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quelque sorlc, inséparables du nom d'hommes , ce sont les droits naturels consacrés par l'Etat et soumis à certaines conditions dont dépend l'existence même de la société. Nous citerons pour exemple la liberté de conscience, la liberté de penser, la liberté individuelle, le droit d*aoquérir, de transmettre, de contracter, etc. Les droits politiques, an contraire , sont soumis à certaines conditions de fait,- exigent certaines qualités acquises , sans lesquelles il est moralement impossible de les exercer. Un homme qui ne s'appartient pas, ou dont Tesprit est privé de toute culture, deux choses qui marchent ordinairement ensemble, doitil participer dans une mesure quelconque aux affaires de l'Etat? Avant de nous accorder aucune influence sur elle-même, la société a donc le droit de s'enquérir de nos moyens d'existence, seule preuve possible de nos facultés et de noti*e indépendance matérielle. Il ne faut pas oubUer d'ailleurs que la jouissance des droits civils et le développement des facultés qu'ils supposent est le véritable but de l'ordre social; l'exercice des droits politiques n'en est que le moyen. Mais des droits, quels qu'ils soient, imposent des devoirs: nous ne voulons pas seulement dire des obligations positives dans le sens de la loi civile; nous parlons de devoirs dictés par la conscience et acceptés avec une entière liberté. Ils peuvent tous se résumer eu un seul : puisque c'est à l'Etat que nous devons tout ce que nous sommes et tout ce que nous pouvons être; puisque c'est par son appui et son concours que nous pouvons atteindre le but de notre existence, nous élever jusqu'au sentiment moral, avoir la conscience de notre dignité, donner une consécration à nos liens les plus chers, une protection à tout ce que nous aimons, notre nom et notre souvenir à ceux qui nous doivent le jour ; il faut qu'il soit le premier objet de notre dévouement; nous lui appartenons tout entiers avant d'appartenir à la famille cl à nous-mêmes; aucun sacrifice , pas même celui de la vie , ne doit nous coûter pour le servir, pour lui obéir, pour le défendre.
Les ouvrages à consulter sur le sujet de cet article sont à peu près les mêmes que ceux qui ont été indiqués plus haut, p. 158. Nous y ajouterons seulement les deux ouvrages politiques de Hobbes, le de Cit^e et le Ltmathan; le Tractatus thcologico-politicus , àe Spinoza; le Contrat social , de J.-J. Rousseau ; V Esprit des lois, de Montesquieu ; les Principes métaphysiques du droit , de Kant; la troisième partie do la Philosophie du droit, de Uégel; la Philosophie du droit, de Fichlc; la Philosophie du droit j de Stahl^ où l'on trouve en même temps un exposé de tous les systèmes contemporains sur la politique et le droit.
ÉTEiVDUE. Les deux propriétés essentielles des corps sont l'étendue et la solidité. Elles ont été appelées par les philosophes qualité premières ou primaires, par opposition aux qualités secondes qui n'entrent pas nécessairement dans la notion de corps , toiles que la couleur, l'odeur, la saveur, etc. L'étendue des corps consiste dans la propriété d'occuper une certaine portion limitée de l'espace. Plusieurs philosophes, l'école cartésienne tout entière, ont fait de l'étendue l'attribut essentiel de la matière , qu'ils ont définie une substance ou une chose étendue, par opposition à l'esprit, dont l'essence est la pensée {res extensa, res cogitans). Avant d'ériger en principe cette distinction fon-