C DIAGORAS
lY*" siècle sont trop peu nombreux pour qu'il ne soit point à désirer de voir reproduire ceux-là. La traduction de Félicien suffit pour prouver que cette publication ne serait pas sans utilité. B. S.-H.
DIAGORAS BB Mélos y Tun des sopbistes qui précédèrent Socrate, n'a rien fait pour la science et n'aurait aucune place dans son histoire , si linc saine philosophie ne se devait à elle-même de protester contre des absurdités dangereuses.
Ce disciple, cet affranchi de Démocrite, avait, dit-on, commencé par la superstition. Dans ses dithyrambes, il avait chanté l'Esprit et le Destin , qui produisent tout (Sextus Emp., Adv. Phyi,, lib. ix, c. 53). Chose digne de remorque quoique bien naturelle , il a Gni par Tathéisme. Trompé par un dépositaire inGdèle qui se parjura et ne fut pas puni , il cessa de croire a la Providence et nia Dieu par impuissance de s'élever jusqu'à l'idée de l'étemelle justice.
Malgré les susceptibilités religieuses de l'antiquité , peut-être eût-9 réussi à vivre en paix sll n'eût fait que mettre en péril les hautes et saintes vérités de la religion naturelle. Mais il s'avisa de toucher aux pratiques des religions populaires et même au culte des divinités locales. A Samothrace, quelqu'un lui citait comme démonstration de la Providence, le grand nombre d'offrandes faites aux dieux Cabires, par les navigateurs échappés du naufrage. « Que seraitrce , réponditril , si tous ceux qui ont péri avaient pu apporter les leurs? » A Athènes, en compagnie d'Alcibiade et d'autres jeunes gens, il osa contrefaire les cérémonies d'Eleusis : c'était se perdre infailliblement. On l'accusa devant les tribunaux : 1*" d'avoir tourné en ridicule les mystères sacrés des grandes déesses ; 2<* d'avoir divulgué ces mystères; 3** d'avoir détourné ses amis de s'y faire initier. Diagoras prit la fuite : il y allait de sa vie. En la xci* olympiade, entre les années 416 et 412 avant notre ère, fut renda et gravé sur la pierre le décret qui le déclarait coupable et prononçait sa condamnation. Par ce décret, sa tète était mise à prix : un talent était promis à qui le tuerait; deux talents à qui le livrerait vivant. Diagoras échappa à tant de périls, et mourut paisiblement à Corinthe, où il s'était retire.
Quelques critiques, Pères de l'Eglise pour la plupart, ont insinué que Diagoras n'avait peutrêtre pas nié Dieu, mais seulement les dieux populaires. Cette interprétation qui ferait de l'affranchi de Démocrite un martyr de la vérité comme Anaxagore et comme Socrate, a contre elle le texte formel de Cicéron {deNaL deor., lib. i, c. 1). Le fait seul dont s'autorisa Tincrédulité de Diagoras, prouve qu'elle n'a pas le moindre fondement. Perdre toute foi en la justice divine, nier la Providence avec la vie future , n'est-ce que nier Apollon et Jupiter?
Les seuls auteurs à consulter sont : le Scoliaste d'Aristophane ( Oiseaux, v. 1073 ) qui donne le décret porté contre Diagoras. — ^xtos Empiricus, Adv. Phys., lib. ix,c. 53^ Hypot, Pyrrh.,\ib. m, p. 218. — Cicéron, de Nat. deor., passim. — Valere-Maxime, liv. i, c. 1. D. H.
DIALECTIQUE. Née en Italie, dans l'école d'Elée , la dialectique était d'abord une argumentation dialoguée par laquelle Zenon , qu'on en appelle quelquefois l'inventeur, établissait la doctrine de l'immobilité