GEORGES
conde des classes d'êtres semblables, dont te nombre est indéterminé , mais toujours limité et Gni. Ce qui n'est pas limité ^ ce qui ne peut pas se rattacher à un point supérieur^ n'est plus un genre, au sens étymologique du mot (ftvc^, famille); ce n*est plus une famille, c*est Tuniversel, c'est le nécessaire, c'est, si Ton veut l'appeler un genre, le genre par excellence des anciens , to ^tvixcdTaTov ^^vo;, qui ne peut plus être contenu dans .un autre, mais contient tous les autres : c'est la substance, par exemple, c'est la cause auxquelles se rattachent et sous lesquelles s'ordonnent les diverses causes et les diverses substances. L'expérience donne l'unité de l'individu ; la raison donne l'unité absolue ; la généralisation inductive et médiate donne l'espèce et les genres intermédiaires qui doivent unir les deux extrêmes, l'individu et l'infini. Tout le travail de la science consiste à unir ces deux termes et à combler l'intervalle qui les sépare, soit en montant par l'induction de la base au sommet , soit en descendant par la déduction de l'universel et de l'absolu au particulier et à l'individuel.
L'usage continuel que nous faisons de cette classification méthodique des êtres, non-seurement pour la science, qui sans elle serait impossible, mais pour la direction de tous les mouvements de la pensée qui passe sans cesse des genres aux espèces et des espèces aux genres, nous en révèle toute l'importance, et nous fait comprendre toute celle que lui attribuaient les anciens logiciens. J. D.-J.
GEORGES DB Trébizoivdb [Georgiuê Trapezuntiuà] , l'un des principaux acteurs de la lutte qui éclata en Italie, vers le milieu du xv« siècle, entre les partisans d'Aristote et ceux de Platon, naquit en 1396, non pas à Trébizonde, comme l'ont cru quelques-uns de ses biographes, mais à Chandace, dans l'Ile de Crète. Le nom de Trébizonde n'indique
Îue la patrie de ses ancêtres. Arrivé en Italie vers 1430 sur l'invitation e François Barbaro , noble Vénitien , il se fixa d*abord à Venise, où il enseigna les lettres et la philosophie grecque. Ses leçons eurent le plus grand succès, et, sa renommée étant allée jusqu'à Rome, le pape Eugène l'appela près de lui, le nomma son secrétaire, et le chargea de continuer l'enseignement qui avait commencé sa réputation en Italie. De plusieurs parties de l'Europe et de toutes celles de la péninsule on accourait pour l'entendre, et jusqu'en 1450 sa gloire et sa fortune furent des plus éclatantes. Mais dès cette époque elles déclinèrent singulièrement. Il fut eÛBcé comme critique par Laurent Valla, et comme traducteur par Théodore Gaza , son compatriote. On s'aperçut que ses traductions, faites à la hâte pour des motifs de cupidité, étaient pleines d'inexactitudes, de négligences et de lacunes considérables. Ce fut à peu près dans le même temps qu'écrivant contre Platon une diatribe , plutôt qu'une appréciation philosophique, il s'attira dans le cardinal Bessarion (Voyez ce nom ) un adversaire très-puissant^ et indisposa contre lui le pape lui-même, Paul II, bien que très-hostile aux platoniciens d'Italie. Obligé de s'éloigner, Georges se retira pendant quelques années auprès du roi de Naples ; nuis , rentré en grâce auprès du souverain pontife, il revint à Rome, ou il mourut en Itôfi. Il a laissé, parmi d'autres ouvrages sans intérêt pour nous , une traduction des Problèmes et de la Rhétorique d'Aristote plusieurs fois réimprimée avec les œuvres