‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 66 sur 135 · ÉTENDUE · texte numérisé non relu

ÉTENDUE

damcntale, il fallait examiocr quels sont les caraclèrcs de Tidécde Télendue, et comment nous acquérons cette idée. Nous ferons d'abord observer qu'on ne doit pas la confondre avec celle d'espace en général y ni même avec celle de telle ou telle partie de l'espace. L'espace est illimité^ infini y nécessaire; l'étendue est nécessairement limitée ^ finie ^ contingente comme les corps eux-mêmes {Yoytz Espace). Pour prouver que rétendue des corps est distincte de la portion de l'espace qu'ils occupent, il suffit de faire remarquer qu'en changeant de lieu ils ne perdent pas pour cela leur étendue et leur figure. Une des propriétés essentielles de l'étendue est la divisibilité. Ainsi les corps , entant qu'étendus, sont essentiellement divisibles. Leurs dernières particules, du moment où on les conçoit étendues, admettent encore la division. L'atome, par conséquent, s'il existe, doit être inétendu, sans forme ni figure. En outre, Tabstraction distingue dans l'étendue trois dimensions : longueur , Iai*geur et profondeur. La sur&ce elle-même se décompose en lignes et celles-ci en points. Le point est le dernier terme où s'arrête la pensée, de même que l'atome est celui de la division réelle. Comme l'atome, le point mathématique est supposé inétendu. Les différentes formes ou figures que revêt l'étendue, leurs propriétés et leurs rapports sont l'objet d'une science particulière : li» science de l'étendue ou la géométrie.

Nous nous bornerons ici à examiner caioment l'esprit acquiert la notion d'étendue. La question ainsi restreinte présente encore de graves difficultés. Des deux idées qui représentent les propriétés fondamentales des corps , l'étendue et la solidité , laquelle pénètre la première dans notre intelligence? sont-elles simultanées ou successives? sontellcs même essentiellement distinctes? L'une peut-elle être déduite de l'autre? Voilà quelques-uns des points principaux de ce problème, .une des questions les plus complexes et les plus délicates de la psychologie. Lidée de l'étendue nous taX révélée par deux de nos sens : la vue et le touclier. La vue ne nous donne qu'une notion imparfaite de l'étendue, car l'apparence visible est bornée à deux dimensions. Elle varie en outre avec la distance des objets et avec une fouie d'autres circonstances. On doit donc la considérer comme un pur phénomène, et l'étendue tactile est seule l'étendue réelle. Voyous comment, dans le toucher, nous en acquérons l'idée. Quand je touche un corps, ce n'est pas la sensation que j'éprouve qui peut me donner la notion d'un objet solide, étendu et figuré , placé hors de moi, dans un lieu qui lui-même est une portion de l'espace infini. Aucune de ces idées n'est contenue dans la sensation. Je me sens modifié d'une certaine manière et voilà tout. Si à la sensation ma raison applique le principe tout phénomène a une cause , ne me sentant pas la cause de la sensation , je la rapporterai à une cause distincte de moi, mais inconnue, capable seulement de produire la sensation. Pour ce qui est d'une cause extérieure à moi, étendue et figurée, je n'en ai encore auouiie idée. Les notions d'extériorité, d'espace et d'e'/endue ne peuvent nullement se déduire d'une modification interne et de l'application du principe de causalité. Hais poursuivons l'expliciition de ce phénomène. Je touche un corps, ce corps me résiste. Que renferme ce fait? Une cause, une force s'oppose à la mienne, la force qui me constitue reucunite un obstacle et développe sur lui une

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