DURAND
Arrivé à ce point, le réalisme n'avait plus qu'à porter la peine de ses propres erreurs^ aussi ne tarda-t-il pas à élre attaqué et détrôné par le noroinalisme > son ancien adversaire.
Les écrits de Duns-Scot, publiés parWadding, forment 12 vol. in-f*, Lyon , 1639.
On peut consulter sur la vie et les écrits de Duns Scot : la Biographie de Wadding (Vita Joh, Duns Scoti) placée en tôle de son édition des s œuvres de Scot, et publiée à part, in-8^ Mons, 1644.. — Hugo Cavelli , Vita Joh, Duns Scoti, en avant de ses Quœstiones et Senteniiœ, Anvers, 1620; et Apologia pro Joh. Duns Scoto adversus opprohria, calumnias ei injurias, etc., in-12, Paris, 1634. — Mathœi Veglensis Vita Joh. Dunsii Scoti, in-8**, Pavie, 1671. — J. G. Boy vin, Philosophia Scoti, in-8", Paris, 1690 y ei Philosophia quadripartita Scoti, k vol. in-f°, Paris, 1668. Joh. Santacrucii Dialectica ad mentem eœimii magistri Joh, Scoti, in-S**, Londres, 1672. — Fer. £leuth. Abergoni Resolutio doctrines scoticœ, etc., in-8", Lyon , 1643. — Bonaventura Baro, Scotus, doctor subtUis per universam philosophiam defensus , etc, in-f", Cologne, 1664. — Joh. Arada, Controversiœ Theologicœ inter sanctum Thamam etScotum, etc., in-4<*, Cologne, 1620. — Joh. Lalemandet, Decisiones philosophicœ , in-f«, Munich, 1644-1645. — Crisper, Philoiophia scholœ scotisticœ , in-f*, Augsbourg, 1735 ; et Theologia scholœ seotisticœ , 4 vol. in-f», ib., 1748. X. R.
DURAXD DE Saint-Pourçain (Guillaume), auvergnat de naissance, entra dans l'Ordre des frères prêcheurs, fut évéque du Puy en 1318, et de Meaux en 1326. Avant d'être promu à Tépiscopat, il fut appelé à Rome, sur le bruit de sa réputation, et y résida quelque temps en qualité de maître du sacré palais. 11 mourut environ Tan 1332.
Il est à regretter qu'on n'ait pas pu fixer d'une manière positive l'époque de la naissance de Durand de Saint-Pourçain. On saurait par là s'il a précédé Occam dans la réaction du nominalisme contre le réalisme. Cependant, quoiqu'il faille le regarder comme un des promoteurs de cette réaction qui amena le déclin de la scolastique, il est à peu près certain qu'il fut disciple et non précurseur d'Occam, puisque celui-ci brillait dans l'université de Paris en 1320, et que Durand de Saint- Pourçain ne mourut qu'en 1332 environ. Une autre raison en faveur de cette opinion, et qui ne peut laisser aucun doute, c'est qu'il commença par être ardent thomiste , et qu'il n'entra que tard dans la voie des nouveautés anglaises, comme on disait alors en parlant de la philosophie d*Occam. 11 nous suffira donc de parler ici de Durand de Saint-Pourçain, sans entrer, sur le nominalisme, dans des développements qui trouveront plus naturellement leur place ailleurs.
Le réalisme avait reparu avec Duns Scot, et bientôt, par ses excès, il suscita contre lui un système qui s'était montré avec éclat au début de la seconde époque de la scolastique. Durand de Saint-Pourçain fut un des premiers à prendre part à celte lutte , et avec d'autant plus d'ai deur, qu'il trouvait par là un nouveau moyen de combattre les thomistes. C'est ainsi qu'on le voit soutenir, contre ceux-ci , que les âmes ne sont point égales par leur nature, en même temps qu'il semble reconnaître, avec Duns Scot^ que l'essence de l'àine consiste dans une sorte d'acli-