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DUTERTRE

vite incessante; aussi , pour distinguer Tàme de ses facultés, il se fonde sur ce que celles-ci sont quelquefois dans une inaction complète. Il n>st pas moins en désaccord avec les thomistes sur tous les points de controverse qui se rattachent à la question de la volonté. D'un autre côlé , on le voit se séparer de Duns Scot au sujet de l'individuation , et de tout le réalisme de son temps, en affirmant qu'il n'y a que des individus dans la nature. Partout il repousse avec énergie la réalisation des abstractions , affirmant , en outre y que la vérité est , non dans les choses , mais dans l'entendement. L ouvrage où il s'attacha à combattre ses adversaires et à exposer ses propres idées, est son Commentaire des êentences ; là il se montre sage et mesuré, et cependant il fut surnommé le docteur très-résolu , et regardé comme affichant des idées nouvelles. Il n'en était rien, cependant; Durand de Saint-Pourçain , comme adversaire des thomistes et du réalisme, ne disait rien de nouveau ni de bien hardi, surtout quand on le compare à Occam; mais le docteur très-résolu ne s'était pas borné à la spéculation , il était entré avec une certaine fermeté dans le mouvement de son époque , époque de travail au dedans et au dehors.

Les ouvrages de Durand de Saint-Pourçain sont : In Sententias theologicas Pétri Lombardi commentariorvm libri quatuor, in-f**. Les deux dernières éditions de ce livre plusieurs fois réimprimé, sont celles de Lyon , in-f", 1369, et de Venise , in-f*, 1586. De origine jurisdictionum «ire de jurisdictione ecclesiastica et de legibus, in-4°, Paris, 1506. Durand de Saint-Pourçain , malgré son dévouement au saint-siége, montra quelque hardiesse dans cet ouvrage , et plus encore dans le suivant : De statu animarum mnctarum postquam resolutœ sunt a corpore. Ce traité, aujourd hui perdu, ou du moins inédit, avait pour but de combattre Topinion de Jean XXII sur la béatitude des élus jusqu'au jour du jugement. On a encore de lui un petit écrit , Statuta synodi diœcesanœ aniciensin, anni 1320, imprimé dans l'ouvrage du P. Gissey intitulé : Discouru historique de la dévotion à N.'-D. du Puy en Velay, in-S**, Lyon, 1620. Nous indiquerons enfin, dans le tome i" des Œuvres de Launoy, un petit écrit miiiulé : Syllabus rationum quibus Durandi causa defenditur. X. R.

DUTERTRE, de la Compagnie de Jésus, mort à Paris en 1762, commença par professer les opinions de Malebranche au collège de la Flèche, où il était régent de philosophie : mais, ayant été privé de sa chaire, et relégué au collège de Compiegne, il abandonna le cartésianisme, et écrivit même contre la doctrine qu'il avait d'abord contribué à répandre. Celte conversion fut soudaine, sans ménagement, et comme du soir au matin, ainsi que le dit le P. André. «Je ne saurais faire comme le P. Dutertre, qui, en vertu de la sainte obédience , s'est couché le soir malebranchiste et s'est levé le matin bon disciple d'Aristote. » Son ouvrage, qui parut en 1715 (Paris, 3 vol. in-12), est intitulé : Réfutation d'un nouveau système de métaphysique proposé par le P, M..,,, auteur de la Recherche de la vérité, 11 se compose de trois parties, où Malebranche est tour à tour considéré comme disciple de Descartes, comme philosophe original, et comme théologien. Cette réfutation peu profonde, écrite dans un style railleur et tranchant, ne

E. Ali

fait guère plus d'honneur au talent du P. Dutertre qu*à son caractère. Le P. Dutertre est l'auteur d'un autre ouvrage contre Boursier, intitulé : U Philosophe extravagant dans le Traité de l'action de Dieu sur les créatures, Bruxelles, 1716. On trouve quelques détails sur sa vie dans l'Introduction aux OEuvres philosophiques du P. André, par M. Cousin, Paris, 184.3, in-12. — M. Damiron, dans son Mémoire sur Malebranehe, destiné à faire partie du v« vol. des Mémoires de V Académie des Sciences morales et politiques de V Institut de France, a donné une analyse étendue de la Réfutation d'un nouveau système. Cette analyse se trouve déjà publiée dans le Compte rendu des séances et travaux de f Académie des Sciences morales et politiques , t. vi, p. 291 et suiv.

E , dans les termes de convention dont Técole se servait autrefois pour désigner les différents modes du syllogisme, était le signe des propositions générales et négatives. Voyez Syllogisme.

EBERHARD (Jean-Auguste), né en 1738, à Halberstàdt, fut d'abord pasteur à Charlottenbourg , près de Berlin , ensuite professeur de philosophie à Halle. L'Académie de Berlin se Tassocia après avoir couronné un de ses mémoires. Il mourut en 1809. .Attaché à la philosophie de Leibnitz et de Wolf, mais sans renoncer à sa liberté, il combattit avec plus de zèle que de succès la philosophie de Kant et de Fichte. Possédant des connaissances variées, mais superficielles, plus rhéteur que philosophe , plus historien qu'inventeur, il avait tout ce qu'il faut pour plaire à un grand nombre de lecteurs , la clarté et réiégance. Ëberhard créa d'abord un journal, le Magasin philosophie que, où il put attaquer périodiquement la nouvelle doctrine. Un des articles de ce journal commence ainsi : « La philosophie de Kant sera dans l'avenir un document très-curieux pour l'histoire des aberrations de l'esprit humain. C'est à peine si l'on croira que nombre d'hommes d'un mérite vraiment supérieur, parmi lesquels Kant doit être compté des premiers , aient été si fermement attachés à un système dépourvu de fondement, et qu'ils aient pu le défendre avec tant de passion et même de succès. Quoiqu'on ne puisse manquer, en y apportant un esprit libre de préventions, d'être bientôt convaincu que la théorie de Kant ne repose sur rien , il n'est cependant pas inutile d'examiner ici ce système dans tous ses détails. » Il essaye en conséquence de démontrer qu'il n'y a rien de neuf dans la Critique de la Raison pure, qu'elle se trouve sous une autre forme dans le stoïcisme , dans le système de Leibnitz , dans l'idéalisme de Berkeley, etc. Dugald Stewart croyait aussi la reconnaître dans Cudworth. Ëberhard est, du reste, du très-petit nombre des adversaires de Kant auxquels celui-ci ait fait l'honneur de ré- Ëmdre , et cette réponse ne manque ni de solidité ni d'esprit. Comme berhard prétendait surtout que le criticisme se trouvait déjà tout

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