‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 32 sur 135 · DUALISME · texte numérisé non relu

DUALISME

temps sans bornes, Zerwane-Akérène y qui les a tirés l'un etTantre de son sein ; et d'ailleurs le bon génie doit unir par l'emporter sur le mauvais; Ormuzd triomphera d'Ahrimane^ qui lui-même fut d'abord un esprit de lumière, et le monde régénéré jouira d'une félicité, sera revêtu d'un éclat inaltérables. Le dualisme, dans toute sa nudité, n'a été admis que par les Magusiens, une secte particulière de la religion des mages, dont elle déûgurait les principes. C'est là que Bardesane et Manès furent le chercher pour le répandre , en le mêlant à des idées d'un autre ordre , au nom même du christianisme. Encore faut-il remarquer que, dans la pensée de ces deux célèbres hérésiarques^ les deux principes, quoique tout à fait indépendants l'un de l'autre, ne sont point placés sur le même rang. Satan, le roi étemel de la matière, qui remplace ici Ahrimane, est beaucoup moins puissant par TinteUigence et la force que le père inconnu ou le Dieu bon, le roi du Plérôme ( Voyez GnosTicisME et Perses).

Le dualisme philosophique a pour but d'expliquer, non pas l'origine do mal dans l'univers , mais l'origine et la nature de l'univers lui-même^ dans lequel l'universel et l'invisible , c'est-à-dire l'unité, l'ordre , l'intelligence et la vie, se décèlent sans cesse au milieu du visible et du contingent sous les formes grossières et fugitives qui affectent nos sens» Se ee point de vue à celui qui nous a occupés d'abord , il y a toute la distance de Timagination à la réflexion, delà mythologie à la métaphysique. Aussi les deux principes reconnus par les philosophes ne sontils plus deux personnes morales, deux êtres pourvus des mêmes facultés, quoique opposés dans lusage qu'ils en font; mais deux essences tellement différentes, que l'une est précisément la négation de l'autre : nous voulons parler de la matière et de l'esprit ; de la matière première^ destituée de toute forme , de toute vertu , de toute qualité positive , et de l'esprit, ou plutôt de l'intelligence infinie, contenant en elle, dans leur état le plus pur, toutes les formes possibles , source unique de l'ordre, de la force efficace et de la vie. Sans doute il serait difficile de dire ce qu'il y a de réel dans la matière ainsi comprise ; il n'en est pas moins vrai que la plupart et les pins célèbres des philosophes de la Grèce, l'ont conçue dans cet état comme le principe éternel, comme la substance nécessaire du variable et du contingent, sans laquelle l'intelligence, c'est-à-dire Dieu , n'aurait pu construire le monde. Pythagore se la représentait comme un nombre divisible à l'infini, comme la dyade indéterminée. Platon lui conserve le même nom et lui en applique quelques antres qui n'expriment pas des qualités plus positives; il la confond avec l'espace , avec la pluralité ou le nombre , avec la quantité indéterminée; il l'appelle l'autre, le divers, le non-être, etc. Pour Aristote, elle est l'être en puissance, le simple possible, mis en parallèle avec rêlre en acte ou le moteur universel. Les stcHciens eux-mêmes, tout en inclinant dans leur physiologie à une sorte de panthéisme matérialiste , regardaient le monde comme un composé de deux essences . de deux principes inséparables, dont l'un était l'âme ou la raison universelle, la force qui anime toute la nature; Tautre, parement passif, était la matière dépourvue de qualité (xwcic; 5Xr.). De tous ceux qui ont reconnu les deux principes, Anaxagore est peut-être le seul qui ait fait de la matière une existence réelle , contenant dans son sein y à l'état db

Page 1