FORME SUBSTANTIELLE
l'individa , c'est le genre et l'espèce qu'il représente et qui se manifestent en lui. Les particularités ne viennent que de la matière déterminée déjà auparavant d'une certaine façon , et formant l'extérieur périssable dans lequel la forme substantielle se manifeste. La forme substantielle est donc ce qu'un individu a d'incorruptible; et moins un individu ajoute de qualités particulières aux qualités générales de son espèce , plus il approche de la perfection j car la forme substantielle semble identique avec la cause finale , qui est le bien (liv. viii, c. 4 , et liv. \y c. 3). En conséquence, on doit dire de la forme substantielle qu'elle est l'objet propre de la définition ; et qu'il n'y a forme substantielle que pour les choses dont la notion est une définition , c'est-à-dire qui ne peuvent pas être regardées comme des modifications et des accidents.
Ces idées d'Aristote sur la forme substantielle , une fois livrées aux commentateurs scolasliques , devinrent pour eux une inépuisable source de distinctions y de divisions , de classifications de toute nature , et de solutions pour toutes les questions.
TantAt on établissait qu'il y a trois sortes de formes : d'abord l'être lui -même 9 Tétre qui ne reçoit point l'existence d'une cause supérieure y et n'est point reçu dans un être inférieur , Dieu ; en second lieu, les formes qui reçoivent l'être d'ailleurs ^ sans être elles-mêmes reçues dans la matière; c'est-à-dire les intelligences dégagées de toute concrétion corporelle; enfin les formes dépendantes de toute part, qui tiennent l'être d'une cause supérieure et sont reçues dans un sujets la matière ; tels sont les accidents et les formes substantielles déterminant la matière {CoUegii Conimbricensis comment, in secundum librum de Gêner, et corrupt., Lyon, 1613 , p. 78). Tantêt, après une minutieuse division de la forme , dont la forme substantielle constituait la quatrième espèce y on reconnaissait six classes de formes substantielles : l*" celles de la matière première ou des éléments; S"" celles des composés inférieurs, comme les pierres; 3"* celles des composés plus élevés ^ des drogues 9 par exemple ; 4"* celles des êtres vivants , les plantes; &** celles des êtres sensibles , les animaux; 6*" enfin , au-dessus de toutes les autres y la forme substantielle raisonnable {rationalis) y qui ressemble aux autres en tant que forme d'un corps , mais qui ne partage point avec le corps son opération propre qui est la pensée (Toletus, Corn-' ment, in Physicam Àristotelis, Cologne , 1577, p. 56). On verra plus bas quelle conséquence cet auteur tirait du rang assigné à cette forme substantielle. D autres , avec Cajetan y ne distinguaient que trois espèces de formes substantielles : l"" celles qui pénètrent toute sorte de matière; 2'' celles qui animent l'homme et les animaux les plus élevés : elles ne résident que dans l'ensemble et se retirent d'un membre coupé ; 3<' celles qui animent les plantes et les animaux inférieurs : elles subsistent dans la partie comme dans l'ensemble , et des deux parties d'un individu coupé refont deux individus [Collegii Conimbricensis comment, de Anima, Lyon, 1612, p. 82;.
Comment se produit le feu? A cette question Tolclus répond (ubi supra, p. 62) : a La forme substantielle est un principe actif par lequel le feu, avec la chaleur pour instrument, produit le feu. » Et plus loin (p. 154) : « Mais le feu ne provient pas toujours du feu. Dicis s Quar$