‹ Dictionnaire des sciences philosophiquesChapitre 94 sur 135 · FORMEY · texte numérisé non relu

FORMEY

Sur le sajet de cet article, après le texte d'Aristote (Métaph., liv. yii et viii), on consultera avec fruit la quatrième partie de la Synopsis analytica doctrinœ peripateticœ de Duval ^ dans son édition d'Aristote ^ de 1639, 4 vol. in-f», Paris, t. iv, p. 23-31. — Ch. L. Michelet, Eœamen critique de la Méiaphysiqve d*Aristote , in-S"", Paris, 1836, p. 16& et suiv., et 287 et suiv. ; ~ Kavaisson, Essai sur la Métaphysique d^Aristote, in-8% Paris, 1837, 1. 1", p. 149 el suiv. J. D.-J.

FORMEY (Jean-Henri Samuel) était né en 1711, à Berlin, d'une famille de réfugiés français, originaire de Vitry en Champagne. A vingt ans, il était ministre à Brandebourg, et peu d'années après, il réussit à se faire appeler dans la capitale , où il professa successivement la rhétorique, puis la philoe/)phie. Il fut compris, dès la formation de l'Académie des sciences et belles-lettres de Berlin, sur la liste de ses membres, et il en devint un des deux secrétaires perpétuels. Sa mort n'eut lieu qu'en 1797 : il était alors doyen de l'Académie, correspondant de la princesse Henriette-Marie de Prusse, et conseiller privé. C'était un homme fort délié, actif, et qui ne perdit jamais de vue les moyens de pousser sa fortune; il était, de plus, fort laborieux, et il a immensément écrit sur toutes sortes de sujets. La longue liste de ses ouvrages, dansMeusel, n'est pas complète; aussi faut-il le regarder comme un polygraphe plus que comme un phUosophe. Sa collaboration à la Bibliothèque germanique, de Beausobre, sa Nouvelle Bibliothèque germanique, entièrement de lui, et sa Bibliothèque impartiale , qu'il rédigea de 1750 à 1758, en partie sur des documents émanant du cabinet de Frédéric II , le classent parmi les écrivains périodiques de son époque. Par ses Eloges des Académiciens de Berlin et de divers autres savants (2 vol. in-12, Paris, 1757), auxquels il faut joindre une douzaine d'autres Eloges, et par sa France littéraire ou Dictionnaire des auteurs français vivants (2«éd., Berlin, 1757), recherchée encore aujourd'hui pour les détails qu'il y fournit sur les écrivains réfugiés, il a bien mérité de l'histoire littéraire. Il s'est aussi montré historien , soit en publiant son Recueil de pièces sur les affaires de Vélection du roi de Pologne (1732 pour 1734), soit en écrivant une Histoire de la succession de Berg et Juliers. Nous omettons ses Sermons, ses Traductions (sauf celle de Salluste le Philosophe), et d'autres ouvrages encore; mais comme philosophe , il mérite que nous nous arrêtions sur lui un peu plus longtemps. Nous le trouvons d'abord au nombre de ceux qui popularisèrent la philosophie de Wolf , soit en Allemagne, soit à l'étranger : aux étudiants allemands, en effet, s'adressaient ses EUmenta philoso]^hiœ , seu Mednlla Wolfiana (in-S*», 1746); à la France étaient destines ses six volumes intitulés : La belle Wolfienne, avec deux lettres philosophiques , l'une sur l'immortalité de Vâme, Vautre sur V harmonie préétablie (in-8®, La Haye, 1752-1760) , et aussi son Abrégé du droit de la nature et des gens, tiré du grand ouvrage de Wolf sur cette matière (3 vol. in-12, Amst., 1758). Un peu plus tard, nous le voyons figurer dans le discours préliminaire de d'Alembert, comme un des hommes dont le concours aide à édifier V Encyclopédie; son nom est même cité le premier de tous , el précède celui de l'abbé Sallier. Il ne faut pas en conclure que Formey aR jamais été, à proprement perler, au nombre des colla-

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boratcurs de ce gigantesque dictionnaire. En 1758 » an plos tard, il avait fait tenir à d*Alembert on manuscrit contenant bon nombre d'articles » dont pas un peut-être ne parut, dans les premières éditions de VEnci/clopédie, tel qu'il Tavait écrit. On peut dire, puisque la portion de V Encyclopédie où il est traité de la métaphysique ne porte nulle trace de matérialisme y que, dans ce vaste Recueil, le secrétaire de TAcadémie de Berlin est, avec Yvon, Tun des principaux représentants de réiément spiritualiste. Il aimait , du reste , beaucoup à dire qu'il avait de son cAlé , antérieurement à Diderot et à d'Alembert, conçu le plan d*on ouvrage fort analogue à V Encyclopédie; et il n'y a rien d'invraisemblable dans cette assertion , si Ton songe que Formey s'était toujours livre à des études moins profondes que variées. A partir de 1762, ao plus tard, l'opposition de Formey aux doctrines des philosophes français du XYiii* siècle devient flagrante : ï Anti-Emile (2 vol. in-S*", Berlin , 1764) en serait l'expression la plus frappante, si ï Emile chrétien ne la dépassait encore. Dans cet ouvrage composé à la demande du libraire Néaulme, que les états de Hollande avaient censuré et failli mettre à l'amende pour avoir imprimé V Emile y Formey, tronquant à son gré Rousseau, ici gardait des quarts de volume sans altération, là, m(^fiait, dénaturait, remplaçait par des développements diamétralement contraires tout ce qui lui déplaisait : à la profession de foi du vicaire savoyard, par exemple, fut substituée une démonstration de la religion chrétienne. Ce procédé singulier, qu'il prenait pour une réfutation , lui attira une vigoureuse sortie de Rey dans le Journal des Savants, et une note de Rousseau dans l'édition de l'Emile qui fut publiée à Deux- Ponts. Ses Souvenirs d'un citoyen (2 vol. in-8% 1789; 2« éd. 17OT) donnèrent lieu de même à une réplique animée de Ch. Laveaux {Frédéric le Grand, Voltaire, Rousseau, d'Alembert, etc., vengés contre les secrétaires perpétuels de l'Académie de Berlin), On a de plus attribué à Formey la composition de VAnti-Sans-Souci, ou la Folie des nouveaux philosophes (in-S"", Amst. , 1761) ; mais c'est une erreur : il n'y a dans ce livre que les Réflexions préliminaires qui appartiennent à Formey. Le ton haineux et les injures qu'on y trouve sont loin de lui faire honneur. Le recueil de l'Académie de Berlin présente aussi grand nombre de .mémoires ou dissertations de Formey; quelques-uns de ces opuscules ont été réunis sous le titre de Mélanges philosophiques (2 vol. in-12, Leyde, 1754') : nous indiquerons notamment les deux premiers, où il remanie et discute plus à fond deux des preuves de l'existence de Dieu (celle qui consiste dans la relation du contingent et du nécessaire, et celle qu'on tire des causes finales) ; r£Ma» sur le Sommeil et celui sur les Songes ( l'un et l'autre abondent en excellentes remarques , où toutefois domine peut-être un peu trop de physiologie) ; les morceaux sur la Conscience, sur la Perfection, sur le Système du vrai bonheur. Un autre morceau sur les Compensations ( mais qui n'est pas compris dans les Mélanges) peut avoir été l'origine du fameux système d'Aza!s, mais prouve à coup sûr que l'idée des compensations date de plus loin que le XIX' siècle. Le discours préliminaire qu'il a placé en tète de son édition del'^Matnir le 6fauduP. André, présente quelques considérations intéressantes sur un sujet encore trop dédaigné des philosophes pendant le dernier siècle. Enfin il est l'auteur d'une Histoire abrégée d^ laphihh

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