XXIV INTRODUCTION
à celui de Roubaud qu'U juge sans doule indigne d'être rapporté. rTesl-ce pas , d'ailleurs, s'attribuer sur ces auteurs le droit le plus étendu que de les faire connaître seulement par extraits, comme on le pratique constamment à l'égard de Roubaud î N'est-ce pas les mutiler? N'est-ce pas pécher contre la fidélité historique à laquelle on paraît tenir si fort? Donc , puisqu'il faut toujours en revenir à soumettre à sa propre appréciation les écrits anciens qu'on entreprend de renouveler, à s'établir juge de leur valeur, autant vaut le faire d'une manière ouverte et indépendante : on ne donne rien de plus à l'arbitraire, et le public y gagne beaucoup.
Avec ce respect pour les noms et pour les admirations du passé on se condamne à n'estimer que la forme et la lettre dans des matières où le fond et l'esprit méritent seuls attention. D'où suit une conséquence funeste relativement aux travaux dont l'éditeur dispose, c'est qu'il ne lui est pas permis d'en tirer tout le parti possible. Nos synonymisles , même les meilleurs, ne rencontrent pas toujours juste : parmi leurs distinctions, il s'en trouve d'évidemment mauvaises ou faibles ; néanmoins on les reproduira par égard pour des écrivains si considérés. Pareillement , si deux synonymistes traitant un même sujet ont obtenu pour résultat la même différence , on devra préférer le travail du plus célèbre , bien que celui de son rival lui soit peut-être supérieur sous plus d'un rapport. Ainsi des synonymes de Girard plusieurs ont été refaits avantageusement, et pourtant sans ch^gement fondamental , par l'Encyclopédie : les idées y sont exprimées d'une manière plus philosophique ou plus appropriée à notre temps, les exemples mieux choisis ; n'importe, on privera le public de ces per-* fectionnements, on donnera la préférence à la forme ancienne sur la forme nouvelle uniquement pour rendre hommage à la gloire de Girard. Que si ce maître habOe, mais non pas infaillible, se trouve sur un point combattu quelque part, dans Roubaud, par exemple, soit directement, soit par occasion, on rapportera peutêtre la réfutation , mais, quelque concluante qu'elle soit, elle n'empêchera pas de rapporter aussi l'article convaincu de fausseté. A plus forte raison ne daignera*t-on point prendre conseil des synonymistes étrangers. Que de lumières cependant on pourrait leur emprunter! Tous ont commencé par imiter Girard en distinguant les synonymes de leur langue correspondant à ceux de la nôtre que Girard avait distingués ; mais ils l'ont seulement imité, et parfois à ses observations ils en ajoutent dont l'examen doit faire revenir sur les premières. L'avantage est bien plus évident quand il s'agit de synonymes qui n'ont point encore été traités chez nous. Contre cetteréciprocité de services entre les langues on objectera, nous le savons» la différence de leur génie particulier. Mais cette différence n'est pas si grande que les synonymistes de deux nations ne puissent au moins se donner des avis. S'il faut user de ce moyen avec précaution, ce n'est pas une raison pour se l'interdire. Les mots main et écriture sont synonymes dans le sens où l'on dit d'un homme qui écrit bien, qu'il a une belle main ou une belle écriture. Nos synonymistes ne les ayant ]ioint encore examinés, celui qui voudra le teÀre trouvera dans l'article d'Eberhard intitulé Hond,S(?Ari/ï, d'utiles indications; car pour qui sait un peu d'allemand, il