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FORME SUBSTANTIELLE

hoc ita fit? Respondeo .* II y a la plas grande difTérence entre les formes accidentelles et les substantielles. Car les formes accidentelles ont nonseulement de la répugnance, mais une répugnance déterminée, comme le blanc avec le noir ; tandis qu'entre les formes substantielles il y a bien une certaine répugnance, mais non déterminée, parce qae la forme substantielle répugne également à quoi que ce soit. De là il soit que le blanc, forme accidentelle, ne résulte que du blanc et non da noir, mais que le feu peut résulter de toutes les formes substantielles capables de le produire dans Tair, dans Teau, dans toute autre chose. » On se rappelle involontairement les solutions du récipiendaire de Molière , quand on voit dans ces réponses les formes substantielles servir i dissimuler l'ignorance des lois réelles des phénomènes. Il semble cependant qu'Aristote avait prévu et voulu prévenir l'usage auquel on devait réduire sa théorie, lorsque ce profond penseur terminait ce septième livre, tout entier consacré à la forme substantielle , par un chapitre précisément destiné à indiquer comment on doit procéder à la recherche des causes des êtres simples et des phénomènes composés. Albert le Grand appuya sur la théorie de la forme substantielle Texplication qu*il donna du principe d'individuation. Aristote avait dit que Tàme des êtres animés en élait la forme substantielle ; saint Thomas, dans son commentaire sur le de Anima {OEuv. compL, Paris, 1660, t. m, !■* partie, p. 42) , établit qu'il est impossible qu'il y ait en une chose plus d'mne forme substantielle, et de là il conclut la simplicité de l'âme. Cependant ce principe que l'âme raisonnable est la vraie forme substantielle de l'homme, trouvait des contradicteurs ; l'exposé et la réfutation de leurs arguments nous ont été conservés par les Coïmbrois (Comment, de Anima, in-^", Lyon, 1612, p. 72). Dans ses commentaires déjà cités (p. 56), Toletus, oubliant sans doute qu Aristote avait établi que la forme substantielle est en réalité inséparable de la matière , regarde Timmortalité de l'âme comme une conséquence du rang qu'elle occupe dans la classification citée plus haut. On voit donc que les formes substantielles se trouvaient mêlées à toutes les théories et fournissaient des solutions à toutes les questions.

Par une conséquence nécessaire pour ces temps où la métaphysique péripatéticienne élait le point d'appui de la théologie, la question de l'âme comme forme substantielle du corps de l'homme avait passé du domaine de la spéculation philosophique dans celui de la théologie. Un religieux de Béziers, Pierre-Jean d'Olive de Sérignan, ayant nié que l'âme raisonnable soit la forme substantielle du corps humain , le concile général de Vienne (1312) examina cette doctrine, la déclara « erronée et ennemie de la vérité de la foi catholique, et son auteur hérétique, ainsi que ses partisans. » En 1325, le pape Jean XXII joignit sa propre condamnation à celle du concile, et alla même jusqu'à sévir contre la mémoire de l'auteur, en faisant déterrer et brûler ses os. A la fin du siècle suivant, Sixte IV, sur la réclamation des frères mineurs, fit examiner les ouvrages de Pierre-Jean d'Olive, et, après avoir déclaré qu'ils ne conlenaient rien d'expressément contraire à la foi catholique, il justifia la mémoire de l'auteur. Enfin, cette même doctrine émut Léon X, qui la fit condamner de nouveau dans la huiième session du concile de Latran.

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