des mauvaises passions. 11 y a donc placé les facultés les plus élevées et les plus nobles penchants. Aussi, comme le terrain était à ménager, il a d'abord glissé sous le plancher de l'orbite trois organes : le sens des mots, le sens du langage, et la mémoire des personnes. Puis il a placé sur deux rangs huit autres facultés, savoir : pour le premier rang, le sens des nombres, le sens des couleurs, le sens des localités, et la mémoire des choses; puis, pour le second rang, le sens des tons, Vesprit caustique, Vesprit métaphysiqw, et la sagacité comparative.

Mais c'est ici qu'il faut véritablement admirer son collaborateur : il faut voir quel parti Spurzheim a su tirer de cette région frontale ! Il n'y a pas fait entrer moins de seize organes ! Il est vrai que ceux-ci n'y sont pas fort au large. Il en a mis six dans la largeur du sourcil; mais en les plaçant, pour ainsi dire, de champ, sur leur tranche, et comme de côté, il a pu parvenir à les empiler. C'est du moins l'idée que rappellent ses tètes d'études et les inscriptions tracées sur le bord inférieur de la région frontale. Cette partie de la carte crAniologique est donc la plus belle, la plus intéressante; c'est, en comparaison du reste, comme une contrée favorisée du del.

Gall est intarissable dans l'histoire de chacune de ses prétendues découvertes : il serait fastidieux et très-peu utile de le suivre dans cette longue série d'anecdotes; nous en citerons une ou deux pour faire juger de la valeur des autres. 11 s'agit du sens des localités, qui donne la passion des voyages : « Une demoiselle, dit Gall (t. iv, p. 457) , avait eu de tout temps une grande envie de voyager ; elle se laissa enlever de la maison paternelle par un officier. »

Accablée ensuite de chagrin et de remords, elle tombe malade. Gall lui donne des soins, et alors elle lui fait remarquer deux grandes proéminences gva les peines attelle souffre lui avaient fait pousser au front. Elkê etoîenl teUmeni effrayantes, ajoute Gall ^ ^éUes paraissaient à la

fOMWê demoiiiUe un effet de la colère céleste.... Mm, dûm$ U fait, e^é' tait l organe dei localités, auquel elle n'avait auparavant jamais fait attention. C'est ce que Gall appelle une preuve irréfragable. En voici une autre :

c Je rencontrai, dit Gall, dans une rue de Vienne, une femme assez Agée , qui me frappa par le développement énorme qu'avait acquis chez elle l'organe des localités, ou de la passion des voyages. »

Dans l'intérêt de la science, ou plutôt de sa science, Gall aborde cette bonne dame, et enprage avec elle une conversation. Elle va sans doute lui apprendre qu'elle a fait de longs voyages; qu'elle a parcoura bien du pays! Nullement : elle lui raconte, avec feu, qu'elle s'est enfuie de Munich , et qu'elle est cuisinière à Vienne. Que signifie alors son organe des localités? Le voici : en attendant qu'elle puisse voyager, elle change de maître tous les mois; il lui est impossible de rester longtemps dans la même place (t. it, p. 458).

Mais laissons-là les faits particuliers, et revenons aux propositions générales. Suivant Gall et ses sectateurs, plus les parties cérébrales placées à la région antérieure et supérieure du front sont développées, plus les facultés caractéristiques de l'esprit humain se prononcent (t. ▼, p. 221).

Gall, nous le savons, avait une ample moisson d'historiettes pour appuyer cette assertion; mais d'autres, ayant jugé à propos de procéder tout différemment pour trouver les rapports du développement de la région frontale avec celui de l'intelligence, sont arrivés à des résultats qui ont scandalisé les phrénologistes.

Des recherches ont été faites dans des maisons d'aliénés, et il a été constaté que le développement de la région frontale est plus grand chez les imbéciles que chez les hommes d'une intelligence ordinaire, et qu'il Test d'autant plus qu'on descend plus bas dans l'échelle de l'imbécilUté ( Voyez le Mémoire de M. Lélut sur U Développement du crdne dans ses rapports avec celui de l'intelligence).

Que deviennent dès lors toutes les déclamations des phrénologistes sur le front bombé des héros , des demi-dieux et des grands philosophes? Que deviennent les lois posées avec tant d'assurance par Gall et son école?

Pour nous qui avons divisé l'encéphale en trois régions seulement , et qui déjà avons examiné les régions postérieures et moyennes, toujours aûn de chercher si les actes de l'intelligence ou plutôt si les forces primitives de l'àme sont diversement réparties au moins dans ces grandes portions de la masse cérébrale, nous ne trouvons encore ici que des résultats négatifs. Nous voyons toujours que si la région antérieure est nécessaire à l'accomplissement des actes intellectuels , elle ne l'est pas plus que les deux autres; non-seulement les actes de l'intelligence ne se spécialisent pas dans la région frontale, mais ils n'y prennent pas même plus d'énergie, plus de vivacité, plus d'élévation, plus de grandeur que dans les autres parties du cerveau. Force nous est donc de reconnaître que, métaphoriquement parlant, le front n'est pas plus distingué, pas plus noble que Tocciput.

On voit maintenant à quoi se réduit la doctrine de Gall; sur quels fondements elle repose* Si Tantear de oe système n'avidt ifoola en feira

qu'une coDceplion purement spéculative, qu'un objet de curiosité et d'a^ musementy il n*y aurait pas eu à s*en préoccuper dans cet ouvrage. Qu'importe, en effet, que quelques désœuvrés y frottés de physiologie, se soient emparés de cette prétendue doctrine pour se grandir un moment aux yeux d*autres désœuvrés? Qu*importe qu'ils aient réussi à se faire passer pour une sorte de savants? Mais Gall avait d'autres prétentions; il lui répugnait qu'on s'avisât seulement de le prendre pour le continuateur de Lavater. C'était pour lui chose secondaire que ses disciples fussent ou non capables de reconnaître un fripon , un meurtrier au milieu de la bonne société , ou de mettre la main sur un honnête homme au mi^ lieu d'un bagne ; il voulait qu'on fit de sa doctrine des applications pratiques d'une" bien autre importance : il prétendait d'abord résoudre toutes les questions philosophiques sans exception , et mettre ainsi d'accord les moralistes. Il soutenait que sa doctrine devait être appliquée à l'homme comme objet d'éducation, et comme objet de punition. De sorte que les instituteurs du genre humain, aussi bien que les législateurs, pour agir avec discernement, pour ne jamais commettre de méprises, n'au^ raient eu qu'à bien se pénétrer de sa physiologie du cerveau : les pre« miers, une fois nantis de ces précieuses découvertes auraient pn^ jusque dans le sein des écoles primaires, aller déchiffrer sur la tète de chaque enfant toute une destinée de gloire et de grandeur, de même qu'ils auraient pu y signaler une pépinière de fripons et de scélérats* Dès lors, et dans l'intérêt de la société, ils auraient été en mesure de faire un triage dans ce peuple d'enfants; ils auraient condamné hardiment les uns aux occupations les plus abjectes et les plus pénibles, réservant aux autres la culture des sciences et des arts; ils auraieni entouré de soins ceux qui , par la forme de leur tête, promettaient d'être des hommes de génie, et ils auraient étouffé en quelque sorte dans leur germe ceux qui, par une conformation opposée, ne promettaient que des instincts de désordre.

D'autre part, les législateurs, les magistrats, une fois bien pénétrés de ces mêmes connaissances, auraient pu à la fois punir judicieusement tous les crimes commis, et en prévenir le retour. Ils n'auraient plus eu besoin, pour graduer leurs peines, pour les proportionner aux délits, de longues et minutieuses instructions judiciaires ; il leur aurait sufB de parcourir les maisons d'arrêt et d'y palper les têtes des prévenus : ils auraient su alors, et bien mieux que par les dépositions des témoins, si les prévenus ont réellement commis ce qu'on appelle des délits ou des crimes dans la société; ils auraient su également si, dans le cas où ils seraient convaincus des plus grands forfaits , on doit les considérer comme coupables, ou bien comme ayant simplement obéi à leur organisation cérébrale.

Tel aurait été le côté pratique de la doctrine de Gall , si celte doctrine eût été vraie; mais comme elle n'a aucune apparence de réalité, les ap-' plications qu'on a prétendu en faire, tombent d'elles-mêmes.

Un physiologiste éminent, le professeur J. Muller de Berlin, a dit {Syst. tiert). , 1. 1«% p. 417) en parlant de la doctrine de Gall , qu'il n'y a pas un seul fait qui prouve même de la manière la plus éloignée, ni qu'elle soit vraie en la considérant sous un point de vue purement gêné* rai, ni que ses appUcattons spéciales scnent exaotes. Qoioœnqiie

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