TERMINAISON ANT
Cmsrs, courant. Reste, restant. Excès, excédant.
Uny a de noms de cette désinence que des participes présents pris substantivement, et les synonymes que quelques-uns d'entre eux se trouvent avoir manquent tous de terminaison signi^
STS. FRARÇ.
ficative. Quelle peut donc être la différence qui distingue des substantifs, originairement participes présents, d'avec des substantifs à radicaux purs?
Les substantifs à radicaux purs sont absolus et abstraits; ils représentent les actions ou les choses en elles-mêmes, indépeadamment de tout rapport, de toute modification reçue. Mais, en passant par le verbe pour donner ensuite naissance à un substantif de même désinence que le participe présent , un radical prend des caractères tout k fait opposés : il devient relatif et concret, il exprime L'action ou la chose comme étant telle ou telle , comme ayant lieu dans telle circonstance particulière. Parmi tous les substantifs à base verbale , cette obsen'ation s'applique surtout à ceux qui tirent leur origine du participe présent, puisque le participe présent désigne quelqu'un ou quelque chose comme étant présentement en action , dans un cas tout particulier.
COURS, GOURANT. Ils se disent des eaux qui coulent par opposition aux eaux stagnantes.
Courant rappelle Taction du verbe courir , au propre, et il est concret; il signifie les eaux en mouvement : l'agneau de Lafontaine va se désaltérer dans le courant, et non dans le cours. Cours est bien plus abstrait : d'ordinaire il se rapporte à l'espace parcouru et à la direction, sans donner l'idée d'aucun mouvement : le couff d'un fleuve s'étend de sa source à son embouchure ; il est droit ou sinueux ; on le suit comme on suit une route. Le courant , c'est l'eau courante , l'eau même en mouvement : aussi , comme on dit, dans ce sens, un courant d*eau pour désigner un ruisseau, on dit un courant d'air, un courant électrique.
Remonter le cours d'un fleuve , c'est retourner vers sa source; en remonter le courant, c'est faire la même chose , ^ais cette dernière expression représente la résistance qu'on éprouve de la part de l'eau courante. « Figurez-vous un homme qui, remontant une rivière , en combat le courant par de continuels efforts de rames et d^ bras. » Boss. Si on dit d'un fleuve que le cours en est rapide , impétueux , c'est d'une manière tout abstraite ; on a égard seulement à sa vitesse , et on ne songe pas aux effets que produit ce fleuve en courant, à la difficulté de le remonter et au risque d'être entraîné par lui.
L'idée propre du courant est si bien celle du mouvement exprimé par le verbe courir, que, suivant Condillac : « Le couri d'un fleuve se dit de la direction de toute la masse d'eau , et le courant de la direction de la partie la plus rapide. » Les obstacles établis sur les rivières augmentent la vitesse du courant entre les piles et cau.-ent peu de retardement à la vitesse totale du cours de l'eau (Boff.).
« Ces mots , ajoute Condillac , conservent c^tte différence au figuré. Suivre le cours des affaires , être entraîné par le courant des affaires : un l;on politique suit le cours des affaires, et ne se laisse jamais entraîner au courant. On peut suivre le xours des plaisirs , mais il ne faut pas se laisser entraîner au courant, s « Un ministre n'a
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PtEHIËRE PARTIE :
le temps d'écoater ni instructions m conseils, le courant ées affaires remporte. 9 VbLT.
RESTE , RESTANT. Ce qui reste d'un tout.
Restant ne se dit absolument que de choses matérielles , que de ce qui restp d'une quantité ou d'une somme concrète; reHê s'emploie au moral et dans le sens abstrait, comme au propre. Le propriétaire d'une maison en kme d«ux étages , et garde pour lui le restant; mais en arithmétique, on soustrait un nombre d'un autre, afin d'obtenir un reste et non pas un restant.
EXCÈS, EXCÉDANT. Ce qui Ta au delà de la mesure.
La différence est la même, mais plus sensible encore , entre ces deux mots qu'entre les deux précédents. L'un n'est d'usage qu'en parlant de choses abstraites, et l'autre qu'en pariant de choses concrètes. En arithmétique , on dit excès , comme on dit reste; il en est de même au moral , quand on veut exprimer ce qui excède les bornes de la raison, de la justice, de la bienséance. Kais , s'agit-il de quantités concrètes , on ne peut se servir que du mot excédant. « Il doit être permis de vendre à ses voisins Vexcéâantée son blé.» Volt. Henri IV avait pour principe qu'on n'a droit d'exiger des cultivateurs que Yexcédant de leurs besoins (Mark.). « Lorsque les nations ont une monnaie , et qu'elles procèdent par vente et par achat , celles qui prennent plus de marchandises se soldent , ou payent V excédant avec de l'argent. » MONTBSQ.