‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 196 sur 426 · TERMINAISONS ON, JLRD M EUR · texte numérisé non relu

TERMINAISONS ON, JLRD M EUR

Grognon, grognard, grogneur.

GROGNON, 6R0GNARI», GMGNEVR. Qvà gio-

gne.

Le grognon est tel , est ainsi fait , a tel défaut, et ce défaut chez lui se considère en lui-même. Le grognard et le grogneur ont la qualité d'agir de telle manière, de produire tel effet sur les autres; c'est-à-dire que grognard et grogneur, au lieu de qualifier le sujet eu égard à ce qull est, le qualifient eu égard à ce qu'il fait. Le grognon est un esprit mal fait , un esprit de travers qu'on plaint et qu'on laisse à l'écart; le grognard et le grogneur sont des importuns qui as-

STNQNTMES fiUI OHT U MSm RADICAL.

fup leov ]nttTmi»e& Sowr corrigper le poffièom, a fuidmit 1» duagsr totalonMat, la refaire , en qnelqee sorte ; il ne e^agit pas de corriger le §rogfiatA et le ^n^^Mur, bum de leur éekafper.

Beale à distingnef fngn^rd. et ^rognenr. le ^Tvgneur grogne; le grogièemd ne fait que grognec y. gnegne à toot pn^oe^ peur Las plus petits svjeta. Ce qui déplaît daae Tiio , c'est le fait de grogner, et dans Tautre, c'est la fréquente répétition de ce ftit. Le gregmeur peut ne grogner que rarement, ou même n'avoir grogné qu'une fois, et ponr un sujet esses sérieux; le grognard a la muiie de grogner, grogne àehaqoe instant et à probes de lien.

TERIHNÂISON AL.

Amiymmikai, Bruii$y hrmiai (evbst.) ; hnt$y fmÊka (adj.y.

Gtftiedéanenee cortespond enatenent à la dénneoce latine ato, et dans les deux langues elle i pour rot^Cnaire «ne base nominale. Regaliêy f^yai;. armMatU, orienM; mmraUi, mu/rai;. serai», «aral; teferolû, UUéml; «tUHtcipoits, mmmieipàt; sqnricvafis, Mêlerai; tegaligy lésai; generaftr , général. Le» adjeetiâ , ainsi terminés, expriment que l'idée de leur radical contient à la cbose, au nom de laquelle ils se joignent. Oriental, dans pays oriental, marque qu'il y a rapport, xelatien, oonranaase^ entre l'idée de V Orient et celle du pays en question. Mais en quoi consiste préetoémeet se Rapport?

Beaucoup d'adjectifs de cette désinence signifient un rapport de posiiion dans Tespace , et c'est là sans doute ce qu'elle est primitirement destinée à marquer. Tels sont , locctl, central , départemental, latéral y Umgifadinal , marginal, vertical, horisontaly diamétral, oriental, septentrional, trilatéral^ cardinal, orthogonal, rhomhoidal. diagonal, mural j transversal, terminal. Pour indiquer les différentes parties du corps par le lieu qu'elles occupent, l'anatomie les désigjne toujours à l'aide d'adjectifs en al : occipital , om- Ulieal , rénal , spinal , dorsal , temporal , tibial , vertébral y mseér€U, intestinal, labial; os coroatUy /Vtmfol, cubital, etc. -^ Bneuite , l'analogie qui existe entre Tespaee et le temps a conduit à exprmor aussi perla terminaison al une relation de durée. Exemples : amtàl y déseimal , qtttnqicennal, seplemisi, friemiai^ meennal^ qiiîadiragéspfmal, diumaly matinal ^ imsnémorialy hivernal, vemal^ estival , ^inoaicd y.s(dsHtiaL IGais la désioenoe: ai^'eetne e<, sinple variété de la dési* iieB& al, se troave {dus particulièrement encore chargée de marquer cette seconde relation, conme on le TOit par étetnely msnstrml^asmml, perpéfesiy mcsiàÊnMy éventuHj ocsasionnely arcon^ AsKtei, actuel , eonêinua , pometuek Qsekittefois Ifli a4jectifr en al sont également propres à déternuaer, en même temps, ce qu'est la chose sous Ift lappost de l'espace et sous celui de la durée : tefe sontMiai (lien et jour), fnaly tokri. — Materellement les adjeetiis en al, d'abord représenlitiis du nng et de la disposition dans l'espace

et la. durée, doivent devenir repréeeatatils da rang abstrait, de l'ordre social , de la dignité. C'est ce qu'attestent de nombreoz exemples : Impérial, seigneurial y épiscopal, presbyUral, sacerdotal^ royal, mmùcipal, syndical, dueal, éUetoral, doctoral, rectoral, magistral, féodal, vassal, déteamrai, papal, paUriarcaly pastonly peutifical , capital , principal.

Ces adjectifs ne font point eonsattra ce qa'ast la chose en elle-même, dans sa composition, mais seulement avec quel lieu , avec quel temps, avec quel rang oii dignité elle a du rapport; ils sont significatifs de qualifications extrinsèques. Quelquefois même, et l'analogie mène aisément de l'un à l'antre, il» déterminent avec quelle forme ou avec la forme de quel objet cette même chose a du rapport, convient. Tels sont, monument tal, colossal, pyramidal. Et, ce qui est vrai dans le sens concret Test bien davantage encore dans le sens abstrait, c'est-à-dire que beaucoup d'adjeetifs en al servent à caractériser des formes , des ex«pressions, des façons déparier, comme ecteerMol, proeer&to^, trivial, granmaêical, lUtéral, en bien indiquent avec quelle ehose le siget & &a rapport quant à sa forme , à son extérieur , comme brutal, gladal, sentimental', théâtral, légal, sépulcral, infernal, bestial, arbitral, IsstîsvmM, paradoxal. De sorte que ces adjectids ou se disent de choses qui ne peuvent être considérées que quant à la forme , ou s'appliquent à des choses en tant qu'on en considère la forme.

Une autre idée , mais toujours extrinsèque , at^ tachée aux adjectifs en eî, est celle de fin; s'està-dire que plusieurs se joignent au nom des choses pour exprimer leur destination. Exemples : bap* tismal , causal , lustral , thermal , triomphal , la* orymal; idée qui domine aussi dans les subetanf* tifs analogues, arsenal, bocaly coimU, fenal, piédestal.

^tnsi, en résumé, tel est le sens de la termineison ai : elle indique un rapport, une convenance entre l'idée du sujet et celle qui est représentée par le radical de l'adjectif. C'est une terminaison de qualificatifs extrinsèques et fer^ mels qui déterminent la chose en faisant con-» naître sa position dans l'espace ou dans le temps , ou bien à quelle autre chose elle convient quaa* à sa forme ou à sa fin , c'est-à-dire , en un mot, une relation éloignée qui ne concerne que le dehors et non l'essence , le fond de la chose.

Hais , avant de mettre les adjectifs finissant pas al en comparaison avec leurs synonymes à tarmi<» naisons déjà examinées précédemment , il &ut las rapprocher de leurs synonymes sans terminaison significative, lesquels peuvent en même temps é:tre considérés comme leurs bases.

AMI, AWCAL. Ami se prend quelquefois a^feo* tivement dans le sens d'amical : langage ami y visage ami.

Vais il a «i sens plein , absolu , auquel ne peut atteindre amical. Celui-ci , en vertu de sa terminaison, signifie qui a du rapport, qui convient avec ce qui est ami. Parler un langage ami , c'est parler en ami; parler tm langage amical, c'est parler «rec quelque chose d'ami, approchant comme le ferait un ami; sans compter qp! amical

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