‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 29 sur 135 · DOGMATISME · texte numérisé non relu

DOGMATISME

dans un sens contraire de la part de CoUins {A letter to the leamed Af . H. Dodwell, containing some remarks on a pretended démonstration of the immateriality , etc., in-8*, Londres ^ 1707). Dès lors la discussion cessa d'être théologique, pour rentrer entièrement dans le domaine de la philosophie. Dodwell en disparut , laissant en présence Tun de Taulre son adversaire et son défenseur.

Dodwell s*est acquis des titres plus réels à notre reconnaissance, en publiant quelques dissertations sur divers points très-obscurs de l'histoire de la philosophie : Appendice concernant V histoire phénicienne de Sanchoniathon, en diUgims y in-8% Londres, 1791; — Apologie des oBuvres philosophiques de Cicéron, servant de préface à la traduction anglaise du de Finibus, publiée par Parker, in-S", ib., 1702; — Exercitationes duœ : prima de œtate Phalaridis; secunda de œtate Py^ thagorœ philosaphi, in-8*, ib., 1699-1704.; — De Dicœareho ejusque fragmentis, dans le Recueil des anciens géographes (Geographiœ veteris scriptores), publié par Hudson, 4. vol. in-S*», ib., 1698-1712.

DOGMATISME. Avant toute discussion sur la nature des choses qbe nous désirons connaître, il y a la question de savoir si la connaissance elle-même et, par conséquent, si la science est possible, si l'esprit de l'homme peut atteindre à la vérité. Cette question est résolue de trois manières : les uns veulent que la vérité se dérobe éternellement à nos recherches, qu'il n'y ait pour nous aucun moyen de la discerner de l'erreur, et que nous soyons condamnés à un doute universel et irrémédiable. Ce sentiment a reçu le nom dé scepticisme. Les autres pensent que la vérité n'est pas refusée à l'homme, qu'il lui est donné, au contraire, de la puiser à sa source la plus élevée et la plus pure; mais à la condition qu'il renonce à lui-même et à l'usage de sa raison , naturellement trompeuse; qu'il s'abandonne à une certaine inspiration ou intuition supérieure à la raison; qu'il se laisse entraîner et absorber par ce mouvement intérieur, au point de perdre le sentiment de son existence et de s'anéantir en Dieu. Cette opinion , qui suppose la précédente et s'appuie en partie sur elle, a été appelée le mysticisme. D'autres, enfin, sont pleins de confiance dans nos facultés intellectuelles, et croient qu'elles nous découvrent la vérité quand nous savons nous en servir, c'est-à-dire quand nous les soumettons à certaines règles d'ordre, de méthode, de circonspection, qui résultent de leur nature même. Cette foi dans la raison humaine pour toutes les choses dont la raison, dont les facultés humaines, en général, nous suggèrent l'idée, voilà ce qui constitue le dogmatisme. Pascal a très-bien caractérisé les partisans du dogmatisme, qu'il appelle les dogmatistes, et ceux du scepticisme, également connus sous le nom de pyrrhoniens , quand il dit que les uns ont voulu ravir à l'homme toute connaissance de la vérité, et que les autres tâchent de la lui assurer. C'est d'après cela qu'il met chacun dans la nécessité de choisir entre les uns et les autres. « 11 faut que chacun prenne parti et se range nécessairement ou au dogmatisme ou au pyrrhonisme : car qui penserait demeurer neutre serait pyrrhonien par excellence; celte neutralité est l'essence du pyrrhonisme .-qui n'est pas contre eux est évidemment pour eux. » Cependant, comme il ne choisit pas lui-même et qu'il déclare les deux opinions également

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