‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 83 sur 135 · FERGUSON · texte numérisé non relu

FERGUSON

tiqaes en ont fait Texpérience; ils en ont goAté et décrit les paisibles doaceors et les calmes ravissements ; ils en ont tracé le chemin dans lears écrits. Fénelon , qui l'a appris d'eux , entreprend de le montrer aux antres y en signalant les abtmes qui bordent de tous côtés cette route périlleuse; c'est l'objet du Xxwtàe&Mcuxnmaia tainu. L'amour pur de Dieu est le seul acte de cette vie contemplative ou unitive. Il est accompagné d'indifférence volontaire pour l'intérêt même le plus légitime, celui du salut y par exemple. Il n'y a plus pour l'âme ni méditation ni réflexion ; elle est toute dans un regard simple et amoureux ; elle ne sait plus qu'aimer; elle ne veut plus que ce que Dieu lui fait vouloir; elle est transfigurée en Dieu; Dieu et l'âme ne sont plus dans l'amour qu'un même esprit, par une entière conformité de volonté que la grâce opère : «Je ne trouve plus de moi, s'écrie Fénelon; il n*y a plus d'autre moi que Dieu. » Voilà le quiétisme qui a appelé sur Fénelon les sévérités , peut-être excessives , de Bossuet, et qui a excité entre ces deux grands esprits une lutte où Fénelon devait succomber , mais dans laquelle il ne cesse pas y quoique vaincu , de s'honorer par la modération de la défense, par la droiture des intentions et la noblesse des sentiments, par la sincérité des convictions et la fermeté du langage.

Telle est, en abrégé, la philosophie de Fénelon. Indépendante et fondée sur la seule autorité de la raison , il a cherché à l'allier avec la foi la plus pure et la plus vive , sans sacriûer les droits ni de celle-ci ni de celle-là. Môme, si dans cette alliance un principe l'emporte sur l'autre, c'est la raison , à laquelle Fénelon attribue le privilège de prouver la foi , sinon de la juger. Il justifie, en effet, la divinité du christianisme par la conformité du Dieu qu'il annonce avec le Dieu de la raison et de la théodicée cartésienne; et il pose même en principe qu'il n'y a piis d'autre méthode par laquelle une religion puisse faire admettre ses titres. Car a l'homme n'admet et ne peut rien admettre du dehors sans le trouver aussi dans son propre fonds, en consultant au dedans de soi les principes de la raison, pour voir si ce qu'on lui dit y répugne. »

11 existe plusieurs éditions des œuvres de Fénelon ; aucune n'est absolument complète. Nous citerons, 1° celle de 1787-1792, imprimée à Paris , par Fr.-Ambr. Didot , 9 vol. in-4.'» ; 2* celle de 1810, avec un essai sur la vie de Fénelon , et suivie de son éloge par La Harpe , Paris , 10 vol. in-8** ou in-12. II manque à ces deux éditions les écrits relatifs au quiétismc , et particulièrement V Explication des Maximes des saints , publiée en 1097, in-12. Cette lacune a été comblée dans l'édition de 1838, dirigée par M. Aimé Martin, et publiée par Didot frères, 3 vol. in-i*" à deux colonnes. Nous avons donné nous-môme une petite édition des OEuvres philosophiques de Fénelon , 1 vol. in-18, format anglais, chez Charpentier. An. J.

FERGUSOX (Adam), philosophe écossais, naquit en 172S^ à Logierait , près de Pcrth. II entra , on 1739 , à l'université de Saint- André. Plus tard, il fut admis à celle d'Edimbourg, où il eut pour émules Blair, Robertson et Home. Au sortir de l'université, quoiqu'il n eût pas le temps d'études prescrit par les règlements , son mérite le fit choisir comme chapelain d'un régiment de montagnards écossais employé contre la France. Il quitta son régiment en 1748, à la paix d'Aix-la-Chapelle,

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