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que les Grecs étaient dans Tnsage de proposer, sons Tenveloppe des fables et des allégories, leurs idées sur la philosophie et la physique; mais, en reconnaissant la justesse de beaucoup d'interprétations allégoriques, on peut soutenir que bien des esprits étaient alors trop grossiers pour en discerner toutes les finesses. Aussi est-il permis de supposer que V Histoire sacrée d'Evhémère exerça une grande action sur les esprits déjà préparés au doute par Tafiaiblissement du sentiment moral et les attaques dirige contre le paganisme par les sophistes tels que Diagoras de Mélos, Prodicus de Céos, Protagoras d'Abdère, etc. Les critiques des auteurs païens ne lui ont pas fait défaut : Plutarque le traite avec mépris, Sextus Empiricus etElien lui donnent le surnom 'd'athée, et Cicéron {de Natura dearum, lib. i), l'accuse d'avoir nié toute religion; tandis que, d'autre part, Evhémère a pour apologistes la plupart des soutiens de l'Eglise naissante : Clément d'Alexandrie, Arnobe, Lactance, Eusèbe, saint Augustin, tous affirment que son seul crime est d'avoir pénétré plus avant que les autres dans les mystères de ridolàtrie^ et qu'il a fallu identifier les dieux de l'Olympe avec la Divinité, confondre volontairement le sentiment religieux et la religion païenne, pour taxer Evhémère d'athéisme.
Par une de ces fatalités dont il y a beaucoup d'exemples dans l'histoire des idées humaines, l'évhémérisme a fait fortune à travers les contradictions et les attaques, tandis qu' Evhémère pourtant est resté presque inconnu , ou même n'a passé que pour le tardif interprète d'une opinion déjà reçue dans le courant des croyances générales. Il semble cependant, par la vivacité des attaques dont il a été poursuivi, et d'après quelques mots de Diodore de Sicile, qu'Evhémère a le droit de réclamer cette interprétation comme son propre ouvrage. A ce titre, il mériterait peut-être de n'être pas relégué dans les derniers rangs des sceptiques, à la suite de Théodore de Cyrène, à côté de Bion le Borysthénite.
On trouvera les éléments d'un travail sur Evhémère dans la Biblioihèque historique de Diodore de Sicile (liv. v et fragments du liv. vi) , et dans les fragments de la traduction d'Ennius, recueillis avec soin par Columna (édition d'Hesselius). La question de Tévhémérisme a été traitée par Se vin. Four mont, Foucher, et surtout par Fréret, dans les anciens Mémoires de V Académie des Inscriptions, vol. viii, xv, xxxiv et XXXV, et plus récemment, mais avec moins de précision et de critique, par M. Gerlach {Historische Studien, in-S**, Hambourg, 1841).
ÉVIDENCE. Toute connaissance suppose un sujet connaissant et un objet connu. Mais il ne suffit pas que l'objet soit pour qu'il puisse être connu , il faut qu'il possède la propriété d'être perceptible ou intelligible pour le sujet ; c'est alors seulement qu'il peut y avoir connaissance. Pour que la connaissance ait lieu , il faut que l'objet ait une certaine prise sur notre esprit, il faut qu'il se manifeste et nous apparaisse; en un mot, qu'à la réalité de son existence , se joigne V évidence.
L'évidence est donc dans les objets ce qui les fait paraître et les rend intelligibles. L'évidence est pour les objets accessibles à l'intelligence ce que la lumière est pour les corps accessibles à la vue : elle est l'éclat qui les illumine et les rend visibles. C'est là ce qui lui a valu le nom