ÉMANATION
Après la mort de Socrale, un de ses plus fidèles disciples, Pbédon d'Elis, fonda dans sa ville nalale une école de philosophie dont le nom est rcslé obscur et dont le rôle n'est pas bien connu. A Phédon succéda Piislauus, à Plislanus Méncdèoie. Voilà toute l'histoire de l'école d*£Iis.
Ménédème d'Erétrie, qui florissait dans la seconde moitié du it" siècle avant notre ère, lU de sa patrie le siège de l'école dont il était le chef. Ainsi naquit non une nouvelle école, mais un nom nouveau. Ménédème, en effet , n'a pas innové en philosophie, et sa doctrine n'est que C/Clle de ses devanciers. Voici celle docirine :
H n'y a qu'un seul bien appelé de diiïérents noms : prudence , courage, justice, et ce bien réside dans linlelligence , dans c^lte pénétration de l'esprit qui discerne le vrai du faux (Cic. , Acad., lib. Il, c. 42). Assurément, Ménédème n'avait pas invenlé celle doc^ trine (c'était celle des mégariques, à partir d'Euclidc); seulement il l'exposait , dit Cicéron^ avec plus de grandeur et d'éclat {uberius et onuuiun).
En dialectique, Ménédème rejetait toutes les propositions négatives, toutes les propositions composées, et n'admettait que les propositions simples et identiques. Son principe, c'était que nulle chose ne peut être aflîrmée d'aucune autre. Principe et conséquences, tout se trou\c déjà dans Stilpon.
De tels emprunts s'expliquent. Le fondateur de l'école d'Elis, réfugié à Mégare avec les autres socratiques, y avait suivi les leçons d'Euclide. Un enseignement (lui a influé sur Platon lui-même pouvait subjuguer à jamais toute autre intelligence. Ménédème, qui a entendu Platon et Xénocrate, n'a pour eux que mépris. Stilpon, son autre maître, est l'ohjet de son enthousiasme. « C'est un homme libre, » dit-il , et pour lui cela renferme tout.
Ce même esprit philosophique, cette même puissance d'invention, caractérisent jusqu'au bout les écoles d'Elis et d Erétrie. Comme Phédon avait répété Euclide, et Ménédème Phédon, les derniers érélriaques répètent Ménédème, représentants ignorés d'une école obscure, qui ne valent que par le nombre, cl dont les noms ne sont plus cités.
Aux yeux du philosophe, les écoles d'Elis et d'Erétrie se confoiident avec l'école de Mégare, dont elles ne sont qu'un appendice sans valeur.
iS'ous ne connaissons sur cotte matière, que les textes anciens de Diogènc LaOrce et de Cicéron. Pour ce qui est des sources où les deux écoles ont puisé, voyez \ Ecole de Mégare, 1 vol. in-8', Paris, 18W, par l'auteur de cet article. D. H.
ÉMA\ATIOX [de ej?,et de mauare, couler dehors]. Selon quelques systèmes philosophiques et religieux de l'Driont , tous les êtres dont l'univers se compose, esprits ou corps, ne sont qu'une extension, un écoulement et, par conséquent, autant deparcellesdela substance divine; ils sont sortis et sortent éternellement du sein de Dieu, sans le diminuer ni l'épuiser, comme les étincelles sortent de la flamme ou comme la lumière se sépare du soleil. Telle est, sous sa forme la plus simple et la plus générale, ce qu'on est c(mvenu d'appeler la doctrine de l'émniiation.