DIVISION
n arrive souvent que ^ dans un argument, on donne à une expression trop ou trop peu d^extension, ou qu'on réunit sous un seul terme deux idées différentes , soit qu'on les ait confondues à dessein , soit qu'on n'ait pas vu les différences qui les séparent. Pour répondre à un semblable argument , il convient de distinguer ces deux sens et de les définir exao* tementy et de montrer comment la conclusion , vraie pour un sens, ne Test plus pour l'autre, ou comment elle est fausse pour les deux sens^ et ne paraissait vraie qu'à la faveur de la confusion. Les scolastiques avaient fait le vers suivant, pour rappeler les lois de ce genre de réponse :
Divide, deGni, concède, negato, probato.
C'est-à-dire qu'après avoir distingué les deux sens que renferment les prémisses, il faut définir exactement chacun de ces sens, accorder ce qui parait vrai , nier le rapport qui parait faux , et prouver enfin ce que Ton oppose soi-même. C'est par la distinction que l'on résout les divers sophismes fondés sur une ambiguïté de mots.
Toutes les fois que Ton fait usage de la distinction , il faut prendre garde de séparer des idées ou des rapports qui sont naturellement inséparables, et de se laisser aller ainsi a des distinctions subtiles et captieuses , ressources ordinaires des gens de mauvaise foi. Toutes les distinctions doivent être prises dans la nature même, et selon le point d^ vue particulier sous lequel on considère l'objet en question (Aristote, Topiques, liv. viii, c. 7). J. D. J.
DIVISIOX, partage d'un tout en ce qu'il contient.
Platon cherche dans un de ses dialogues , le Politique, ce que c'est que l'homme. Le concevant d abord comme un être animé, il distingue parmi les êtres animés ceux qui vivent en troupe et ceux qui vivent isolément. Parmi les animaux qui vivent en troupe, ceux qui vivent dans les airs ou dans l'eau et ceux qui vivent sur la terre; et enfin ceux qui ont deux pieds et ceux qui en ont davantage. Il conclut que l'homme est un animal à deux pieds sans plumes.
Si on veut n'envisager ici que la méthode, sans être arrêté par la puérilité du résultat, on recx)nnaitra que le procédé suivi par Platon consiste à séparer les éléments d'une totalité, à marquer les termes parti*culiers compris sous un terme commun , et , pour tout dire, à développer l'extension d'une idée. Celte opération logique, qui ne diffère de l'analyse que par quelques nuances, a reçu le nom de division. Socrate et Platon la regardaient comme une des parties essentielles de la méthode, et Aristote, qui y attache moins d'importance, en reconnaît cependant les avantages et en a tracé les règles. Elle est, sans contredit, trèsfamilière à l'esprit , et elle exerce une influence notable sur le jeu de ses facultés. C'est à elle que nous devons d'éclaircir nos idées, de les exposer avec ordre et de pouvoir les retenir. On relient mal et on oublie vite ce qu'on ne sait que confusément.
11 peut arriver que l'objet à diviser soit une simple juxtaposition de parties réellement distinctes, comme les quartiers d'une ville et les ap> parlements d'une maison : le partage de l'idée totale prend alors le nom departitioiii dans les autres cas, il retient généralement celui de i/ivifibn.