FORGE
La force active ou agissante n*est pas la paissance nue de Técole ; il ne faut pas l'entendre 9 en effets ainsi que les scolastiques, comme une simple faculté ou possibilité d'agir qui, pour être effectuée ou réduite à l'acte 9 aurait besoin d'une excitation venue du debors^ et comme d'un stimulus étranger. La vérilable force active renferme l'action en ellemême; elle est entéléchiCy pouvoir moyen entre la simple faculté d'agir et l'acte déterminé ou effectué : cette énergie contient ou enveloppe FeSbrt {conaium involvit) y et se porte d'elle-même à agir sans aucune provocation extérieure. L'énergie , la force vive se manifeste par l'exemple du poids suspendu qui tire ou tend la corde; mais, quoiqu'on puisse expliquer mécaniquement la gravité ou la force du ressort, cependant la dernière raison du mouvement de la matière n'est autre que cette force imprimée dès la création à tous les êtres , et limitée dans cbacun par l'opposition ou la direction contraire de tous les autres. Je dis que cette force agissante [virtuiem agendi) est inhérente à toute substance qui ne peut être ainsi un seul instant sans agir ; et cela est vrai des substances dites corporelles comme des substances spirituelles. Toute force est donc substance , et toute substance est force. Les deux notions sont inséparables, car on ne peut pas plus concevoir Taction sans un être, qu'un être sans action. Une substance entièrement passive est une idée contradictoire. Â. B.
FORGE. Voyez Delaforgb.
FORME SUBSTANTIELLE. Dans le septième livre de la Metaphysique, Aristote, recherchant ce que c'est que l'essence ou la substance, cùoia, constate que parmi les quatre sens donnés à ce mot se trouve d'abord celui-ci, to tî tv civai, expression grammaticalement inexplicable, à laquelle Aristote substitue souvent les mots to vi ton, to Tt opiou.ôc, (xcpçT), et que les traducteurs rendent par quid erat esse, quiddite, cause formelle, forme essentielle et forme substantielle. , Qu'est-ce maintenant que la forme substantielle? La forme sabstantielle se dit de ce qui est en soi et par soi-même {Métaph., liv. vu , c. 4). Les substances sensibles sont produites par l'union de la matière et de la forme; la matière est donc une substance, mais elle n'est substance qu'en puissance; elle n'existe pas, à proprement parler, parce qu'elle n*est pas quelque chose, n. Pour le devenir, il faut qu'elle soit limitée et déterminée, et c'est la forme qui lui donne ce caractère. La matière est la substance en virtualité; et la forme, la substance en actualité. La forme substantielle est donc l'essence même, la vraie substance des choses. Elle n'est pas limitée par une matière, elle est la substance immatérielle qui limite la matière et la détermine. Les êtres étant ainsi composés de matière et de forme, il s'ensuit que l'âme des êtres animés en est la forme substantielle, qu'elle est l'essence même du corps animé, dont elle est distincte, mais inséparable. Quand la plante meurt, la matière perd sa forme substantielle; mais celte forme préexistait à la plante dans la graine d'où la plante est sortie, et elle lui survit dans les graines qui en sont sorties et qui donnèrent naissance à une autre plante. Il n'y a point de forme substantielle pour d'autres' êtres que pour les espèces dans le genre ; car tout ce qu'il y a de substantiel dans