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maire générale, pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en donner un catalogue à la suite de cet article. Mentionnons cependant une publication toute récente qui n*a pu trouver place plus haut : Grammaire générale ou Philosophie des langues, par M. Albert Montémont, 2 vol. iii-S% Paris, 1845. N. B.

GRAIVDEUR. Voyez QuÀirriTÉ et Mathématiques.

GRAVESANDE (Guillaume Jacob *s) , aussi connu comme mathématicien et physicien que comme philosophe, naquit en Hollande à Bois-Je-DuCy le 27 sepWmbre 1688. Son intelligence préooee s*attacha de bonne heure, avec passion , à Télude des mathématiques : à T&ge de dix-huit ans, il publia son Essai sur la perspective, qiii lui assigna dès lors une place parmi les grands géomètres. A peu près dans le mènie temps il fît ses débuts dans la carrière philosophique, par une thèse sur le suicide. Il prit une part active à la publication du Journal littéraire de La Haye (1713), et y inséra des articles de mathématiques, de physique et de philosophie , dont quelques-uns eurent un grand retentissement. Après un séjour de plus d*un an en Angleterre , où il contracta d'illustres amitiés , 's Gravesande fut nommé, en 1717, professeur de mathématiques et d'astronomie à l'Académie de Leyde. En 1734 il fut en outre appelé à remplir la chaire de philosophie. Il mena de front ce double enseignement jusqu'à sa mort, arrivée le 28 février 1742.

Ce qui caractérise 's Gravesande, c'est moins la grandeur des conceptions et l'importance des découvertes, qu'une admirable justesse d'esprit, un besoin constant de clarté, d'ordre et de déGnition exacte. Par son caractère , il est un de* ces hommes qui font honneur aux lettres et à la philosophie. La droiture de son àme égalait la rectitude de son intelligence. Sans orgueil dans la recherche de la vérité , il abandonna , sur la question de la force des corps, l'opinion de Newton , qu'il avait soutenue d'abord , pour embrasser celle de Leibnitz , le rival de son mattre. Il sut allier à l'indépendance de la pensée philosophique le respect pour sa religion, le christianisme réformé; et au milieu de ses immenses éludes, il mit toujours son intelligence au service de son pays.

En philosophie il se rattache à l'école de Locke, mais la justesse de son esprit et son attachement aux croyances religieuses le portèrent à en modifier souvent les principes. Le principal ouvrage de 's Gravesande, V Introduction à la philosophie, résumé de son enseignement, contient deux parties : la métaphysique et la logique. Dans l'une et l'autre se trouvent de nombreux chapitres sur l'âme humaine, qui, avec une meilleure division , composeraient une véritable psychologie. L'analyse des facultés intellectuelles y tient une grande place; et cette analyse, moins systématique que dans Locke ou dans Condillac, est aussi plus e\a( le. On y trouve résumées toutes les observations importantes de l'école sonsualisle sur les sens, les notions fournies par chacun d'eux, le secours mutuel qu'ils se prèlent, l'éducation qu'ils doivent recevoir. Mais toutes nos idées viennent-elles des sens? Sur ce point, 's Gravesande hésite à suivre Locke. Frappé à la fois et des difûcultés inhérentes au sensualisme, et de l'incertitude du langage des

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cartésiens, il trouve (liv. v% c. 19.) « qu'il n y a encore rien de bien clairement démontré touchant l'origine des idées, et qu'il faut laisser la question des idées innées dans le catalogue des choses incertaines. »

Les questions les plus difficiles de la psychologie, sur la nature de rame, sur son union avec le corps et l'influence réciproque de ces deux substances , ont été aussi abordées par 's Gravesande , qui s'écarte heureusement sur quelques points des principes de LodLe. Ainsi, pour lui, Timmatérialité de Tàme ne saurait être mise en question : matière et pensée sont incompatibles. La pensée n'est pas rame elle-même; mais elle en est l'attribut essentiel , comme retendue est l'attribut essentiel des corps. D'où il incline à croire , quoiqu'il juge téméraire de l'affirmer , que l'âme pense toujours. Sa retenue est plus grande sur la question de l'union des deux substances en l'homme. Cette question lui semble hérissée de difficultés qui augmentent à mesure que la réflexion s'y applique. Qu'on en juge par l'insuffisance des hypothèses si fameuses des causes occasionnelles et de V harmonie préétablie I

On a quelquefois assimilé la doctrine de 's Gravesande sur l'identité personnelle a celle de Locke, qui la fait consister uniquement dans la mémoire (Essai sur V entendement humain, liv. ii, c. 27), et l'on a tourné contre lui toute la polémique de Butler, de Reid et de Buffîer, prouvant tous, contre Locke , que la mémoire n'est que la preuve et le témoignage de notre identité, et qu'il est absurde de confondre le témoignage avec la chose témoignée {Voyez surtout Reid, Essai sur les facultés de V esprit humain , essai m, c. 6). Mais un point important sépare 's Gravesande de Locke : le premier admet formellement que l'identité de la substance peut être maintenue aîors même que le sentiment de cette identité viendrait à s'éteindre ; pour le second , la substance n'est qu'un mot vide de sens. Selon 's Gravesande une suspension de la conscience détruit la personne, mais la substance reste (liv. I, c. 7). Cette distinction n'est-elle pas raisonnable, et, quand il s'agit d'établir l'immortalité de l'âme , ne croyons-nous pas que nous devons prouver, indépendamment de la prolongation de l'existence , la prolongation de la conscience, c'est-à-dire de la personne?

Malheureusement 's Gravesande s'est tenu plus près de la philosophie anglaise, dans une question non moins importante , celle de la liberté. La liberté , pour lui , n'est pas dans les déterminations de la volonté, mais dans la possibilité de les accomplir. Si après avoir pris la résolution de sortir d'une chambre dont je croyais la porte ouverte, je trouve cette porte fermée, je n'ai pas été libre : car la liberté, c'est le pouvoir physique d'agir conformément au choix de notre volonté. Et la volonté? C'est une préférence de l'entendement. Notre nature est susceptible de bonheur, et elle est toujours déterminée à agir par la vue d'un état plus heureux que son état actuel. Voir son bien, et ne pas chercher à y atteindre, est impossible. Une faute de notre volonté n'est qu'un faux jugement sur le bonheur. 'S Gravesande a été conduit à cette erreur par sa répugnance pour un système assez répandu alors, et non moins opposé aux faits de l'âme humaine.^Souvent, en effet, les partisans de la liberté l'ont séparée entièrement de^ motifs qui la sollicitent^ la soutiennent et la dirigent j ils çn ont fait un

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