‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 118 sur 135 · GIOJA · texte numérisé non relu

GIOJA

donna bientAt poor venir occuper à Paris une chaire de dialectique et de théologie. On sait qu'il professait les opinions des réalistes ; mais au* cun débris de son enseignement n'est parvenu jusqu'à nous j si ce n'est peut-être le Livre des $ix principes {Liber sex princwiorum) , opuscule de logique commenté par Albert le Grand et saint Thomas. En HkO^ il assista au concile de Sens, où furent condamnées les erreurs d'Abailard; et^ s*il faut en croire la tradition, celui-ci, l'ayant aperçu, Tapostropha par ce vers d'Hor$ice :

Nam tua rcs agitur, paries qunm proximus ardet.

En effet , malgré son réalisme , Gilbert était du nombre de ces théolo-» giens audacieux qui ne reculaient pas devant l'interprétation philosophique du dogme chrétien, au risaue d'altérer la pureté de la foi. Etant devenu évèque de foitiers , en 1142, il céda à peu près h cette penle dangereuse, entreprit de commenter les livres de Bo^ce^tir la Trinité , et avança des maximes singulières qui le firent c|ter devant le concile de Pa* ris, en HM. Ses adversaires, parmi lesquels était saint Bernard, athlète infatigable de l'orlhodoxie , lui reprochaient d'avoir avancé, entre autres erreurs , que « la nature divine, qu'on appelle divinité, n'est point Dieu , mais la forme par laquelle Dieu est Dieu : de n)ôme que l'humanité n'est point rhomme, mais la forme par laquelle Thomme est l'homme. » Ce paradoxe était parfaitement conforme à l'esprit du réalisme , qui consiste à séparer les essences des individus , et qui , transporté dans la théologje , y entraînait la distinction de l'Etre divin et des perfections divines, communes aux trois personnes de la Trinité. Gilbert , dialecticien consommé, se défendit avec taqt d'art, que la décision de l'affaire fut renvoyée à un nouveau concile qui s'assembla à Reims , en 1148; mais son habileté échoua cette fois contre la véhémence de saint Bernard, et, après d'assez vives discussions, il dut souscrire une formule qui le condamnait. Il mourut peu de temps après, en 1154, laissant une réputation de savoir et de subtilité qu'il a conservée jusqu'à nos jours. Le Livre de siçc principes se lit dans la plupart des anciennes éditions d'Aristole, à la suite du traité des Catégories^ Le Commentaire sur les livres de la Trinité de Boëce fait partie de l'édition d( s Œuvres de ce dernier, publiée à Bàle en 1570, in-f<*. On doit à Gilbert quelques autres ouvrages qui sont restés manuscrits. Voyez Oudin, Comment, de scriptoribus Ecclesiœ, in-f**, Leipzig, 172^, t. ii, p. 1276 et suiv. — Fabricius, Bibliotheca mediœ et infimœ latinitatis, in-4.°, Pavie, 1754 , t. m , p. 58. — Histoire littéraire de la France , t. XII, p. 468 et suiv. C. J.

GIOJA (Melchior), naquit à Plaisance en 1767, et y termina sa vie en 1828. Après avoir appris le latin et les humanités , il fut placé, à rage de dix-sept ans, au célèbre collège de Saint-Lazare, dans sa ville natale. Il y étudia la théologie et la philosophie avec beaucoup de succès. Il eut pour maître de celte dernière science Antoine Comi, homme d'mie grande doucepr. ami de la jeunesse, porté vers de sages réformes dans les sciences philosophiques. C'est sous ce maître habile qu'il contracta le goût de la méthode «xpérinentale et du raisonne-

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