XXXII INTRODUCTION
donnent lieu à une suite de travaux analogues, ayant plus de rapport avec la grammaire qu'avec la lexicographie^ s'éclairant mutuellement, et qui cadrent mal avec des articles courts et incohérents, résultat de travaux également analogues entre eux, mais bien différents des premiers; car autrement on ne saurait à propos de quel exemple déterminer la règle de distinction qui s'applique à toute une classe de synonymes semblables ; car enfin on serait exposé dans rétablissement de cette règle , ou à ne pas invoquer assez d'exemples de peur d'être long et de se répéter ultérieurement, ou à s'en laisser imposer par la différence particulière qui existe entre les deux ou trois mots pris pour exemples. . Cependant cette séparation semble entraîner deux inconvénients assez graves. Dans la seconde partie, dans le dictionnaire proprement dit, il faut que les sy* nonymes soient rangés en familles. Mais comme à ces familles appartiendront quelquefois des synonymes granunaticaux, se résoudra-t-on à les en retrancher comme ayant été déjà examinés'dans la première partie?' Ce serait une extrémité fâcheuse à laquelle heureusement rien n'oblige. D n'y aura qu'à répéter brièvement la distinction antérieurement établie, et, pour sa justification, à renvoyer à la première partie. Ainsi parmi les mots qui représentent l'àme conune affectée de déplaisir se trouvent attristé et eontristé à côté à* affligé^ de fâché et de mortifié. Et ce qui sépare les deux premiers ayant été indiqué ailleurs, il ne s'agira plus ici, après avoir montré ce qu'ils ont de spécial par rapport aux trois autres, que de rappeler sans aucuns détails la différence qui aura déjà été mise entre l'un et l'autre. Ces répétitions ne seraient pas moins inévitables si l'établissement de la règle avait eu lieu, non pas dans un livre à partj mais dans un des articles du dictionnaire proprement dit; car, ici comnielà, tous les exemples ayant dû être invoqués pour que rien ne manquât à la solidité de cette règle , il faudrait également, quand une famille se rencontrerait, contenant deux ou plusieurs synonymes grammaticaux, répéter de ceux-ci ce qui en aurait été dit précédemment. Hais dans la première partie, dans celle qui traitera des synonymes grammaticaux, abandonnera-t-on sans peine l'ordre alphabétique? Avec d'autant moins de peine qu'il est le plus déraisonnable, le plus illogique qu'on puisse imaginer, qu'il rapproche les mots les plus divers et éloigne les plus semblables pour le sens, et que, d'ailleurs, en ce qui concerne les dictionnaires de synonymes, il ne dispense pas d'y joindre une table à laquelle le lecteur doit nécessairement recourir.
Contre cette innovation s'élève encore une troisième dlGBculté que nous croyons avoir surmontée. On a déjà reproché àRoubaud d'être trop savant dans des matières et pour un public qui demandent beaucoup de sin^pîicité. Qu'importent à un lecteur, comme le sont la plupart, toutes ces précautions, toutes ces garanties de certitude? Ce qu'il veut en consultant de pareils livres, c'est que, sans le faire passer par des séries de raisonnements et d'inductions dont il n'a que faire, ou lui fournisse à l'instant des distinctions nettes. De savoir si elles sont légitimes, obtenues par des moyens que la raison avoue, c'est une question à régler entre synonymistes de profession. Point d'appareil scientifique; en pré-
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sPJitautTOtre travail, ayez soin de détraire Téchafandage ; il ne bit qu'embarrasser la irue. Hds que sera-ce d'un livre qui commence par accuser Roubaud d'avoir trop peu généralisé , d'avoir subordonné la théorie à la pratique, de ne s*èlre point assez aitété à fixer les principes de la méthode?— Voici notre réponse. Houbaud n'est pas trop savant , mais mal savant » savant avec diffusion et intempérance. Cest là, en effet, après l'extravagance de ses étymologies, ce qui a le plos noj au succès de son ouvrage, le meilleur sans contredit qui ait été
composé sur ces matières dans aucune langue. A le bien prendre, ce n'est point nn livre, mais un recueil de mémoires dont l'auteur se mettant à l'aise s'avance lentement vers la vérité en marquant tous ses pas, discute, combat ses devanciers, comme s'il parlait devant une assemblée d'érudits dont il brigue les suffrages. Cette science ne saurait convenir au public, surtout dans mi genre didactique comme celm-ci : il h lui faut concise, dogmatique et impérieuse. Nous avons tâché de lui donner ces caractères dans notre première partie, sans préjudice de h Tenté pourtant, et quoique nous y déduisions nos distinctions de principes plus généraux et plus catégoriquement établis. Mais lorsque la nature du sujet ne nous a permis d'arriver k ces principes qu'à force de longs raisonnements ou à l'aide d'une induction laborieuse, nous avons disposé notre travail de manière que le lecteur pût très-bien en connaître le résultat sans prendre la peine de parcourir la voie qui nous j a conduit. Chaque exemple est traité séparément en termes courts, qui se comprennent indépendamment de tout le reste, quoique, envisagé dans le tout, il soit en même temps une application et une confirmation de la règle. Quelqu'un veut-il savoir la différence de siamaehique et de $tmnatal^ de seerêianeni et d'en seereiy par exemple , sans éprouver le besoin, faute d'jnslructiou ou de loisir, de vérifier le principe qui a servi à la détermi-ner, il la trouvera exprimée nettement et brièvement dans un article particulier. Puissions-nous être parvenu de la sorte à satisfaire à la fois les esprits qui s'intéressent aux progrès delà science et ceux qui n'en goûtAt que les résultats.
Nous avons déjà donné le nom d'inductive à la science qui s'occupe de la distinction des synonymes granunaticaux ou à radicaux identiques. C'est ici le lieu d'expliquer et de justifier cette qualification. On appelle inductive la méthode à l'aide de laquelle l'esprit s'élève de l'observation de certains faits particuliers à des conclusions générales sur tous les faits de la même espèce. Ainsi procèdent les savants dan^ l'étude de la nature extérieure et dans celle de notre nature intime; ainsi procédera le philologue en recherchant les règles qui doivent guider dans la distinction des synonymes grammaticaux. D'abord, il en formera diverses classes d'après la léglère modification de forme, seule ca* pable d'apporter qi^elque différence de signification entre les deux mots synonymes de chaque e^mple. Cette tâche préparatoû*e n'offre aucune difficulté; elle ne demande qu'un peu d'ordre dans l'esprit et de patientes recherches. Une fois accomplie , un travail d'observation et de comparaison lui succède , ayant pour objet la découverte de la règle de distinction applicable à tous les exemples. Dans chacun la différence doit être la même : en conséquence de ce
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principe d^Hvm par tontes l^^ »moc99 induçtives, que Usr isulmes causes produi* sent tes m^mes effets, et qm tas mêmes eUbta sotu produite par les lutm^ > causes,, la mAme uK)dîâ<^ti<m gi»i»oiaticaJe doit, dans tous tas cas> flaire Tarôr de 19^0^9 U siguiflcatioPc. S9. quoi oousiste cette yariatîou, c'est préciséoxieAt ce qu'U s!wit de trw?er» ^^ pou^ ta trouver, ta philologue emploiera U>n& ses soim e( toutes tas rDSSOWOfs possibtas* U e»inwera cb»spxQ eitempta eu parli** cuHer pour w Hwd sortk ta diOér^nce; puis il la. compa^Tiera. aviec celles des auti^ exeiuptas d^ manière k saisir eutre tootas qu^jiae cbose de. commun ou à tas< vmm^&K tas uue» aux auteeso. Butre le& exeiaoî^Sr il eu remarquera de décisils, soit que ta diffi§reuce s'; «otoutire k découvert,, s^tque d'babitas s;uonymistes ; ataut déjà fait Aesi distimtioAs, d'uue irrité frapipaute. U ue négligera pas , w contraire il s'empressera de reeueUUr ceux q4 cette diffâreuce est telles meut. seusU^ta 9^% w reake plua eo4re les éêm tenues nucune spKiupita* Lorsqu'on aura des^lumèves suf£sa«A^ sw Teffet eausé dws ta se»^ de& mots pstf- la modiûeattaA grammatieata. qpi seule peut révétar la différence (tas syno* nymes d'uue etasseewttare». il s«ra fMile d'm tinei: une r^ géuérata pour ta distinction., um-seulemeut de e^9i^ qu'^m aui^a pi:i3 pour exemples, mais encwe de tous ceu^, aippi»rleuai»(.àta.fuéme: clai^se,< qu'eA pourrait avoir ooEûs..La règle étant àu^ncée titriénemeuA «t dQgmatiqwuMiPA» h ta. suite ^taudront les ei^^mptas qui ta préseuteroni ai^i^i^j^to pwi? taftleotaw^ ^ qui son application seuta im* porte, et justiitae^ pour oew mm ttanueut ^.fttse apurés, de sa rigueur.
Quelquefois, au lieu d'étee puiaie dmm Vemmeo et ta comparaison dés synor nymes mêmes de la. ctasae» ta counftissAiPQ&dis. ta valeui: propre à. ta modi&ca-* tiou grammatiçata qui. les^ difTéreneta irésulte tout^eutière d^ta^con^idéraiian de mots étrsDgers h eeUe cta^e m mftme k^ ta langue IraiQcaiae». C'est ce qui arrive surtout par rapi^ amsiruonymeft & po^es» m h taiwiuaisous. différentes. Ainsi » avant d'amver ik c^nuatoe ce qui dMtmgue tasi »uJI>«MLUti& spouymes de mtene radical tenuMés tas um en eni^: et les.Mtses eu: isi»^ uws> avons da rechercher tas nuaiices de aignifieaAioii attafihéee à ees deust. dé(»imeoces., eu comparant séparément un gpwà oenubre de mats en« mm S puia un grand nomlure d'autnes en ûma^; de aorte fue, mppffQGbanttas dew ^»taurs , nous amm pu étobUr d'une: maniôm gôuéf^ tas rapporta d'opp^Uooi, nâeesaairemieni; emr taoïts eutee les sjfnraymea dQ cette etasse \ Au surplus^ q^e: ce. soit au^ expressions mêmes àexpttqivFOuàd'atttiveis qui ae sont ppîuteo. questiuu ou. tout i la <oi& aux unes et am autres qu'on, s^aÂnesse peur ai^ii^ ta sens de ta m^^diftcation grammattaaift ». uk ptcriflttt^ twyuge Ueditesminer aumoïen d^l'lur ductioOk
TeBe est, rapidtaiBeiit esquissée^ tai méthode il fnAn» pour aesigasir aux synanymes grammalicausi leurs traita distHic^fs^ Sam deseendjce mi partioutauités de ceit» méthode dane ses diveisas appUcaitana^eaM a»(Miper sur taa détails
l.Voy. p.201.
Î.Voy.p. 2es.