GENRES, ESPECES
qualités se rencontrent dans la peinture que iious offre Genovesi des différents caractères et des différentes classes d'esprit. On y trouve aussi des observations utiles sur Tart de disputer. En général, Genovesi se montre instruit, d'un esprit vif, agréable et juste.
Le quatrième livre, celui de la méthode, se distingue surtout par des considérations générales sut les sciences. Il faut dire aussi que Tanalyse et la synthèse n'y sont point traitées d'une manière superficielle et commune.
On doit encore à Genovesi des ÉlémenU de métaphyHque, remarquables par rérudition, et qui rappellent la doctrine, jusqu'à un certain point aussi la méthode de Wolf. Cette métaphysique , écrite en latin, se divise en quatre parties : !• VOntosophie; i* la Cosmosophie ; 3* la Théoêophie; et k** la Psyehosophie. Vient ensuite un ample traité de morale, suivi d'une espèce de traité des causes premières, mais beaucoup plus savant que celui de Le Batteux , sous le titre de Dissertation histo^ rico'physique. C'est là qu'il examine et réfute longuement les vingt arguments de Proclus, et ceux d'Averrhoès en faveur de Téternité du monde, qu'il réfute le panthéisme en traitant de la nature de Dlea^ qu'il expose, en les jugeant, les opinions des anciens et des modernes sur l'origine du mal.
Genovesi est Tun des premiers, en Italie, qui aient osé écrire sur la philosophie classique dans la langue vulgaire du pays. On lui en fit plus qu'un reproche. Ses ouvrages philosophiques sont : Eléments des sciences métaphysiques (lal.), 5 vol. in-8% Naples, 1743 et années suiv. (l'édil. de Venise, 1786, est la seule avouée par l'auteur); — De V Art logique (lat.), in-8*, Naples, 1745; — Méditations philosophiques (ital.) , in-S**, ib., 1758; — Lettres académiques sur la question si les ignorants sont plus heureux que les savants (ital.), in-8^, ib., 1764 : ces lettres sont dirigées contre J.-J. Rousseau ; — Logique de la jeunesse (ital.) , ib. , in-S**, 1766; — Des Sciences métaphysiques (ital.) , in-S**, ib., 1766; — Dykœosine, ou Science des droits et des devoirs de Ihomme (ital.) , in-S**, ib. , 1767. — Voyez Camillo Ugoni , Histoire de la littérature italienne depuis la seconde moitié du XYiii' siècle.
GEIVRES ^ ESPÈCES. La généralisation , c'est-à-dire cette opération qui consiste à abstraire ce qui est commun et essentiel à plusieurs objets , pour ramener ainsi la multiplicité à l'unité , peut s'exercer de deux manières : sur des faits accompagnés de circonstances diverses | que l'on réduit aux circonstances essentielles et communes, et on obtient alors des lois; ou sur des existences individuelles dont on recherche et dont on abstrait les caractères communs, et alors on obtient des classes.
La moindre expérience de ce procédé sufBt pour faire voir qu'il dépend toujours de nous de prendre tel ou tel caractère pour réunir par la pensée en un seul groupe tous les êtres qui le possèdent, et qu'ainsi il n'y a de bornes assignables ni au nombre , ni à la variété des classes.
Mais, si notre pouvoir de former des classes est ainsi illimité, nous ne pouvons cependant l'exercer que de deux manières : l'une consiste i prendre à l'avance un caractère quelconque , et à former une classe dé
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tous les êtres en qui il se présente ; selon ]*aatre y on conunence par bien distinguer les caractères , et, au Heu d'en prendre un au hasard , on prend tous ceux et seulement ceux que Texpérience a fait connaître comme les plus importants. Le premier mode donne les classes artificielles, le second les classes naturelles {Voyez CLAssincATioif). Dans ce dernier cas, la classe se confond presque avec la loi, parce que les caractères sur lesquels elle a été établie ont été pris dans les lois de l'existence des objets classés. Ainsi, si nous établissions les classes suivantes d'animaux : animaux blancs , animaux rouges, etc., nous aurions des classes sans rapport avec les lois essentielles de ces êtres , tandis que les classes suivantes : animaux vertébrés , invertébrés, sont fondées sur les lois mêmes de l'organisation. On voit sur-le-champ que les classes artificielles ne sont de nulle valeur pour la science , tandis que les antres sont la condition même de toute science.
Dans toute généralisation vraiment scientifique, il ne faut pas seulement s'appliquer à former les groupes naturels , il faut aussi les ranger dans leur succession hiérarchique. C'est alors que les groupes reçoivent les noms relatifs de genres et espèces. Le groupe qui résulte immédiatement de la réunion des individus est dit espèce; et lorsque nous faisons sur un certain nombre d'espèces le travail que nous avons fiait sur les individus, les réunissant en un groupe par la considération de leurs caractères communs , cette classe supérieure porte le nom de genre; et si nous recommençons ce travail sur un certain nombre de
Senres pour en former un groupe plus élevé , il portera encore le nom e genre; mais les genres qu'il a réunis seront dits espèces par rapport à lui. Ainsi on voit que les deux dénominations de genre et d'espèce ne sont absolues qu aux deux extrémités d'une classification , à savoir à l'extrémité inférieure où le groupe formé immédiatement de la réunion des individus s'appelle toujours espèce, et à l'extrémité supérieure où le genre le plus élevé, celui qui renferme toutes les espèces, s'appelle toujours genre. Entre ces extrêmes , ces dénominations sont corrélatives : une classe ne s'appelle genre que par rapport aux espèces qui la composent , et ne s^appelle espèce que par rapport au genre dont elle fait partie.
Dans toute classe, genre ou espèce, il y a deux choses bien distinctes à considérer : les objets qu'on a réunis dans cette classe, et le caractère ou les caractères qui ont servi à les réunir. De là il résulte que , sous le nom qui représente ce tout idéal que nous appelons un genre, sous le nom oiseau , par exemple , il y a deux idées différentes, l'idée du nombre des objets réunis, l'idée du nombre des caractères communs : c*est ce que l'on appelle Vextension et la compréhension des noms généraux. Quelquefois il y a un nom pour désigner l'extension et un autre pour la compréhension, comme les sages et la sagesse, les mortels et la mortalité : c^est ce qui a fait dire à quelques philosophes qu'il y a des idées générales concrètes et des idées générales abstraites, celles-ci se rapportant aux seules qualités communes, celles-là aux qualités et aux objets qui les possèdent.
Les deux espèces de généralisation que nous avons distinguées ailleurs {Voyez Gêmêralisation) ne donnent pas toutes les deux des genres et des espèces : la première donne la totalité absolue ^ l'infini} la se-