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GARNIER

avec attention les prétendus faits et observations invoqaés par Gall^ sera convaincu de la vérité de cette proposition.

C'est aussi ce que vient de démontrer un physiologiste français, non moins versé dans ces matières, M. Flourens : fort de belles expériences et de longues études , ce savant a prouvé que la doctrine de Gall est absolument sans fondement, et que la science aujourd'hui marche dans d'autres voies.

Que si on nous objectait qu'aujourd'hui encore l'organologie de Gall a pour elle quelques sociétés dites savantes , des iournaux y des cours , des professeurs, destinés à la propager et la défendre, nous dirions que ces faits ne lui donnent pas plus de consistance; les physiologistes en ont fait justice depuis longtemps , et tous répètent aujourd'hui avec Muller (ubi supra) , qu'on ne peut ^empêcher de repousser du sanctuaire de la science, ce tissu d'assertions arbitraires qui ne repose sur aucun fondement réel, F. D.

GARNIER (Jean- Jacques), néàGorron, bourg du département de la Mayenne, le 18 mars 1729, mort à Paris le 21 février 1805, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, a laissé la réputation d'un historien érudit et profond. Nous n'hésitons pas à dire qu'il dut à ses études philosophiques Texcellente méthode qui recommande son traité de l'Origine du gouvernement français, couronné en 1761, par l'Académie des Inscriptions; et ses additions à V Histoire de France de Velly et de Villaret. Il y a diverses manières d'écrire l'histoire. On a, de nos jours, mis en système l'imitation des vieux annalistes; on a dit que le but de l'écrivain, dans l'exposition des faits accomplis, doit èlre simplement de raconter, non de prouver. Garnier n'approuvait pas ce système : comme il avait apporté, dans l'étude de nos archives historiques, un jugement trop exercé pour s'arrêter à la surface des choses, ainsi , dans le récit des événements, il ne se contenta pas d'être un romancier plus ou moins habile, il fut un véritable philosophe. C'est tout ce que nous devons dire ici de ses travaux historiques.

Les mémoires de l'Académie des Inscriptions contiennent plusieurs dissertations de Garnier sur divers points de critique philosophique. La première de ces monographies, publiée dans le recueil de l'année 1768, a pour objet le Caractère dr la philosophie socratique, Platon doit-il être considéré comme l'interprète fidèle de la doctrine de Socrate? ou bien faut-il admettre, suivant les dires de Diogène LaCrce et de Brucker,

Îue Platon, doué d'un esprit éclectique, a reproduit et concilié, dans ses dialogues, les opinions de Pythagore sur la philosophie première, celles d'Heraclite sur les problèmes ontologiques, et celles de Socrate sur la morale? Garnier affirme que Socrate a dû nécessairement aborder, devant ses disciples, toutes les questions auxquelles on le voit répondre dans les IHalogues,ei que Platon, qui professait pour son maître une vénération si profonde , n'a pu lui attribuer, comme on le prétend, les sentiments d'aulrui. Platou était, de tous les philosophes anciens, celui que Garnier affectionnait le plus. On lit encore, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, trois dissertations du même auteur, sur l'Usage que Platon a fait des fables (séance du 19 mars 1762), sur le Cratyle (séance du 11 mars 1763) , et sur les Paradoxes philosophiques (séance

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du 22 mars 176S). L'épicurien Colotès avait , au témoignage de Macrobe, blâmé Platon d'avoir, dans ses Dialogue$, raconté trop de légendes populaires, etd*avoir ainsi compromis la gravité du pallium. Garnier ne croit pas que ce reproche soit bien fondé , Platon n'ayant jamais confondu la fiction et la vérité. L'opinion de Garnier sur le Cralyle est singulière. Dans ce dialogue , Socrate disserte amplement sur l'origine et la nature des mots. Proclus, Marsile Ficin, tous les interprètes de Platon ont pris au sérieux l'argumentation du Craiyle. Suivant Garnier, toute cette argumentation n'est qu'une ingénieuse ironie : le problème de l'origine des mots offrant à Socrate une occasion de parler d'Heraclite, il ne la néglige pas, et il critique fort plaisamment les assertions ontologiques de l'école d'Ephèse. Dans son mémoire sur les Paradoxes, Garnier prétend démontrer que toutes les formules de l'éthique stoïcienne sont des emprunts faits par Chrysippe et par ses disciples aux livres socratiques , et surtout aux Dialogues de Platon.

Garnier a encore publié , dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions, des Réflexions sur un parallèle d'Homère et de Platon , de l'abbé Massieu ; une Dissertation sur le tableau de Cébès (t. xlyiii des Mémoires), qu'il ne faut pas, dit-il , attribuer à Cébès le Thébain, mais à un stoïcien du nom de Cébès, né à Cyzique, dont il est question dans le quatrième livre des Déipnosophistes d'Athénée ; un mémoire sur les Ou^ vrages d'Epictète (séance du 3 février 1792) , travail fort remarquable, qui sera longtemps entre les mains des érudits ; un autre mémoire nir l'Art oratoire de Corax (séance du 8 fructidor an XI), et des Observations sur quelques ouvrages du stoïcien Panétius (séance du k brumaire an XII). Garnier avait commencé par étudier Platon, et il avait conçu pour ce philosophe, décrié par les encyclopédistes , une admiration tellement vive, qu'il ne voulait pas connaître une autre doctrine que la sienne. Vers la fin de sa vie, il se montra moins passionné , moins exclusif; il fréquenta les stoïciens , se plut dans leur commerce , et leur rendit justice.

Une Notice sur la vie et les ouvrages de Garnier, lue dans la séance publique du 11 avril 1806 , par le secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions, contient de curieux détails sur la vie exemplaire de cet écrivain recommandable à tant de titres. L'auteur de cet arUcle lui a consacré une notice fort étendue dans le premier volume de son Histoire littéraire du Maine. B. H.

GARVE (Christian ou Chrétien) , naquit à Breslau en 1712. Il professa la philosophie à Leipzig, de 1769 à 1792, et mourut en 1798. Sa doctrine , et la forme populaire dont il a su la revêtir, nous révèlent un esprit souple et facile plutôt qu'un profond penseur. II est psychologue avant tout , même en morale. Encore ne peut-on pas dire qu'il ait conçu la psychologie d'un point de vue très-élevé ; la partie de cette science qui tombe sous le pouvoir du raisonnement, est chez lui la plus faible; il s'attache surtout à l'observation et à la description des faits. Il fut cependant le premier à faire connaître au public la Critique de la Raison pure de Kant ; mais il s'en acquitta d'une manière si imparfaite, si superficielle , que le philosophe de Kœnigsberg en fut très-peu satisfait. S'il n'est pas métaphysicien , en revanche Garve est un moraliste

du plas grand mérite, on observateur plein de finesse et de tact. Sa manière ais^, et libre des ebatnes de Kécole, a donné à son talent an caractère d^originalité remarquable. Il peint le monde et Thomme tel qu*il les trouve en général sur le tbéàtre vivant des mœurs et de la con* science. Ses couleurs sont si fraîches et si heureusement combinées ^ ses tableaux si vrais, si frappants et si clairs, qu'on oublie facilement tout ce qu'il y a d'art dans cette manière de voir et de peindre. Il ne faut donc pas s'étonner si Garvc est le philosophe des gens du monde. Il aimait beaucoup lui-même la société, surtout celle qu'on appelle la bonne compagnie : c'est là qu'il prenait ce qu'il avait l'air de donner gratuitement ; il ne faisait que rendre au monde ce que le monde lui avait prêté. Au reste, il analysait mieux les sentiments moraux que les impressions sensibles. Son principe en morale était celui des stoïciens : vivre conformément à la nature. Seulement il l'entendait d'une manière un peu plus large, puisque la vertu n'était pour lui que la nature humaine agissant librement. &lais il faut dire qu'il croyait à l'homme un penchant naturel au bien. Sa morale est douce et bienveillante ; elle attend beaucoup des hommes, que Garve croyait plutôt bons que méchants.

Garve a laissé de nombreux écrits *, ceux qui nous intéressent plus particulièrement sont : Det Inclinations, ouvrage couronné et imprimé dans un recueil demorceauxdu même genre, in4% Berlin, 1769; — Métanges de traités divers (la plupart relatifs à l'esthétique, in-S"*, Leipzig, 1779; — Du Caractère des campagnards , in-S**, Breslau , 1786, 1796;

— Union de la morale avec la politique, in-S**, ib., 1788; — Essais sur différents objets de morale, de littérature et de la vie sociale, in-S**, ib., 1792 {V' partie; ; — Mémoires divers, publiés d'abord séparément, ou insérés dans les journaux, in-S"", ib., 17%; — Considérations sur les principes généraux de la morale, in-8", ib., 1798; — Lettres intimes à une amie, in-8**, Leipzig , 1801 ; — l)e lexistence de Dieu, in-S**, Breslau, 1802; — Lettres à Chr, F, Weisse et à quelques autres ami^, in-8% 2* partie. Leipzig, 1803; — Correspondance entre Garve et Zollekofer, in-8",ibid., 180V; - Lettresàsa mère, in-8% Breslau, 1830. La mère de Garve ayant eu beaucoup d'influence sur la culture intellectuelle de son lils, ces lettres sont par là mêjne très-intéressantes. Garve a traduit un grand nombre d'ouvrages grecs, latins et anglais, en les enrichissant de noies et d'observations. On possède aussi de lui plusieurs écrits académiques de circonstance, parmi lesquels nous citerons les suivants : De nonnullis quœ pertinent ad logicam prohabilium , in-4**, Halle, 1766 ;

— De rationc scribendi historiam philosophie, in-^**, Leipzig, 1768; — Lrgendorum philosophorum veterum prœcepta nonnulla et exemplum, in-4**, Leipzig, 1770. — Ajoutons à cela divers articles de journaux, qui ne sont pas sans intérêt. Voir, pour l'histoire de sa vie : Schlichte-groll, nécrolog., 1798, t. ii; une ex poMtion du caractère de ses écrits parManso, dans sa Feuille provinciale de Silésie, 1799; — Schelle, Lettres sur les ouvrages et la philosophie de Garve, Leipzig, in-8*, 1800 ; — Les Contemporains, nou\elle série, n'^lO, in-8**, ib., 1825. J. T.

GASSEXDI, ou quelquefois GASSE\D (Pierre) , est, si nous en croyons Tennemann, le plus savant parmi les philosophes ^ et le plus

habile philosophe parmi les savants du xvii* siècle. Il naquit le 22 janvier 1592 , au village de Champterciery près de Digne, de parents pen riches , mais recommandables par leur piété et par la douceur de leurs mœurs. Sur les instances de son oncle maternel , curé de Champtercier, qui y en lui apprenant à lire , avait remarqué ses heureuses dispositions, il fut envoyé au collège de Digne, où il ût de rapides progrès dans l'élude des langues et des mathématiques. Ecolier, il avait pris pour devise ces mois iSapere aude, et, dans les petites comédies qu'il faisait représenter par ses camarades , il manifestait déjà cette humeur comique et ce tour d agréable ironie qui distinguent ses écrits polémiques. A quatorze ans, il se relira à la maison paternelle pour s'y préparer à l'élude de la philosophie, et, après une année de travaux solitaires que, malgré la prière de ses parents, il interrompait à peine par quatre heures de sommeil , il alla étudier la philosophie à Aix , sous le P. Fesaye, grand carme. Ce religieux se plaisait à répéter qu'il ne savait si le jeune Gassend était son é4!olier ou son maître, tant il avait de capacité et d'esprit, et sou» vent il le priait de faire la leçon en son absence. Ayant achevé ses études de philosophie et de théologie, Gassendi fut, en 1612, appelé à la direction du petit collège de Digne, el, en 1616, après avoir obtenu, à Avignon , le bonnet de docteur en théologie , il fut nommé par le chapitre de Digne à la théologale qui se trouvait vacante. Une contestation qui s'éleva au sujet de ce bénéfice le força d'aller à Paris , où il gagna son procès. Il y prit en même temps le diaconat, el, de retour en Provence , il fut ordonné prêtre le 1" août 1617.

Ce fut alors que Gassendi obtint la chaire de philosophie à Tuniversité d'Aix. Il se conforma d'abord aux doctrines reçues, mais bientôt il se fatigua des disputes de l'école, et, les découvertes de Copernic, de Galilée, de Kepler, lui démontrant l'insuffisance de l'arislotélisme, particulièrement en matière de philosophie naturelle, il essaya de la faire reconnatlre en public dans ses leçons et dans les thèses qu'il eut à faire soutenir pour ou contre Aristole. Il était encouragé dans celle direction par le savant Peyresc, et surtout par Gaultier, prieur de la Valette, qui se livrait avec lui à des observations astronomiques. Son enseignement dura six ans, pendant lesquels il recueillit un grand nombre de notes critiques sur la philosophie du Lycée ; « mais , nous dit Antoine de la Poterie, son secrétaire et son biographe, les Pères jésuites s'introduisant adroitement dans Aix et s'emparant aussitôt du collège, il se vil contraint d'aller achever son cours dans une grande salle que monseigneur révoque de Sisleron , son ami , lui prêta pour cet effet. Il se retira donc en son bénéfice à Digne , où il s*adonna à faire des prédications aux chanoines ses confrères et au peuple. »

Député à Grenoble par le chapitre de Digne, Gassendi se rendit aux sollicitations de ses amis, el fil imprimer dans celte ville ses Exercitationesparadoxicœ adversus Aristoteleos. Cet ouvrage, publié en 1624, c'est-à-dire quatre ans après le Novum Organum, et treize ans avant celle du Discours de la méthode, fit un grand bruit dans le monde philosophique , et attira l'attention sur Tauteur. En septembre de la même année, Gassendi retourna à Paris , et pendant le séjour qu'il y fit, il se lia avec la plupart des esprits distingués de son temps, La Mothe Le Yayer, le P. Mersenne , Descaries, et avec plusieurs personnages d'une

haate condition. Au mois d'avril suivant , il revint en Provence, où il passa quatre ans sans rien publier. L'adversaire du péripatétisme avait cependant promis d'ajouter cinq autres livres à ses Exercitationei , mais il se ravisa ) et , soit que le prêtre fût intimidé par les résistances que ses opinions rencontraient dans ses supérieurs ecclésiastiques, soit que le philosophe se rappelât le sort de Ramus et de Jordano Bruno, et l'arrêt prononcé le 4 septembre 1624, pendant qu'il était à Paris, arrêt par lequel le parlement défendait, à peine de vie, tenir ni enseigner aucune maxime contre les auteurs anciens et approuvés , soit enfin que le novateur eût appris que Patrizzi avait écrit contre le Stagirite, de manière à ôter toute nouveauté aux attaques et aux violences de ses succeurs , toujours est-il qu'il garda désormais le silence sur Arislote.

£n 1628, il se rendit , pour la troisième fois, à Paris, et se laissa décider par son ami Luillier à visiter avec lui la Flandre, la Hollande et l'Angleterre; ce voyage le mit en relation avec les savants de ces pays, et particulièrement avec Hobbes, dont il fut l'admirateur. Au milieu des embarras de la route , Gassendi trouva le moyen de composer son traité de Parheliis, sur la demande de Peyresc, et son Examen de la doctrine de Fludd, sur les instances du P. Mersenne, qui , attaqué par Fludd, ne voulait pas répondre lui-même. En 1631 , il observa le premier le passage de Mercure sous le soleil , annoncé par Kepler, et publia sur ce sujet de précieuses observations.

Le 24 décembre 1633, Gassendi est reçu prévôt de l'église cathédrale de Digne. Cette époque de sa vie présente encore une grande lacune dans la publication de ses travaux philosophiques ; il la remplit par une visite des côtes de Provence avec le duc d'Angouléme, gouverneur de cette province, par les lettres qu'il écrivit à Galilée dans sa prison, par un nouveau voyage à Paris, comme agent du clergé de Mantes , par la publication de la Vie de Peyresc, par plusieurs observations astronomiques, enfin par quelques travaux d'anatomie.

Mais le Discours de la Méthode avait paru en 1637, et les Méditations en 1641. Le P. Mersenne les envoya à Gassendi et le pria de les examiner et de lui en dire son sentiment. Gassendi le fit, et adressa ses Objections k Descaries lui-même, qui les publia avec une réponse où Taigreur se fait sentir. Gassendi ajouta des Instances à ses objections, et les envoya en Hollande à son ami Sorbièrc, qui les fit imprimer. Dans sa réponse aux Instances , Descaries prit un ton plein de hauteur et de supériorité; il affecta d'adresser sa lettre à son libraire Clerselier; sur plusieurs points, il se renferma dans un silence dédaigneux , et, sur la plupart des autres, il répondit par des affirmations absolues, mais dénuées de preuves. Plus tard, 1 abbé d'Estrées réconcilia ces deux grands esprits.

En 1645, le cardinal de Richelieu, archevêque de Lyon, le pressa d'accepter la chaire de malhémaliques au collège royal de France, où ses leçons attirèrent un grand nombre d'audileurs. Les travaux philosophiques de Gassendi se Irouvèrent encore une fois interrompus par le travail qu'il publia avec Fermât conlre le jésuite Casrée, Sur l'accélération des graves (164-6 ), par la publication de son Institutio astronomica (1647), et par sa querelle avecMorin sur le mouvement de la terre. Luillier, connaissant les notes qu'il avait recueilHes sur la vie d'£pi-

cure, le pria de les lui communiquer, et, les ayant oblenues, il les fit imprimer à Lyon en 16^7. L'accueil fait à ce traité encouragea Gassendi. Il se mit avec une nouvelle ardeur à étudier Ëpicure et à préparer les matériaux des importants ouvrages qu'il donna plus tard sur ce philosophe ; mais la faiblesse de sa poitrine le força de quitter sa chaire en lôVè, et de se rendre dans le Midi pour y rétablir sa santé. Après avoir séjourné a Lyon , à Aix et à Digne, voyant qu'il allait de mal en pis , il se rendit à Toulon , où , se trouvant bien de l'air de la mer, il resta deux ans, « travaillant à se construire une philosophie après avoir bien considéré tous les philosophes. » L'année 1653 le vit de nouveau à Pa* ris, consultant les bibliothèques, mettant la dernière main à sa philolosophie, et publiant en même temps les Vies de Copernic, de Tycho- Brahé, ï Histoire de l'église de Digne, etc. £nGn, sa santé dépérissant de plus en plus, il fut obligé de cesser tout travail, et mourut à l'âge de soixante-trois ans, le 24 octobre 1655; priant, par son testament, aie sieur de Montmort de prendre le seing de la conservation de ses escriptz, de faire imprimer ceulx qu'il en jugera dignes; et aussi maître François Bernier, docteur en médecine , son bon amy, pour la cognoissance qu'il en a, de bien vouloir les ranger et mettre en ordre. »

Montmort exécuta fidèlement ses intentions et publia ses œuvres complètes à Lyon, en 1658, 6 vol. in-f". Une autre édition, également en 6 vol. in-P, en fut donnée à Florence en 1727, par les soins d'Averanius. De son côté, Bernier répandit et popularisa la doctrine de son maitre et de son ami par l'exposé élégant et facile qull en donna sous le titre d'Abrégé de la philosophie de Gassendi, 8 vol. in-12 , Lyon , 1678. Une seconde édition donnée, aussi à Lyon , en 1684 , 7 vol. in-12, contient de plus les Doutes de maître Bernier sur quelques-uns desprin^ cipaux chapitres de son Abrégé de la philosophie de Gassendi, déjà imprimés séparément à Paris en 1682.

II suffit d'un simple coup d'oeil jeté sur les œuvres de Gassendi pour voir quelle était l'étendue et la variété de ses connaissances.

Historien , il a, sous la forme modeste d'une préface à la Vie de Tycho^ Brahé, donné un excellent précis de l'histoire entière de l'astronomie. Par l'histoire de la logique qu'il a tracée dans la 1'*" partie de son Syntagma philosophicum , et par sa savante restauration du système d'£picure, il a montré, le premier en France, ce que devaient être des recherches relatives à l'histoire de la philosophie.

Astronome et physicien, Gassendi n'a enrichi la science d'aucune de ces découvertes qui font époque; mais, par sa rare persévérance à suivre la voie de l'observation , il a puissamment contribué à éclaircir et à confirmer les découvertes déjà faites, et à indiquer aux esprits justes le moyen d'en faire de nouvelles.^ Tous ses travaux astronomiques sans exception, et la plupart de ses travaux de physique, ont pour objet la confirmation et la défense de la doctrine de Galilée sur le mouvement de la terre; nulle part cependant il ne se prononça sur ce point. Dans le troisième livre de son Institutio astronomica, consacré a l'examen des systèmes de Copernic et de Tycho-Brahé , on voit bien qu'il incline vers le premier, mais il ne tranche pas le mot et termine l'exposé de chaque système par cette brusque formule : Sic Copemia tueri se êolmt; et sic quidem Tycho. De plus, dans sa grande dîsput«

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