DÉTERMINISME
fidèle alors que toas rabandonnaienty et on peut dire qa*il a emporté avec lui le sensualisme dans la tombe.
Ses principaux ouvrages sont les Eléments d'idéologie, comprenant le Traité de la volonté, la Grammaire générale, la Logique, \ Idéologie, 2 vol. in-8", Paris, 1804. et 1824. j et le Commentaire sur l'Esprit des lois, in-8», Paris, 1819.
On peut consulter, sur M. Deslutt de Tracy, TEloge prononcé par M. GuizotàrAcadémie française; la Notice biographique de M. Mignet, dans le t. rv des Mémoires de ^Académie des Sciences morales et poli-tiques de V Institut de France^ in-4.«, Paris , 1844, et Y Essai de M. Damiron sur la philosophie du xix" siècle. F. B.
DÉTERMINISME. Voyez Fatalisme.
DEVOIR. De tous les faits que la conscience nous atteste, il n*en est point qui touche de plus près au problème de notre destinée, ni qui mléresse plus directement la pratique de la vie, que Tidée de la loi morale. De cette idée dépendent à la fois notre dignité, notre grandeur, notre existence même ; car nous ne saurions vivre en dehors de la société, et il n'y a pas de société possible sans la loi du devoir.
On peut considérer le devoir, soit en lui-même, comme principe suprême de la morale, soit dans ses conséquences ou dans les applications diverses dont ce principe est susceptible. C*est sous le premier point de vue que nous avons ici à l'envisager. Nous allons traiter du devoir; ailleurs (Voyez Morale] nous parlerons des devoirs.
Pour arriver à une notion exacte et complète du devoir, il le faut étudier dans sa nature d'abord, et ensuite dans son origine; ces deux titres résument toutes les questions de détail que notre problème comprend.
1'. Qu'est-ce d'abord que le devoir en soi? et quels sont les caractères qui en constituent l'essence ?
Deux classes d'agents se meuvent sur la scène du monde. Les uns, aveugles, et condamnés par cela même à un éternel esclavage, tendent, sans le savoir et sans le vouloir, au terme qui leur est assigné : tels sont les astres, les plantes, les animaux ; les autres, intelligents et libres, marchent ou du moins peuvent marcher, le sachant et le voulant , à leur destination : telle est l'humanité.
A ces deux genres d'activité deux sortes de lois correspondent. Les êtres qui ne se connaissent point , qui ne se possèdent point, reçoivent une impulsion à laquelle ils cèdent sans opposer jamais la moindre résistance; leur loi , la loi physique, est marquée d'un caractère de nécessité invincible , aveugle , c'est-à-dire de fatalité. Bien différente est la condition des êtres qui se connaissent et se possèdent. Leur loi , la loi morale, tout en leur prescrivant d'agir dételle façon, leur laisse la faculté d'agir de telle autre ; ses prescriptions sont des ordres oue l'on peut ne pas exécuter , quoiqu'on se sente tenu d'y obéir. Il y a la une nécessité d'un ordre spécial , sui generis, qui ne nous abandonne pas à nousmêmes, et qui cependant ne nous violente pos. Pour exprimer d'un mot ce que nous essayerions vainement de définir, la loi morale ne contraint pas, elle obligé. L'obligation morale, c'est le devoir.
La chose ne connutt pas rofaligation ; la personne seule y est soumise. C'est donc à ce qui constitue surtout notre personnalité , c'est-à-dire à la liberté y que le devoir s'adresse. £n dehors de l'intention , il n'y a ni moralité ni immoralité. L'action la plus droite, la plus conforme à la règle y sLelle n'a pas pour objet, en se produisant, d'accomplir la loi, est destituée de toute valeur morale. Rien n'empêche, au contraire , que la moralité n'existe et ne se développe chez un être auquel les conditions de TacUon sont enlevées et qui ne peut plus que vouloir.
Le devoirVoblige que la volonté libre; mais il l'oblige inévitablement; il Toblige partout et toujours. L obligation morale est, dans toute la rigueur des termes , universelle et nécessaire. Il n'est pas de volition libre qui ne reconnaisse une règle , une loi. Pour Tagent capable de moralité, en tant qu'il en est capable , point d'actes indifférents. L'obligation ne s'arrête que là où la liberté expire ; tout ce que je puis pour le bien je le dois.
Je le dois au même titre et au même degré. Le devoir n'est point , selon les cas, plus ou moins obligatoire. L'obligation est une; elle est tout entière ou n'est pas. Que me parlez-vous d'obligation stricte, d'obligation large? Je dois strictement tout ce que je dois.
Cette unité , que nous présente le fond , l'essence de l'obligation morale, nous la retrouvons dans son signe extérieur, dans sa forme. Un rapport intime attache à l'intention morale telle ou telle manifestation active qui en est l'expression sincère, la véridique image. Ici , comme en tant d'autres circonstances , la variété tient à notre faiblesse intelleotnelle, qui si souvent s'égare-, et n'y a-t-il pas, même en géométrie, pour toutes les questions qui ne sont pas encore scientifiquement réso- Ines, des tâtonnements, des incertitudes, des contradictions, de ces choses enfin dont le scepticisme peut dire : « Vérité en deçà du Rhin , erreur au delà ? » Mais en morale , comme en géométrie, la vérité, une fois établie, s'impose immuable et invariable à toutes les intelligences. Les temps, les lieux, les préjugés, les habitudes, n'en sauraient rompre rinaltérable uniformité. Ce sera éternellement un devoir pour le fils de respecter son vieux père, et le duel ne reprendra jamais, à nos yeux enfin ouverts sur sa valeur réelle , le caractère obligatoire dont l'humeur belliqueuse et l'excessive susceptibilité de nos sociétés modernes l'avaient si malheureusement revêtu.
Le devoir oblige la liberté; tous les moralistes sont d'accord sur ce point; mais a-t-il le pouvoir de la déterminer par lui-même, comme quelques-uns le prétendent, ou bien, au contraire, comme d'autres le pensent, aucun jugement, aucun acte purement intellectuel n'affectant la volonté, faut-il admettre entre la perception du devoir et la détermination volontaire une émotion, un sentiment, c'est-à-dire un intérêt 3ui comble la distance et introduise le précepte rationnel dans le monde e l'action? Nous croyons, avec Clarke, avec Priée, avec Kant^ que le devoir n'est pas seulement une lumière, qu'il est encore un mo-bile; nous croyons, avec le genre humain tout entier, qu'on peut faire le bien pour le bien , qu'on peut remplir son devoir par la seule considération du devoir : Virtutem amplectimur ipsam.
Quoi donc! ne nous arrive-t-il jamais d'obéir à la règle , d'observer bt loi f sans autre motif que celui d'observer la loi ^ d'obéir à la règle ?
L'histoire n'a-t-e1]e pas ses Aristide qae la jastice seule anime et inspire ? N*est-il pas des hommes que possède le saint enthousiasme du beau et du bien , et qui, loin d'être conduits à Taccomplissemeutda devoir par Tespoir du plaisir, ne se permettent le plaisir qu'autant qu'il se présente à eux sous les couleurs du devoir? Si Tintervention de la sensibilité était absolument nécessaire pour provoquer nos déterminations , cette intervention en serait la véritable cause; n'ayant aucun pouvoir par elle-même, ni sur elle-même, notre volonté ne serait plus libre. De plus, au lieu de nous être prescrit par la raison, au lieu de nous être imposé comme obligatoire et juste , l'acte que nous appelons morale* ment bon devrait nous être proposé comme simplement désirable, comme moyen de plaisir. Dans cette hypothèse^ la liberté n'est qu'une chimère, le devoir n*est qu'un mot.
Mais l'expérience psychologique proteste hautement contre ces conclusions funestes. Le devoir se montre à nous comme un principe qui non-seulement ébranle par lui-même notre volonté , mais qui , en outre, repousse formellement le concours des mobiles étrangers qu'on voudrait lui adjoindre, c'est-à-dire, au fond, lui substituer. L'intention n*est moralement bonne qu'autant qu'elle obéit sans réserve, sans arrièrepensée , au précepte moral. L'homme de bien écarte du conseil où ses déterminations s'arrêtent toute considération empruntée à la sensibilité. L'acte qui nous est prescrit sera-t-il d*nne exécution facile ou pénible? Le succès en est-il assuré ou incertain ? Nous en reviendra-t-il quelque avantage extérieur ou intérieur, prochain ou éloigné? Autant de questions dont la solution nous est, au point de vue moral, complètement indifférente; autant d'éléments qu'il nous est interdit d'admettre dans nos délibérations! Ne faisons pas de l'agent moral un spéculateur plus ou moins habile ; la vertu est quelque chose de mieux qu'un calcul ! Veux le bien pour le bien. Fait ce que doit, advienne que pourra. La condition sine qua non de la moralité , c'est le détintérestemenL
Gardons-nous de confondre, avec le sensualisme de tous les pays et de tous les âges , deux phénomènes essentiellement différents , le juste et l'utile. La loi morale est obligatoire; la règle d'utilité pratique ne l'est point ; elle ne pouvait pas l'être; le résultat matériel de mon acte dépend rarement de moi , il est presque toujours entre les mains du sort. Le devoir n'a trait qu a l'intention ; l'action ne le touche qu'autant qu'elle est intentionnelle et dans ce qu'elle a d'intentionnel. « A parler rigoureusement , il n'y a pas d'action morale , il n'y a que des intentions morales. » (V. Cousin, Fragments philosopha) L'intérêt, au contraire, ne regarde que le résultat extérieur ; Tintention ne le touche point. Que m'importe, à moi qui souffre, votre stérile bienveillance? c'est un remède efficace que mes douleurs attendent. Le principe de la moralité est un et invariable; rien de plus variable et de plus complexe que le prétendu principe de l'utilité. Le premier est impersonnel ; il sutmrdonne la partie au tout , la sensibilité individuelle à l'ordre universel; à lui le dévouement, l'abnégation, l'héroïsme. Le second, étroitement personnel, subordonne le tout à la partie, l'ordre universel à la sensibilité individuelle ; à lui l'amour exclusif et démesuré de soi-même ; à lui régolsme! Agis de telle sorte, me dit le devoir, que tu puisses con-sidérer la condition déterminante de ta voUmté comme une loi uniter"
9€lte. Que me ditrintérèt? Tu agiras de telle sorte, que le motif détermi^ nant de ta volonté ne convienne précisément et absolument qu'à toil
Mais pour être distincts , et souvent même opposés , ces deux mobiles D*en sont pas moins également nécessaires à la conservation de l'espèce et de la société. Supprimez Tintérêt; Findividu s'abandonne aussitôt loi-méme et oublie jusqu'aux conditions les plus essentielles de son existence. Supprimez le devoir, et que l'intérêt devienne notre loi exclusive; la sensibilité 9 à laquelle rien ne fait désormais équilibre, exalte ce qu*il y a en nous de personnel ; le moi se pose y dans chaque individu, comme le centre de toutes choses; il pourra se former encore des associations passagères ; mais il n'y a plus de société.
Voilà pourquoi il n'est pas d'action vraiment utile qui ne soit juste y d*action vraiment nuisible qui ne soit injuste; et réciproquement. Tout devoir accompli entraînant avec soi un sacrifice , il est juste que nous en soyons dédommagés. Toute infraction à la loi morale , au contraire , amenant un désordre qui nous est imputable et dont nous avons illégitimement tiré parti , il convient qu'une réparation nous soit demandée. De là les idées de mérite et de récompense , de démérite et de punition, qui s'attachent invinciblement, les premières à l'idée d'une action moralement bonne, les secondes à lidée d'une action moralement mauvaise. De là, en d'autres termes, la nécessité d'une sanction.
Cette sanction est double. £n premier lieu , elle est actuelle ou terreêtre. En général, l'homme de bien est payé, même ici-bas, de son dévouement et de sa soumission à la règle qui lui est proposée, par les joies de sa conscience , par l'estime et 1 admiration de ses semblables , par les avantages matériels auxquels, le plus ordinairement, la vertu arrive , en dépit des obstacles qu'on accumule sur son chemin ; même ici-bas , le méchant est puni de ses chutes volontaires , de son coupable asservissement au mal , par ses remords, par le mépris public, par les misères de tout genre dont le vice, quelque habile qu'il soit, évite rarement l'atteinte.
En second lieu, elle est ultérieure ou divine, La justice absolue n'est pas de ce monde. Il n'a pas été donné à l'homme d'attribuer, dans une proportion parfaite , au mérite sa récompense , au démérite sa punition. Trop souvent la vertu , modeste ou sublime , nous échappe , par son humilité ou sa grandeur, et plus souvent encore les moyens nous manquent pour la récompenser dignement. Celte demi-justice, dont il faut que nos sociétés humaines se contentent, aura son complément quelque jour et quelque part. Une autre vie nous est assurée où, toute àme étant à nu sous les yeux du souverain juge, chacun de nous sera définitivement estimé ce qu'il vaut et rétribué selon ses œuvres.
Mais, ultérieure ou actuelle, terrestre ou divine, la sanction n'est, pour l'agent véritablement moral, qu'une conséquence de son acte; elle n'en est pas , elle n'en peut pas être le principe : le devoir reste toujours le motif unique, exclusif de ses déterminations. « Le bonheur n'est même un droit, qu'autant qu'il n'a pas été un motif; il est permis tout au plus comme espérance; comme but direct, il cesse d'être légitime, et du haut rang ou l'élevait sa subordination à la vertu , il retombe parmi ces mobiles sensitifs avec lesquels la raison pratique n'a rien à voir. » . (Y. Cousin , Traduction de Platon, argument du Philèhe,)
9i DEVOIR.
S*. Mais d*oà vient cette loi qui s^impose ainsi à notre libre activité, el comment en acqoérons-nous l'idée?
Quelques philosophes , tant anciens que modernes y font sortir la loi morale de la loi positive, qu'ils rapportent elle-même à une convention tacite ou expresse provoquée par des intérêts communs. C'est renverser complètement Tordre dans lequel les choses se succèdent; c'est prendre l'effet pour la cause et la cause pour Teffet. Loin d'être le résultat de quelque contrat particulier, de quelque pacte social , la loi morale est la hase sur laquelle tout contrat s'appuie, sur laquelle tout pacte se fonde ; c'est à leur conformité avec elle que nos législations empruntent œ qu'elles ont de puissance universellement reconnue, d'incontestable autorité. Que demandons-nous avant tout aux articles inscrits dans nos codes? Qu'ils soient utiles? non; mais qu'ils soient justes. Si une convention avait donné l'existence à l'obligation morale, une autre convention pourrait la lui enlever. Le devoir, décrété la veille, serait, sans difficulté aucune , rapporté le lendemain. Nous serions surtout admis à le modifier selon nos caprices et nos intérêts du moment; il nous suffirait de vouloir pour que la vertu devint le vice et le vice la vertu.
La loi morale n'est pas d'institution humaine. Est-elle d'institution divine ? La loi, en général, est un rapport inhérent à la nature des êtres ; la loi morale est un rapport inhérent à la nature des êtres doués de raison. Elle est donc nécessairement en Dieu ; elle fait partie de Dieu. La raison divine en est le fondement, la condition première. Dieu la trouve en lui , comme il y trouve tout ce qui est de lui ; il ne la fait pas, il ne la crée pas , parce qu'il ne se fait pas> parce qu'il ne se cr^ pas lui-même. Il ne peut pas davantage la transformer, la modifier; ce serait transformer, modifier son essence. Comprenons-nous d'ailleurs la volonté divine faisant ou défaisant à son gré la raison divine ? Est-ce parce que Dieu la veut, qu'une chose est juste? N'est-ce pas, au contraire, parce qu'elle est juste qu'il la veut?
Mais si la loi morale est étemelle et immuable de sa nature, la connaissance que nous en prenons commence dans un temps déterminé. Il est donc important de rechercher sous quelles conditions cette connaissance apparaît en nous , et comment elle arrive à son complet développement.
Une, absolue, invariable, l'obligation morale se produit dans des actes multiples , relatifs et divers. C'est dans ces actes que d'abord l'intelligence la saisit. Une faculté spéciale reconnaît el proclame telle dé* tcrminalion moralement bonne, telle autre moralement mauvaise. Cette faculté , c'est la conscience morale.
L'esprit ne s'en tient pas aux notions particulières que cette faculté nous donne. A peine avons-nous constaté que telle action est moralement bonne , telle autre moralement mauvaise , qu'aussitôt nous concevons pourquoi elle porte ce caractère , et pourquoi toute action du même genre le portera comme elle. Au-dessus de la détermination particulière que nous approuvons ou condamnons, nous apparaît la règle au nom de laquelle notre jufïcmenl se prononce, d'abord sans se bien comprendre, ensuite avec la pleine el entière connaissance de ce qu'il fait. Cette règle, c'est le principe même ou Vidée du devoir; idée universelle, nécessaire, immuable, ainsi que nous l'avons démontré. Cette idée n'exige
DEXIPPE. 95
pas y pour se former en nous , comme les généralités d'un ordre inférieur, une longue et patiente comparaison de plusieurs phénomènes plus ou moins analogues; ces phénomènes essentiellement relatifs , ne sauraient donner une règle absolue, une règle qui ne souffre pas d'exception. La faculté intellectuelle à laquelle cette idée est due, c'est la faculté qui nous transporte immédiatement, instantanément , d'une première et unique expérience à la conception de l'absolu; c'est la raison. Tous les grands systèmes de philosophie se sont occupés de l'idée du devoir. On trouvera à peu près ce que la plupart de ces systèmes contiennent de plus important sur la question que nous venons de résoudre^ dans {Histoire de la philosophie morale , par sir James Mackintosh y traduite en français par M. Poret (in-S*", Paris ^ 183i^). 11 faudra y joindre \es Principes métaphysiques de la morale, par Kant, et la Critique de la Raison pratique, £nûn> on pourra consulter l'ouvrage suivant par l'auteur de cet article : Essai sur les bases et les développements de la maraUtô, in-8% Paris ^ 1835. A. Ch.
DEXIPPE* qu'il ne faut pas confondre avec l'historien de ce nom, comme l'a fait Vossius, était disciple de Jamhlique, et florissait vers le milieu du iv** siècle. Il est connu par un petit ouvrage fort bien composé sor les Catégories d'Aristote. C'est un dialogue en trois livres entre lui et SéléucuSy l'un de ses disciples. L'élève propose des questions et des doutes plus ou moins graves y et le maître donne sur chaque difficulté des solutions précises et le plus souvent fort élégantes. Le premier livre de ce dialogue est consacré aux Catégories mêmes ; les deux autres à défendre les Catégories contre les attaques de Plolin. C'est une polémique curieuse dont l'histoire de la philosophie n'a pas en général tenu assez de compte ^ et qui doit désormais y prendre place. Les arguments de Dexippe sont en général très-clairs, très-précis, et ils repoussent victorieusement ceux de Plotin. Dexippe, qui a le titre de philosophe platonicien dans tous les manuscrits, soutient, dans ce petit ouvrage, une doctrine toute péripatéticienne ; mais il n'y a rien en ceci qui doive étonner, et bon nombre de platoniciens ont, comme lui, défendu les principes d'Aristote.
L'ouvrage de Dexippe n'a point encore été publié en grec, quoiqu'il méritât certainement de l'être. La grande édition de Berlin en a donné quelques fragments très-courts dans le quatrième volume des Commentaires sur les Catégories; mais ces extraits sont tout à fait insufûsants pour faire connaître le style et la manière de Dexippe. Son ouvrage entier n'est connu jusqu'à présent que par la traduction latine de Bernard Félicien, publiée en 1549 (in-S*", Paris), avec une traduction de l'ouvrage de Porphyre par demandes et réponses sur les Catégories; ce travail a été reproduit en io-f'y 156G. Le texte original se trouve dans plusieurs manuscrits de la bibliothèque Médicis , de la bibliothèque de Madrid, et ce serait un service assez important à rendre à la philosophie que de le publier complètement. Yriarte, dans son catalogue, a donné en grec, d'après le manuscrit de Madrid , l'index des chapitres des deux premiers livres. Il parait qu'outre cet ouvrage de Dexippe, les manuscrits contiennent un second dialogue avec Séleucus et, de plus , un dialogue spécial sur la quantité. Les monuments de la philosophie au