ÉPIMÉNIDE
bcrg, 1785. — Warnekros , Apologie et Vie d^Epieure, in-8«, Greifewald, 1795. D. H.
ÉPIMÉNIDE DB Gnossb , dans File de Crète , vivait plus de 600 ans avant Jésus-Christ. II était contemporain des sept sages de la Grèce , au nombre desquels il est compté quelquefois à la place de Périandre. Du reste y son rôle dans la civilisation naissante de son pays parait avoir été le même, bien qu*il nous rappelle encore , à certains égards , ces personnages moitié surnaturels et moitié historiques que les Grecs et y en général, tous les peuples de l'antiquité honoraient comme leurs premiers instituteurs. Epiménide était principalement occupé de politique et de législation ; il a même écrit sur la législation des Cretois plusieurs traités, dont le temps, malheureusement, n'a rien épargné. Il a aussi composé un poëme sur l'expédition des Argonautes, dont il ne reste pas plus de traces que de son ouvrage sur les lois de son pays. Quant aux traditions fabuleuses qui nous sont parvenues sur son compte, il est difficile d'y voir autre chose que des allégories qui témoignent de l'austérité de sa vie et de l'immense influence qu'il a exercée sur son siècle. Ainsi, cette caverne où il passa, dans un sommeil extraordinaire, quarante, et selon d'autres, cinquante-sept ans de sa vie, c'est la sohtude où il se renferma pour apporter ensuite dans la vie publique les fruits de ses méditations et de sa sagesse. La faculté merveilleuse qu'il partageait, dit-on, avec Hermotime de Clazomène, de se séparer quand il le voulait de son corps, ne veut-elle pas dire qu'il exerçait sur ses passions un tel empire et que les réflexions l'absorbaient à ce point, que les lois de la nature physique semblaient avoir perdu pour lui toute leur force? Enfin quand il conseille aux Athéniens, pour se délivrer de lapeste^ d'autres disent de la guerre civile, qui, dans ce temps-là, ravageait leur ville, d'immoler des victimes expiatoires aux dieux inconnus, cela signifie probablement qu'il chercha à adoucir la barbarie des mœurs en perfectionnant les institutions religieuses.
On peut consulter, sur ce personnage, les deux dissertations suivantes : Gottschalck, Disputatio de Epiménide propheta, in-4''*, Altdorf, 1714. — Heinrich, Epiménide de Crète, composition historique et critique, formée avec des fragments de l'antiquité, in-S", Leipzig, 1801 (ail.). X.
ÉBASME. La destinée particulière d'Erasme nous servira sans doute d'excuse si nous ne suivons pas cette fois l'usage adopté dans ce Recueil, de nous étendre fort peu sur la biographie des philosophes dont nous exposons les systèmes. La vie de ce célèbre lettré ne fut qu'une longue profession de respect pour l'antiquité , et une courageuse protestation en faveur des droits de la pensée. Malgré l'absence de tout système philosophique déterminé, cette disposition n'en est pas moins l'esprit philosophique lui-même, et raconter les vicissitudes de la vie d'Erasme , c'est raconter la gloire et les revers des lettres renaissantes pendant la première moitié du xvi* siècle.
Son père se nommait Gérard; il descendait d'une honnête famille de Terghoul en Brabant. Sa mère, fille d'un médecin , s'appelait Marguerite, Elle avait eu de Gérard un premier enfant nommé Antoine, et