FOUCHER
iophte (in-12y Amst., 1760 ), résumé précis et clair , mais très-insnfBsanty da grand ouvrage de Brucker. Ce livre , priDcipalement desUné à la jeunesse et aux gens du monde , est, à beaucoup d*égards, bien audessous de V Histoire critique de la philosophie, de Deslandes , dont Formey parle dans son Introduction avec une extrême injustice. La Logique des traisemblances , qui parut en 1747 , est peut-être la meilleure de ses productions. Au total , on le voit, le secrétaire de T Académie- de Berlin ne fut jamais un penseur original; c^est un homme qui expose avec assez de clarté , qui se meut avec assez d'adresse dans un cercle donné , qui embrasse beaucoup et approfondit peu y et c*est surtout un partisan de Wolf ; bien que de son temps et sous ses yeux même la face de la philosophie se renouvelât à la voix d'un de ses compatriotes y il s'en tint aux principes du professeur de Marbourg y et ne sembla pas se douter de l'immensité du changement qui s'effectuait autour de lui. Val. P.
FOUGHER ( Simon) y philosophe français de la On du xvn* siècle. Peu de personnes connaissent de nos jours le nom de Foucher. Ses ouvrages y imprimés dans l'origine à un petit nombre d'exemplaires y sont devenus fort rares y et y quand ils le seraient moins y ils ne trouveraient guère plus de lecteurs; car ce sont en grande partie des opuscules de circonstance et de courtes dissertations destinées à un rapide oubli. Cependant, comme philosophe et comme érudit, comme adversaire de Malebranche et comme restaurateur de la philosophie académicienne y le nom de Foucher n'a pas été sans autorité ni même sans gloire au xyii« siècle, et bien que la postérité se soit montrée plus sévère à son égard que ses contemporains, il a sa place marquée dans le tableau de la philosophie de cette heurease époque.
Sa vie est peu connue. 11 était fils d'un marchand de Dijon, et naquit dans cette ville le l""^ mars 1644. Entré assez jeune dans les ordres, il avait reçu en même temps que la prêtrise le titre de chanoine honoraire de la Sainte -Chapelle de Dijon; mais, malgré les avantages que cette position lui présentait , il ne la conserva que deux ou trois ans. Cédant alors au désir de s'instruire , il vint à Paris prendre le grade de bachelier de Sorbonne , et peu après il se fixa dans celte ville , où d'étroites relations avec plusieurs savants déjà célèbres lui permettaient de développer son goût pour l'étude ainsi que ses talents. Lorsque les cendres de Descartes furent rapportées en France, seize ans après sa mort, Baillet nous apprend que Foucher, à peine âgé de vingt-trois ans , avait été chargé par Rohault de préparer un éloge du grand philosophe. Foucher est mort à Paris le 27 avril 1696.
L'idée a laquelle Foucher a attaché son nom est le projet, développé dans la plupart de ses ouvrages, de renouveler la philosophie académicienne, à peu près comme Juste-Lipse avait renouvelé le stoïcisme, et Gassendi le système d'Ëpicure. Hais sous le nom de philosophie académicienne Foucher ne comprenait pas les brillantes et sublimes spéculations du chef de l'ancienne Académie, ni même les doctrines plutôt négatives que sceptiques de Caméade et d'Arcésilas, mais le doute , et particulièrement le doute à la manière de Socrate et de Cicéron, c'està-dire une sage réserve, née du sentiment de la faiblesse de l'homme , et
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consistant à ne se Ger qa*à l'évidence , à ne point agiter de questions insolubles, à faire Taveu de son ignorance , et à discerner les choses que Ion sait de celles que Ton ne sait pas. Telle csl la méthode que Foucher considérait comme la plus haute expression du platonisme , et de laquelle il attendait le redressement de la plupart de nos erreurs et la fin des disputes stériles. Cette manière d'entendre Platon n*est certainement pas la plus fidèle; mais, abslroclion faite de l'inexactitude du point de vue historique y la pensée première de Foucher, s'il ne Tavait pas exa^ gérée, pouvait être utilement admise, même après Descartes et Bacon. 11 est, du reste, curieux d'observer en quels termes ce partisan du doute méthodique, qui devait fuiir par l'idéalisme, parle de révidence des vérités premières. Ces vérités, « il ne les a point faites, dit-il {Dissertation sur la recherche de la vérité, p. 75) , ni les académiciens ne les ont point inventées : elles sont écrites et imprimées dans tous les esprits ; ce sont autant de rayons de la lumière éternelle qui éclaire tous les hommes et luit incessamment dans le fond de leurs àmcs , malgré le nuage obscur de leurs préjugés ; il n'est point nécessaire qu'ils en augmentent l'éclat , et c'est assez pour eux de ne le point obscurcir. » Non-seulement Foucher reconnaît des vérités premières; il admet encore, sur la foi de la conscience et du raisonnement , la spiritualité de l'àme , son immortalité , et l'existence de Dieu , ainsi que son unité et sa providence, c'est-à-dire les dogmes les plus essentiels qui se trouvent ainsi placés en dehors des atteintes du doute , sous la sauvegarde de la raison et de la philosophie. Cependant il est une classe de vérités que Foucher ne peut se décider à admettre, ce senties vérités sensibles, c'est l'existence des corps. En effet, comment connaissons-nous les corps? Nous ne les connaissons et nous ne pouvons les connaître , de l'aveu de tous les philosophes, que par le moyen de nos idées et sous la condition (|u'elles les représentent. Or, une idée ne peut ressembler à un objet matériel , puisqu'elle est d'une nature différente; et quand elle y ressemblerait, nous ne le saurions pus, dépourvus que nous sommes de tout moyen de comparer Toriginal avec la copie. Nous devons donc nous abstenir de juger, et croire, à l'exemple des anciens sceptiques, que toutes les choses du dehors sont incompréhensibles. Si Foucher avait su se dcgnger entièrement des préjugés d'école et rester fidèle aux maximes établies par lui-même, il aurait été amené , comme le fut Reid, pur cette argumentation irrésistible , à repousser la théorie des idées , sans contester la réalité des corps ; mais, malgré la ferme volonté de faire au scepticisme sa part, il se laissa entraîner sur cette pente dangereuse qui conduit de la résene au doute, cl du doute à ridéalismc.
La méthode et les doctrines de Foucher étaient trop ouvertement opposées h celles de Malebranche pour qu'il ne saisît pas l'occasion de les combattre. Cependant, malgré l'allenlion qu'elle excita au xvii« siècle, la polémique entre ces deux philosophes ne porta, en général, que sur des points d'un intérêt très-secondaire, et les grandes questions y furent un peu laissées dans l'ombre. Foucher releva minutieusement, dans la Recherche de la vérité, sept suppositions dénuées de preuves et sept assertions contestables, dont la dernière est l'hypothèse de la vision vn Dieu. Il avoue que celte hypothèse ne fait pas moins d honneur au jugement qu'à la piété de Malebranche, qui a vu, dit-il {Critique de la Ae-