‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 130 sur 135 · G 12 GUILLAUME · texte numérisé non relu

G 12 GUILLAUME

GUILLAUME de Paris , sarnommé ainsi parce qa*îl fat évèue de Paris, est aussi connu sous le nom de Guillaume d'Auvergne, u lieu de sa naissance (Aurillac). En 1228 , il monta sur le siège épiscopal de Paris , qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1248 ou iiU. Pendant les vingt années de son épiscopat , eurent lieu plusieurs événemenls auxquels Guillaume ne put rester étranger: tels furent l'interruption des cours de rUniversilé, rinirodoction des franciscains et des dominicains dans renseignement y et surtout la propagation de la philosophie d'AristotcDéjà plusieurs branches de cette philosophie avaient élé frappées d'analhème, et en 1240 on voit Guillaume de Paris blâmer et condamner quelques dislinctions subtiles touchant la Trinité et la nature des anges. Prévenu, sans doute, par les condamnations qui, en 1210 , en 1215 et en 1230, frappèrent la métaphysique et la physique d'Aristote, Guillaume de Paris se montra sévère envers celui-^i, et même envers la philosophie en général. U l'étudia cependant avec ardeur et donna une attention particulière aux écrivains arabes ; on lai doit à cet égard des renseignements utiles; mais il ne faut pas oublier cependant que dès le milieu du xu*" siècle, les écrits d'Avicenne, de Gazàli et de Farabi étaient déjà connus. Guillaume avait des codnaissances étendues , sans pourtant s'élever par là au-dessus de la plupart de ses contemporains, dont plusieurs le surpassent sous le rapport des doctrines. La tendance platonicienne qui se montre dans ses écrits est due aux Arabes; mais ce qui le distingue, c'est une réserve poussée souvent jusqu'à Texagération, et qui résulte de Tidée qu*il se faisait de la philosophie, a Est enim philosophia, dit-il {de Universo, p. 1), velot lucerna modici et tenebrosi luminis in tenebris multis atque densissimis et uoctc optata lucens. » Cette conception excessivement timide de la philosophie, qu'il se plaît à adaiblir au profit de la théologie, ne l'empêche pas cependant de faire preuve de lumière et de raison dans plusieurs endroits de ses écrits , dont le plus remarquable est le de l'niierso : c'est un traité dans le genre de ceux auxquels on donna plus tard le nom de Somme. En eiïet, dans le de Univemo , Guillaume de Paris se propose de traiter toutes les questions relatives a la philosophie; il nous l'apprend lui-même en commençant. Il ne faut donc pas regarder cet écrit comme un traité de l'univers , ainsi que cela est arrivé quelquefois. D'après le but qu'il se propose, Guillaume aborde les questions les plus élevées de la philosophie, en commençant par Dieu, au sujet duquel il combat beaucoup trop longuement l'erreur des manichéens. Entraîne quelquefois sur les pas des Arabes , il va plus loin qu'il ne voudrait ; c'est ainsi que, lorsqu^il entre dans le champ de la cosmologie , il est sur le point de tomber dans une sorte de panthéisme, qu'il s'efforce de démentir ailleurs, en démontrant la réalité de la création et en opposant l'une à l'autre les idées de durée et d'éternité. Ce qui est plus digne de remarque, c'est le soin et lardcur qu'il met à défendre la liberté de l'homme. Le de Universo renferme un traité complet sur la Providence, dans lequel Guillaume de Paris fait les plus louables efforts pour réfuter le dogme désolant de la fatalité, sous quelque forme qu'il se présente. Il se croit même obligé de prouver fort au long que l'influence des astres sur l'homme ne va pas jusqu'à le priver de sa liberté. Il arrive par là à une concla-

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