‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 25 sur 135 · DISTINCTION · texte numérisé non relu

DISTINCTION

s'excluent , comme rien n*indiqae nécessairement que celte énumération est complète y il en résulte que , dans ce cas , cet argument^ n'ayant rien de nécessairCyest plutôt un argument probable qu'un argument démonstratif. Il est d'ailleurs bien rare que Ténumération disjonctive soit complète; on entrevoit quelques attributs^ et Ton croit avoir tout examiné. De là vient que « les fausses disjonctions sont, comme le dit Port-Royal {Logique, 3' partie , c. 12) , une des sources les plus communes des faux raisonnements des hommes. » J. D. J.

DISTIXCTIOX [^laîpiai;]. Ce terme de logique a reçu plusieurs acceptions. Dans récole on traitait de la distinction réelle et de la distinction de raûon. Par distinction réelle, on entendait celle qui se trouve dans les objets mêmes y indépendamment de toute conception de ces objets : par exemple , les étoiles , les hommes , la volonté , le mouvement , etc. On établissait que cette distinction est de trois sortes : de chose à chose, comme de Dieu à homme ; de mode à mode, comme de bleu à blanc , de sentira vouloir; et de mode à chose, comme de corps à mouvement , d'homme à liberté. Par distinction de raison, on entendait celle que nous faisons en séparant par un acte de la pensée des choses unies et inséparables dans la réalité y comme quand on ne considère dans un corps que sa longueur, ou sa largeur, ou sa profondeur. On ajoutait que la distinction réelle se fait en niant une chose d'une autre : Scipion n'est pas Ànnibal; et la distinction de raison en considérant une qualité sans l'objet auquel elle est unie, ou sans les autres qualités qui raccompagnent. Ces deux expressions, empruntées d'Aristote, ne sont plus guère en usage : on dit généralement abstraction au lieu de distinction de raison , et souvent différence au lieu de distinction réelle {Voir les articles Abstraction et DiPFÉREiHCE. On peut aussi consulter Bossuet, Logique, liv. i, c. 25).

Deux autres sens sont encore donnés à ce terme. Suivant Tun', la distinction consiste à séparer un objet de connaissance de tout ce qui n'est pas lui ; suivant l'autre , à discerner et à expliquer les divers sens d'un mot confondus dans un argument.

Prise dans le premier de ces deux sens, la distinction fait partie de l'observation , et est le préliminaire obligé et la condition de toute bonne analyse. Nul objet n'existe isolé dans la nature, et de là vient qu'en apercevant un objet , on l'apergoit néeessairement uni à d'autres objets, et que toutes nos connaissances sont d'abord obscures et confuses. Or, avant de rechercher par l'analyse quels sont les éléments d'un objet , il faut l'avoir séparé des objets avec lesquels il se trouve en rapport , l'avoir exactement réduit à lui-môme, afin de ne point lui laisser des éléments étrangers qu'on serait exposé à prendre pour des éléments essentiels, ce qui fausserait l'analyse d'abord , et plus tard la synthèse. Ceci suffit pour faire comprendre combien la distinction est importante, et quels soins on doit mettre à ne point laisser, par une distinction trop superficielle, des acce>ssoires étrangers confondus avec les éléments naturels, comme aussi à ne point rejeter, par une distinction trop sévère, ou plutôt par une exclusion arbitraire, des éléments constitutifs et essentiels. Il faut donc faire celte opération avec précision et exactitude, et ne voir ni plus ni uîoins que ce qui rentre essentiellement dans la nature de l'objet observé.

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