GILBERT
ritablement d'efficace qu'en Dieu. C'est Dieu aux fait en nous la pensée, comme le mouvement dans les corps; c'est lui pareillement qui agît par le corps sur I Ame et par TAme sur le corps; il est la cause unique et la cause immanente de tout ce qui existe. Voici d'autres propositions où le spinozisme est plus manifeste encore : il faut distinguer les corps particuliers du corps en soi ; ceux-là peuvent être divisés , mais noq celui-ci, qui est universel , qui est un , et le même toujours et partout La même distinction s'applique à l'esprit. Les esprits particuliers peuvent être malheureux , mais non l'esprit lui-même : ou plutôt ^ il n*y a pas d^esprits particuliers ; nous ne sommes pas réellement des esprits, car alors nous serions Dieu , mais des modes de l'esprit : Atez ces modes, que resle-t-il? Dieu.
Ce n'est pas ici le lieu de faire la critîaue de ces doctrines , que nous retrouverons ailleurs développées avec plus de force, d'originalité et de profondeur. Nous ferons seulement la remarque que les éléments les plus essentiels des systèmes de Halebranche et de Spinoza , la confusion de la volonté avec Tamour, la vision en Dieu, Thypothèse des causes occasionnelles, Tunité absolue de substance, se trouvent en germe dans les principaux écrits de Geulincx. Si, pour la gloire ou du moins pour la célébrité , Geulincx est resté à une si grande distance des deux philosophes que ses opinions nous rappellent sans cesse , c'est qu'il lui a manqué les qualités qui font la grandeur. Toutefois ce n'est
Sas une raison d'être injuste envers lui, et de placer son nom trop loin eccux oui ont répandu tant d'éclat sur la philosophie cartésienne.
Outre V Ethique et la Métaphysique , on a de Geulincx les ouvrages snxMxnis -.Saturnalia, seu QuœstwneiquodHbeticœ, m-i^ Leyde, 1665; — Logica fundamcntis suis, a quitus hacienus coUapsa fuerat , resiituta, in-12, ib., I6625 Amst. , 1Ô91 (c'est la logique de l'école, chargée de formules bizarres ) ; — Compendium physieum, ou Physiea rera, in-12, Franeker , 1688 (abrégé de la physique de Descartes ) ; — Annotata prœcurrmtia ad Ren, Cartesii principia,xn-h'*f Dordrecht, 1690 (simple commentaire sur les méditations de Descartes) ; — Annotata majora ad principia philosophiœ Ren. Cartesii , aecedunt opuscula philosophiea ejusdem auctoris, in-i*, ib., 1691 ( même caractère que l'ouvrage précédent). Ph. D.
GILBERT, surnommé de la Porrée, docteur scolastique, fit ses études à Poitiers, sa ville natale, vint ensuite à Chartres étudier sous Bernard de Chartres ; puis à Laon, où il fréquenta les leçons de mattres Raoul et Anselme. « 11 puisa dans ces différentes écoles, dit Othon de Frisingue, non des connaissances légères et superficielles, mais un savoir profond et étendu. La régularité de sa conduite et la gravité de ses mœurs, ajoute Thistorien, répondirent à ses progrès dans les let> très. Ennemi des jeux et des vains amusements, il n'appliquait son esprit qu'à des choses sérieuses et utiles. Il arriva de là que, non moins imposant par sa manière de parler que par son maintien , il mettait dans ses discours , ainsi que dans sa conduite, une certaine élévation inaccessible aux esprits futiles , et à laquelle ceux même qui étaient cultivés, ne pouvaient que difficilement atteindre. » Au sortir de ses études, Gilbert devint chancelier de l'église de Chartres, fonctions qu'il aban-