INTRODUCTION. XXXVII
et de complaire f de râle et de rdlement? Elle ne dépend pas tout entière » comme on ponrraii le croire , de la yaleur propre de la préfixe ou de la terminaison dont est privé le simple et pourvu le composé. Abstraction faite de cette valeur, par cela seul que de deux mots synonymes Tun est le radical pur et nu qui entre comme élément principal ou comme base dans la composition de l'autre , il n'j a point entre eux identité; car le premier a, lui aussi , des traits Ciiractérisfiqnes. Il exprime l'idée commune sans modification , d'une manière simple et absolue, c*est-à-dire, suivant les cas, d'une manière complète et non partielle, sous tous les poinls de vue et non sous tel ou tel ; ou bien objectivement , en soi , et non sabjectivement , en rapport avec un agent , avec sa manière d'être , d'agir et de penser; ou bien, si l'idée commune est une idée d'action, le simple la représente comme elle a lieu d'ordinaire, sans rien de remarquable dans son mode on dans la manière dont l'agent se porte à la faire. Mais cette règle si générale ne pouvant pleinement ni se comprendre ni se justifier sans des détails et des exemples trop nombreux pour figurer ici, le lecteur voudra bien pour les applications recourir à l'ouvrage même ^
Une dernière observation regarde principalement les synonymes à terminai* sons différentes. Deux mots composés peuvent avoir un seul et même radical, et pourtant différer par ce radical même. Il suffit pour cela que le radical commun ait, avant de devenir la base de ces mots, subi des influences grammaticales diverses en passant par diverses parties du discours. Ainsi l'identité de radical s^ aperçoit d'abord dans les synonymes sac et saccagement , ouirageux et outrageant^ prudemment et ax^ee pmdenee. Cependant sac n'est devenu saccagement qu'après aroîr servi à former le verbe saccager avec lequel il a contracté une sorte d'affinité ; outrageux vient immédiatement du substantif outrage , et outrageant du verbe outrager; prudemment ^ et non pas prudence ^ a été formé de Tadjectit prudent. C'est une considération qu'il ne faut jamais négliger, car les mots dîfEèrent quelquefois notablement par leur plus ou moins de rapport avec telle ou telle partie du discours à laquelle leur base a d'abord appartenu. La yaleur de la base commune à deux mots synonymes , par cela même qu'elle leur est commune , ne pouvant fournir aucun indice touchant leur différence, il faut rechercher le caractère relatif de cette base , et pour ainsi dire, sa consanguinité. Sûvant Platon et Aristote, qui avaient fait du langage une étude approfondie , il n'y a que deux mots essentiels, le substantifs relatif à l'espace et pour les choses pennanentes, et le verbe^ relatif à la durée et pour les choses fluentes. A quoi il faut ajouter que l'oc^'ec^t/ ressemble plus au substantif qu'au verbe. Si donc deux mots synonymes révèlent par leur terminaison ou autrement qu'ils ont, l'un une base nominale ou adjective, l'autre une base verbale, quoique la même au fond, c'est-à-dire , l'un plus de rapport avec le substantif ou l'adjectif, l'autre avec le verbe , il s'ensuivra un puissant moyen de les distinguer ; on pourra mettre entre eux Topposîtion de la permanence et de la contingence , de l'être et du phénomène, de la substance et de Tacicident. C'est une règle que m)us avons suivie
1. Voy. passim, de la p. 107 jusqu'à la fin de la 1** partie.
XXXWn WTROWÏCTIOIf.
eoDStomineiit dans Pétude des synonymes à lerannoisons ffiflérente8^ Nous nous en sommes même servi pour distinguer les synonymes à radicaux dÎTers ; car elle est d'une application unÎTerseile. Ainsi , par exemple , entre blessMre et ptai0 la principale et même Tunique différence qu-il y ait tient à ce que le premier de ces mots » mais non pas le second , témoigne par sa terminaison qu'il inent d'un verbe '*•
^,.^M^# JL smm i^ur 4i9lwgiMr Jm ^ynoDytoefl à railicuv dïTan, on» qui î<mi U mtyii^re 4u JH^iQnnaiu ^ tynonymef propremeat dit
MainteBafit exmninons quelle doit êlre la méthode des 8yiK>nymes étymologiques o<t k radieaux divers. Les synonymes , avons-nous dit, se divisent en deux sortes prindpales , suivant la nature de leurs différences , les grammaticaux et le^ lélymologiques. Les différences des premiers ont leur raison dans des modifiealioBs grammalicales , dont la valeur ne pevt être sûrement déterminée que par la comparaison d'un grand nombre de synonymes où eQes se trouvent D'où la nécessité d'en former l'objet d'un traité spéei^d , où Us soient rangés par dasses, qui admettent diacune sa règle d^e distinction. Ce traMé produit trois résultats. Quantité de mots synonymee deux à deux » et qui ne scmt liés à d'autres par aucun lien de synonymie , sont distingués sane retour et mis liors de cause. GeiK qui reparaîtront dans des fanâlles dont l'idée commune leur convient, n'y reparaîtront que distincts entre eux et chaoun avec sa physionomie pmpre. Enin, les principes établis pour la distinction des synonymes grammaticaux purs serviront aussi quelquefois à mettre des différences entre les synonymes à radicaux divers et , par exemple , entre bUmirê eXpMe , comme il vient d*ètre dit, enitce 4&^deur et êom^nce^ durée et temp^^ fortuné et beunux^ etc. , Les synonymes & radicaux divers tirent leurs difSèrences de leurs radicaux mftmes. Or, la valeur de ces radicaux , et celle par conséquent des synonymes ^'ils dififfirèncient ne peut s'obtenir par une méthode de classification, de raçproehemenÉ et de comparaison analogue à celle qni convient à l'égard des synonymes grammaticaux; ellet se détermine par l'étymologie au moment même où l'on examine dans chaque exemple ou dans chaque groupe la signification essentielle des termes qui y figurent. Il ne s'agit donc plus ici d'un traité, d'une oçttvre systématique , mais d'un simple dictionnaire dans lequel se trouvent rangées salon l'orcfane alphabétique des familles de mots ^asi-équivalents.
Toutefois , il y a aussi pour la composition de ce dictionnaire , quoique la tliiorie ou la science y joue un moins grand rèle, des régies à observer. Les premières r^iardent le moyesi de reccmnaltre quels mots peuvent et doivent y être
1. Voy. p. 164, 168, 115, 180, ee qui concerna les «ubstaiïtifii purs, sans terminaisons «ignifieatives , cenpvés Arae les subvtmLifs Teièaiiz ea «lenl, io», «ra.et o^fz-p* 188, oe qui sa rapporte aux fn9bc^Vintif»fiya9iiy«es t^mw^ «a ^ ot «n t«n; p.. W t cogui est' dit 4e0 a4j«etiCB en«u«etea«al.Oa peut aussi «oa^ulter Tarticlft 46A «diverses et des plirases adverbialet , p. 86 , et celui où il est question d>d|ectifs venant, les uns de ye^bea, les autres de substantiCB correspondants {menteur , inensonger; loueur, louangeur; etc.) p. 89.
î. Voy. p. 406.