DODWELL
autant de groupes qu'il y a de villes en Europe^ sans tenir compte de la division supérieure des royaumes.
Une dernière règle qui n*a pas toujours été suivie , et qui cependant n a pas moins d'importance que les précédentes , c'est que les divisions doivent être resserrées dans de justes bornes. Pour peu qu'on les pousse trop loin y comme les scolasliques en avaient la funeste habitude, elles fatiguent Imtelligence, et Taccabient au lieu de la soulager. On a obscurci Tobjet dans Tespérance de Téclaircir, et il fmit par échapper au regard et se perdre dans une poussière confuse. Simile confuso est quidçuid in pulverem secium est, ix dit Sénèque.
Considérée dans les ouvrages de l'esprit , la division pourrait donner lieu à beaucoup d'autres remarques; mais nous n'avons à l'envisager ici que sous le point de vue pliilosophique.
Consulter : Aristote, Analyt. Post., lib. ii^ c. 13. — Logique de Port" Royal, liv. ii. G. J.
DIVINITÉ. Voyez Dieu.
DOCÉTISME. Voyez Gnosticisme.
DODWELL (Henri), né à Dublin en 16&.1, professeur d'histoire à rUniversité d'Oxford , de 1688 à 1691 , et mort a Shottesbrooke , en 1711 y s'est principalement rendu célèbre par ses écrits thcologiques et ses savants travaux sur plusieurs points d'archéologie et de philologie ; mais il appartient aussi y quoique d'une manière indirecte , à l'histoire de la philosophie , par la discussion qu'il souleva entre Collins et Clarke sur rimmorlalité de l'âme et sa nature immatérielle. Déjà, en 1672, dans une lettre qu'il publia sur la manière d'étudier la théologie, il avait soutenu que l'Ame est naturellement sujette à la mort, mais qu'elle devient immortelle par un esprit d'immortalité que Dieu y ajoute en ceux qui vivent dans son alliance. Ce paradoxe, soit qu'il n'eût pas été compris, soit qu'il ne fût pas à sa place, étant longtemps resté inaperçu, Dodwell entreprit de le développer, d'abord dans un écrit sur le mariage, publié en 170^, et deux ans plus tard , dans un discours sous forme de lettre {Epislolary discourse) dont il nous suffira de traduire le titre, d'une longueur peu ordinaire, pour en faire connaître l'esprit et le contenu : Discours épistolaire , où, Von prouve par les Ecritures et les pre^ miers Pères que l'âme est U7i principe naturellement mortel, mais que la volontd de Dieu, afin de le punir ou de le récompenser, a rendu actuelle-' ment immortel en vertu de son union avec Vesprit divin communique dans le baptême, et oii Von fait voir que, depuis les apôtres, personne, à Vexception des évéques, n*a le pouvoir de donner le divin esprit immorta^ /wani, in-8°, Londres, 1706. Une telle proposition dut soulever contre Dodwell un grand nombre d'adversaires, tant parmi les théologiens que parmi les philosophes. C'est ce qui arriva. Samuel Clarke, encore jeune alors , mais déjà en possession d'un nom très-respecté, fut un des premiers qui entrèrent en lice. 11 publia pendant la même année, une lettFC où il réfute , avec beaucoup d'érudition et de logique, tous les arguments employés dans le Discours épistolaire (A letter to M. Dod^ well, etc., in-S*", Londres, 1706). Celle lettre en provoqua une autre