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FARABI

grès de la société tout entière, et Thistoire nous démontre, aussi bien que l'observation philosophique, que Tune ne saurait subsister sans Tauire.

Tous les auteurs qui ont traité du droit naturel et de la morale ont traité aussi de la famille ; nous ne pouvons, donc que renvoyer, pour la bibliographie , aux articles que nous avons; consacrés à ces deux sujets.

FARABI ou ALFARABI (Abou-Naçr Mohammed ben-Mohammed ben-Tarkhân) , ainsi nommé de sa ville natale FarAb , ou OirAr , dans la province de Mawaralnahar, est célèbre parmi les Musulmans comme mathématicien , comme médecin , ipais surtout comme philosophe péripatéticien et comme un des commentateurs à la fois les plus profonds et les plus subtils des œuvres d'Aristote. U se rendit de bonne heure à Bagdad, où, sous le sceptre des Abbassides, florissaient les sciences et les lettres, et y suivit les leçons d'un chrétien, Jean, fils de Gilân (selon d'autres Geblàd) , mort sous le khali£at d'Almoktader. Plus tard il vécut à la cour de Séif-Eddaula Ah ben-Hamdàn à Alep, et, ayant accompagné ce prince à Damas, il y mourut au mois de rédjeb de l'an 339 de l'hégire (décembre 950 de l'ère chrétienne). C'est là tout ce que nous savons de certain sur la vie de Farabi ; nous passons sous silence quelques autres détails rapportés par Léon l'Africain et reproduits par Brucker {Hi$L criU philos., t. m, p. 71-73), mais qui méritent peu de foi. Farabi laissa un très-grand nombre d'écrits , dont on trouve la nomenclature dans V Histoire des médecins d'Ibn-Ali-Océibia et dans le Dictionnaire des philosophes de Djemàl-Eddin Al-Rifti (Cf. Casiri, Biblioth. arabico-hispana escurialtnsis , t. i*S P- ^^j 191) ; mais il ne nous reste de lui que quelques traités, soit en arabe, soit dans des versions hébraïques. La plus grande partie de ses ouvrages étaient des commentaires sur les écrits d'Aristote, et notamment sur ceux qui composent ïOrganon. Farabi montrait toujours une grande prédilection pour l'étude de la logique , qu'il chercha à perfectionner et à répandre parmi ses contemporains ; on vante surtout ses distinctions subtiles dans les formes variées du syllogisme. Ibn-Sina (Avicenne) avoue qu'il a puisé sa science dans les œuvres de Farabi ; et si celles-ci sont devenues très-rares, même parmi les musulmans, comme le dit le bibliographe Hadji-Khalfa, il faut peut-être en attribuer la cause au fréquent usage qu'en a fait Ibn-Sina. Mais ses travaux ne sont qu'une amplification des divers traités de VOrganon^ et nous ne trouvons pas qu'il ait, sous un rapport quelconque, modifié les théories d'Aristote, considérées par lui, ainsi que par la plupart des philosophes arabes, comme la vérité al^lue. Dans la longue liste des ouvrages philosophiques qui lui sont attribués, ceux qui attirent le plus notre attention sont :

l"". Une énumération ou revue des sciences (Ihedal^loum) , que les auteurs arabes présentent comme un ouvrage indispensable pour tous ceux qui se livrent aux études. Cet écrit se trouve à la bibliothèque de TEscurial , et Casiri (t. i", p. 189) l'a décoré du titre à' Encyclopédie, lequel , du moins par le sens que nous attachons ordinairement a ce mot , & peut-être l'inconvénient d'attribuer à l'écrit de Farabi plus d'impor-

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tance qa'il n*en a. Si je ne me trompe, Topascule de Scieniiis ou Cornpendium omnium scientiarum,pxùÀié en latin sons le nom de Farabi, est la traduction abrégée de Vlhçâ aU-oloum, qui existe aussi en hébreu dans la bibliothèque de De Rossi à Parme (Catal., n"" tëSy 6*", et n** 776 y 4*"). Une traduction plus complète, et que j'ai lieu de croire fidèle , se trouve parmi les manuscrits latins de la Bibliothèque royale (Suppl. lat.y n** 49, fol. 143 verso). Cet opuscule est divisé en cinq chapitres qui portent les inscriptions suivantes : 1<^ De Scientia linguœ ; 2" de Scientia logicœ; S°deScientia doctrinali (c'est-à-dire, des sciences mathématiques, désignées par les Arabes sous le mot riddhiyyât, que les rabbins ont rendu en hébreu par limmoudiyyôth) ; k*" de Scientia naturali ; 5** de Scientia civili. L'auteur énumere toutes les sciences comprises dans ces différentes classes, et donne de chacune d'elles une définition précise et une courte notice.

^. Deta tendance de la philosophie de Platon et de cette ffAristoie, ou Analyse des divers écrits de ces deux philosophes. Cet ouvrage que nous ne connaissons que par \à description d'Ibn-Abi-Océibia et d'Al- Kifti, so composait de trois parties : d'une Introduction , ou exposé des diverses branches des études philosophiques, de leur relation mutuelle et de leur ordre nécessjiire; d un Exposé de la philosophie de Platon et indication de ses ouvrages ; d'une Analyse détaillée de la philosophie d'Aristote et d'un résumé de chacun de ses ouvrages avec l'indication précise de son but. Les Arabes disent que c'est dans cet ouvrage seul qu'on peut puiser une intelligence parfaite des Catégories d'Aristote.

3** Un ouvrage d'Ethique intitulé Al-sira al-fddhila (la Bonne conduite), et 4** une Politique^ intitulée Al-sidsa al-mediniyya (le Régime politique). « Dans ces deux ouvrages, disent les deux auteurs que nous venons de citer, Farabi a fait connaître les idées générales les plus importantes de la métaphysique, selon l'école d'Aristote, en exposant les six principes immatériels, ainsi que l'ordre dans lequel les substances corporelles en dérivent , et la manière d'arriver à la science. Il y a fait connaître aussi les différents éléments de la nature humaine et les facultés de l'âme, et il a indiqué la différence qui existe entre la révélation et la philosophie; enfin il a fait la description des sociétés bien ou mal organisées , et il a démontré que la cité a besoin en même temps d'un régime politique et de lois religieuses. » Nous savons par Ibn-Abi-Océibia que le livre intitulé le Régime politique, porte aussi le titre de Mabâdi al-maudjouddt (les Principes de tout ce qui existe) ; c'est, par conséquent, le même ouvrage dont Maïmonide recommande la lecture à Rabbi Samuel Ibn-Tibbon , en s*exprimant en ces termes : « £n général , je te recommande de ne lire sur la logique d'autres ouvrages que ceux du savant Abou-Naçr Alfarabi ; car tout ce qu'il a composé , et particulièrement son ouvrage sur les Principes des choses, est de pure ileur de farine. » {Lettres de Maimonide, édit. d'Amsterdam, in-8**, fbl. 14, verso). Cet ouvrage, traduit en hébreu par Moïse, fils de Samuel Ibn-Tibbon, existe à la Bibliothèque royale, dans trois manuscrits , sous le titre de Hath'halôth hannimçaôth {Voyez Manuscr. hébr. , ancien fonds , n* 305 ; Supplément , n<* 15 ; fonds de FOraloire, n"" 25) ; son contenu s'accorde parfaitement avec la courte analyse .que nous venons de donner d'après les auteurs arabes. Les six prin-

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