‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 36 sur 135 · EBERSTEIN · texte numérisé non relu

EBERSTEIN

entier dans Leibnitz« son adversaire cherche à loi prouver , et loi prouve peut-être 9 quil n'a pas compris Leibnltz. On ne peut nier, au surphis, qu'il n*eût fait indirex^tement beaucoup de concessions , dont le résultat fut de restreindre davantage la subjectivité de la raison. Quoique la réponse de Kant ait eu beaucoup de succès, puisqu*il en parut deux éditions en fort peu de temps, Eberhard ne se tint pas pour battu: il changea le théâtre de ses opérations, et appela à son secours Schwab , Braslberger et beaucoup d'autres. Il publia pour son compte, dans les Archives philosophiques, des Lettres dogmatiques , genre de composition très-bien approprié à son talent. Hais si des hommes tels qu'Eberhard touchent toujours juste, leurs coups n*ont

Eas assez de force. Une idée peut bien leur apparaître, mais elle ne rille pas longtemps à leurs yeux , et les plus épaisses ténèbres succèdent a cet éclair.

Eberhard admettait une force ou faculté fondamentale unique, qui pense et sent tout à la fois; c'est la faculté représentative ou intellec-. tuelle. Il faisait de cette unité même le fondement de la simplicité du mot. L*àme, suivant lui, est passive quand elle sent, et active quand elle pense. La diversité caractérise la sensibilité, et l'unité le fait de la connaissance. Eberhard a laissé beaucoup d'écrits : Théorie générale de la pensée et du sentiment, in-S*", Berlin, 1776, 1786 (ouvrage couronné par l'Académie de Berlin); — Nouvelle Apologie de Soerate, in-8**, ib., 1772, 1788; — De l'idée de la division et de la philosophie , in-8'*, ib., 1778 ; — Morale de la raison , in-8*», ib., 1781, 1786; — Préparation à la théologie naturelle, in-8'*, Halle, 1781 ; — Théorie des Beaux- Arts, in-8", ib., 1783, 1790; — Histoire générale de la philosopjiie, in-8**, ib., 1788, 1796; — Abrégé du même ouvrage, in-8% ib., 1794; — Courte esquisse de la métaphysique, in-8**, ib., 1794.; — Essai d'une synonymie générale de la langue allemande, accompagnée d^une théorie des synonymes, ib., 1795, 1798, continué par Maass, 6 vol. in-8% 1820, 1830; — Du dieu de Fichte et des faux dieux de ses adversaires, in-8*, ib., 1799; — Manuel d Esthétique, 4 vol. in-8'*, ib., 1803, 1805, 1807; — Esprit du Christianisme primitif. Manuel de l histoire de la culture philosophique, 3 part, in-8'', ib., 1807, 1808; — Mélangea, in-8'*, ib., 1784 , 1788; — Magasin philosophique, 4 vol. in-8'*, ib., 1788, 1789; — Dictionnaire des Synonymes de la langue allemande, in-8% ib.,, 1802, 1819, 1837. — Voyez les Souvenirs de Nicolat sur Eberhard , m-S% Berlin , 1810. J. T.

EBERSTEIX (Guillaume-Louis, baron de), enseigna la philosophie comme simple particulier dans sa terre de Hohrungen , près de Saugerhausen. Il s'est surtout fait connaître par la manière heureuse dont il a traité quelques points d'histoire dans les ouvrages suivants : Essai d*\ine histoire de la logique et de la métaphysique chez le4 Allemands depuis Leibnitz jusqu'à notre époque; ou Essai d'une histoire des progrès de la philosophie en Allemagne depuis la an du dernier siècle jusqu'à r époque actuelle, ouvrage publié par J.-A. Eberhard [Voyez ce nom) dans l'esprit duquel l'ouvrage était conçu. Part, l'», Halle, 1794 , in-8'* ; part. 2' , 1799. Comme Eberstein attaquait la philosophie critique dans cet ouvrage , et qu'il y eut une réponse de la part de

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Kant, il fil paraîlre une réplique inlitulée : De ma partialité, principalement en ce qui regarde une contradiction de M, Kant, in-8**, Halle, 1800 ; — Du caractère de la logique et de la métaphysique des péripatéticiens purs , à Regard de quelques théories scolastiques, in-8°, ib., IgOO; — Théologie naturelle des Scolastiques, avec des additions sur la théorie de la liberté et la notion de la vérité, telles qu'on les trouve chez eux, in-8% Leipzig, 1803. J. T.

ÉCHÉGLÈS, philosophe cynique mentionné par Diogène Laërce (liv. Yiii, c. 46). Nous ne savons rien de lui, sinon qu'il naquit à Epbèse et qu'il était disciple de Cléomène et de Théombrote. X.

ÉCHÉGRATE DE PIILIUS , philosophe pythagoricien , contemporain d'Aristoxène. Diogène Laërce (liv. vm, c. 46) en fait mention sans rien nous apprendre de sa vie ni de ses opinions. X.

ÉGLEGTISME [de UU-m, choisir]. Les alexandrins sont les premiers qui, dans Thistoire de la philosophie , aient érigé récleclisme en système. A ce litre , on le sait , leur prétention avouée était de réunir et de fondre dans un seul corps de doctrine toutes les doctrines antérieures. Ils retrouvaient ou croyaient retrouver sous Tinfinie variété des idées et des croyances, des idiomes et des formules , un fonds commun de vérités éternelles; accueillant , interprétant avec la même facilité les révélations mystérieuses de la cosmogonie antique, et les enseignements réfléchis de l'école. C'est ainsi qu'on les vit plus tard opposer aux solutions données par le christianisme, un ensemble de solutions fondées sur la double autorité de la raison individuelle, et de la tradition philosophique et religieuse : étrange et vaste système où figuraient à la fois tous les systèmes et tous les noms , le sacré et le profane, Orphée et Pythagore, Platon et Aristote, la Grèce et l'Orient. Mais si l'éclectisme eut , pour ainsi dire, une existence officielle avec les alexandrins, il ne s'en était pas moins produit déjà dans les écoles antérieures, chez Platon , chez Aristote surtout , avec d'autres caractères , il est vrai , et dans un autre but. On le retrouve aussi chez Leibnitz; et, de nos jours enfin, il semble présider aux destinées de la philosophie moderne. Qu'est-ce i donc que l'éclectisme? En quoi consiste-t-il à proprement parler? Ne faut-il y voir, comme on l'a prétendu, qu'un syncrétisme grossier des doctrines les plus contraires? que l'absence et la négation de toute philosophie originale ? Ou sinon , quelle en est la raison d'être, la valeur et la portée?

En 1829, M. Cousin, appréciant l'état des études philosophiques en France , écrivait ce qui suit :

« La philosophie n'a aujourd'hui que Tune de ces trois choses à faire :

«i Ou abdiquer, renoncer à l'indépendance, rentrer sous l'ancienne autorité , revenir au moyen âge ;

« Ou continuer à s'agiter (!ans le cercle de systèmes usés quise détruisent réciproquement;

« Ou enfin dégager ce qu'il y a de vrai dans chacun de ces systèmes , et en composer une philosophie supérieure à tous les systèmes , qui les

gouverne tous en les dominant tous , qui ne soit plus telle ou telle philosophie, mais la philosophie elle-même dans son essence et dans son unilé. »

Poser ainsi la question y c'est la résoudre. De ces trois partis , le premier ne serait rien moins que le suicide de Tintelligence humaine; le deuxième la condamnerait à répéter sans (in les mêmes solutions incomplètes ou contradictoires que par le passé; le troisième, et le seul raisonnable, est aussi le seul qui convienne aux besoins et aux lumières de notre époque : c'est celui qu'a embrassé 1 école dite éclectique.

L'esprit de l'écleclisme est donc essentiellement un esprit de tolérance , de conciliation et de progrès. N'adopter ni ne repousser exclusivement aucune doctrine quelle qu'elle soit, mais les accepter toutes comme les produits légitimes de la raison, à la condition de rechercher et de choisir les éléments de vérité que chacune contient, et par suite de les ordonner, de les développer ainsi réunies dans une doctrine supérieure qui soit l'expression la plus fidèle et la plus haute de la vérité tout entière ; voilà, pour le résumer en peu de mots, quel est son

f programme. Faire de l'étude et de la critique approfondie de l'histoire * 'antécédent obligé de la théorie, voilà sa méthode.

Ce programme est-il rationnel, et cette méthode rigoureuse? C'est ce qu'il s'agit d'examiner.

Au premier regard que l'on jette sur l'histoire de la philosophie, on est frappé tout d'abord du nombre et de la diversité des écoles et des systèmes qui se sont succédé depuis les temps anciens jusqu'à nos jours. L'esprit inquiet et troublé se demande si les efforts des plus beaux génies n'ont abouti qu'à donner au monde le misérable spectacle des faiblesses et des aberrations de la pensée de l'homme. Autant d'écoles , en efTet, autant de solutions opposées dont la lutte se perpétue d'âge ei^ âge. Il n'est pas un problème, pas une seule question , sur lesquels on ne trouve à la fois le pour et le contre. Ce que l'un affirme, l'autre le nie. Auquel croire? A quelle doctrine s'attacher, qui ne succombe devant les objections des doctrines rivales? Quel principe invoquer, dont une longue polémique n'ait démontré l'impuissance ou l'abus? Or. ne serait-il pas insensé , dans un pareil état de choses , de songer a ressusciter aucun des systèmes vieillis que nous ont légués les siècles précédents , de Thaïes à Condillac, et de Pythagore à Kant et à Reid ? Du moins entendons-nous le progrès d'une autre façon.

Ira-t-on maintenant recommencer l'œuvre de la science, sans tenir aucun compte de l'expérience du passé? On risque de laisser des lacunes , des omissions ; on s'expose à refaire ce qui a été fait déjà et, qui pis est, à le refaire moins bien. Qui pourrait se flatter, en se condamnant à une ignorance volontaire ou en reculant de plusieurs siècles , d'avoir une plus grande puissance de logique ou d'invention que Platon, Aristote, Descartes, et tant d'illustres penseurs qui se sont dévoués à la recherche de la vérité? Croit-on sérieusement qu'il n'y ait pas à tirer proGt de leurs travaux? Espère-t-on être plus heureux seul qu'avec le concours et l'appui de ces excellents maîtres? Et, nous le demandons, où en seraient la plupart des sciences de nos jours, si les hommes, au lieu (1 associer leurs efforts et de se transmettre comme un saint héritage les découvertes de leurs devanciers , avaient voulu se retrancher

dans un isolement superbe y et reprendre à chaque génération le travail accompli par les générations antérieures? Il faut avoir bien peu lu, du reste, pour s'imaginer que 1 on puisse trouver actuellement, sans s'appuyer sur tous ceux qui nous ont précédés, une solution neuve de quelque importance en philosophie. Toutes les questions capitales ont été défendues, approfondies dans tous les sens; et nos modernes inventeurs, s'ils prenaient la peine de consulter un moment l'histoire, auraient sans doute, par une juste compensation, un peu moins d'admiration pour eux-mêmes, et plus d'estime pour les autres.

Que faire alors? N'y a-t-il donc qu'à subir l'autorité de doctrines désormais condamnées sans retour, au moins dans leurs prétentions exclusives, ou qu'à les répudier aveuglément? L'esprit humain doit-il incessamment ûotter entre cette double alternative, de sacriûer l'avenir ou le passé? Le bon sens répond, et l'éclectisme a répondu, qu'il ne s'agit de proscrire ni le libre examen ni la tradition, mais qu'il faut proclamer leur alliance, de l'histoire dégager la théorie, féconder celle-ci par celle-là, et, au-dessus des différentes doctrines particulières, constituer enûn une doctrine assez vaste pour les admettre toutes avec ce qu'elles ont de vrai et de légitime en soi.

Une pareille tentative n'a rien de chimérique. Il n'y a pas, et il ne peut y avoir, en effet, de philosophie absolument fausse. Qu'on nous dise autrement par quel singulier privilège un système, s'il n'élait que pur mensonge, aurait pu se produire et durer. Ce n'est pas l'erreur pour Terreur elle-même que recherche le philosophe. Quand il étudie la nature, et qu'il tâche d'en pénétrer les secrets au prix de tant de veilles et de fatigues, ce n'est pas sans doute pour substituer à la réalité vivante les vains fantômes de son imagination. Il ne se fait pas un jeu de nier ce qui est, pour affirmer ce qui n'est pas. Loin de là, c'est toujours la vérité qu'il poursuit. Il peut se tromper dans l'appréciation des faits soumis à son examen, exagérer l'importance de l'un, atténuer la valeur de l'autre ; mais il ne saurait se placer en dehors des conditions de son être et des lois qui régissent le monde, jusqu'à prêter une existence positive au néant. Les systèmes ne sont donc pas faux à proprement parler, mais incomplets et exclusifs dans leur prétention de contenir la vérité tout entière. Il est incontestable, par exemple, que la sensation joue un grand rôle dans racquisitiou de la plupart de nos idées ; et les sensualistes , au lieu de s'en tenir à l'énoncé de ce fait trèspositif et très-réel , le dépassent, en concluant que toutes nos idées proviennent de la sensation seule. Les idéalistes, à leur tour, parce que l'esprit découvre en lui-même et lire de son propre fonds des principes qui ne dépendent point de la considération des objets du dehors , veulent tout ramener à ce mode unique de connaître. Des deux côtés même exagération, même erreur, et par conséquent dans l'histoire d'Interminables luttes. La conscience nous attelle que tantôt l'homme obéit aux suggestions de l'intérêt personnel , et tantôt conforme ses actes aux prescriptions de la loi morale : Epicure, préoccupé de l'influence qu'excree sur nos déterminations le motif égoïste, réduira la fin de l'homme à la seule poursuite du bonheur en ce monde; Zenon niera intrépidement le plaisir et la souffrance, pour exalter un héroïsme surhumain. Ce ne sont partout que conséquences outrées, tirées de

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principes vrais et se ruinaDt par des négations réciproques. Ainsi s'explique la coexistence de tant d'écoles opposées dont l'antagonisme se continue à travers les siècles, sans qu'aucune puisse jamais triompher de ses rivales , parce qu'aucune ne renferme Tabsolue vérité. Toutes y participent néanmoins; toutes en réfléchissent quelques rayons sous un certain angle. Il ne faut donc point s'étonner de la contradiction plus apparente que réelle des diverses écoles philosophiques, mais en tirer parti dans l'intérêt de la science , et l'accepter comme un fait qui résulte des lois mêmes de notre nature. L'esprit humain, lorsque sa curiosité s'éveille pour la première fois , et qu'il cherche à se rendre compte des phénomènes qui l'entourent, ne sait pas se plier aux exigences d'une méthode. Il a hâte , avant tout , de sortir de l'état de doute et d'ignorance où il est plongé. A peine un côté de la réalité se découvrc-l-il à ses regards, qu'il s'y rattache, et refuse de rien voir au delà. Le moindre examen lui suffit , et il s'empresse d'en généraliser les résultats, pour les étendre aussitôt , par une induction illégitime, à tout ce qui est. Thaïes , pour avoir observé que l'eau se vaporise sous l'action de la chaleur et se condense sous l'action du froid , n'hésite pas à conclure qu'elle est le principe générateur de toutes choses. Pythagore, engagé dans un autre ordre d'idées, remarque que le solide se décompose en surfaces , la surface en lignes , la ligne en points, et pour expliquer ce qu'il y a de fixe et d'invariable dans la constitution des êtres , il a recours aux propriétés des nombres et de l'étendue géométrique. Chaque solution , incomplète en elle-même, quand on la compare avec la réalité totale, ne laisse pas cependant d'être vraie dans la partie de la réalité qu'elle représente j et, par conséquent, si l'on songe que tant et de si illustres penseurs dans les conditions les plus diverses de mœurs, de croyances, de nationalité, de race, ont agité les questions philosophiques depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, on arrivera sans peine à cette conviction, qu'ils ont dû épuiser les différents points de vue sous lesquels il est possible d'envisager le problème de la science. D'où il suivrait que les éléments de la science sont tout prêts : l'histoire, devenue une contre-épreuve indispensable de la conscience, les contient dans son sein ; mais il faut les dégager des doctrines où ils sont dispersés; il faiU, après les avoir dégagés, les coordonner entre eux, et les unir sans les confondre dans une doctrine supérieure , dans un tout organique ; enlin il faut déterminer les lois d'après lesquelles ils se sont produits au jour; il faut montrer comment s'enchaînent les systèmes qui les représentent, et embrasser, dans sa plus haute unité, la science de l'esprit humain. Telle est précisément la triple tâche que se propose l'école éclectique. Rappelons maintenant en peu de mots les principales objections qui ont été dirigées contre elle. L'éclectisme, a-t-on dit, n'est qu'un syncrétisme, ou mélange grossier des systèmes entre eux. Non , l'éclectisme ne consiste pas à mêler ensemble tous les systèmes quels qu'ils soient; il a pour but, au contraire, de rechercher et de discerner dans chacun la part du vrai et celle du faux; de ces deux parts il recueille la première et rejette la seconde , ne laissant subsister des doctrines que l'élément de vérité qui leur est propre , pour les organiser dans une doctrine plus Odèle et plus vaste, — L'éclectisme, a-t-on ajouté , mène droit au fatalisme, à l'in-

différence. Quel fatalisme y a-l-il à montrer que chaque opinion philosophique a sa raison d'être dans quelque fait de la nature humaine, et qu'à ce litre les écoles les plus opposées ont pu se produire et coinplor dans l'histoire? Déclarer 1 homme faillible, ce n'est pas le condamner à se tromper toujours. Expliquer l'erreur, n'est pas la justifier, que nous sachions. Loin de là , s'il est un moyen d'échapper au découragement que peut inspirer le speclacle de tant de syslèmes on lutte les uns avec les autres , c'est à l'éclectisme qu'il le faut demander, puisqu'il se propose de mcllre un terme à la contradiction des systèmes, et que ceux-ci se trouveraient conciliés dans les cadres de la science, comme les faits dont ils sont limage se concilient dans la réalité. — L'éclectisme, a-ton dit encore, est l'absence et la négation de tout système en pliilosopliie. Si l'on prétend que l'éclectisme est l'absence et la négation de tout système exclusif, nous l'accordons volontiers; car, son butestpréciséniènt de repousser tout ce qui porte un caractère de partialité et d'exclusion , de contrôler les uns par les autres les systèmes incomplets qui ont paru successivement, de les subordonner à sa propre règle, et de marcher ainsi à leur tête à la recherche et à la conquête de la vérité. Mais par cela seul l'éclectisme suppose un système plus vaste , qui permette de distinguer dans chaque doctrine le vrai d'avec le faux , et qu'enrichissent chaque jour l'élude et la critique des monuments philosophiques antérieurs. Lui seul, on peut le dire, donne les moyens de constituer l'unité de la science; à tout le moins conviendra-t-on qu'il en est la meilleure et la plus sûre garantie.

Que ceux qui l'attaquent, du reste, ne croient pas l'éclectisme né d'hier; il est au fond de la plupart des grandes doctrines du passé. La science moderne Ta retrouvé dans Platon, où il est dissimulé, voilé sous les formes d'un art tulmirable. Arislote, avec un génie plus sévère.

eux aussi , discourent évidemment de cerliiins principes et de certaines

causes. Cette revue sera un préambule utile à la recherche qui nous occupe. En eiïcl, ou bien nous découvrirons quelque autre espèce de cause , ou bien nous prendrons une plus grande confiance dans les causes que nous venons d'énumércr. » Eu d'autres termes, Aristole fait de la critique historique l'antécédent nécessaire de la théorie, éclairant et contrôlant tour à tour son propre système par les systèmes des philosophes ses prédécesseurs. Tel fut aussi le but que semblèrent poursuivre les alexandrins, mais dont ils s'écartèrent aussitôt, pour professer un dogmatisme aussi exclusif qu'aucun de ceux qu'ils avaient prétendu concilier d'abord. Chez les modernes, Leibnitz, au sortir de

qu'on ne pense; mais elle est très-souvent fardée, et très-souvent enveloppée et même affaiblie, mutilée et corrompue, peu* des additions qui la gâtent et la rendent moins utile. En faisant remarquer ces traces de vérité chez les anciens , ou , pour parler plus généralement , chez les

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