‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 197 sur 426 · PREMIERS PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERS PARTIE

s'arrête plus à Texpression , à la forme. Dieu nous distribue les biens et les châtiments d'une main amie (Boss. , Mass.); regarder quelqu'un d'un air amical [S. J.) , parler à quelqu'un d'un ton amical (Bbauk.), avec une liberté amicale (Harm.)-

De même en latin , parilii , pareil , à peu près égal , est un diminutif de par , égal ; il signifie un peu plus que similis, semblable. C'est aussi la différence qui existe entre régiuSy adjectif dont la désinence n'a pas de valeur propre , et regalis : animus regius veut dire le courage ou les sentiments d'un roi ; animus regalis, des sentiments de roi ou dignes d'un roi. On distinguera de la même façon graciliu , malade , et gracilis , maladif. Amicus fidus est un ami sûr; amicus fidelis , un ami qui est comme sûr, en raison de ses bonnes qualités , de sa constance , chose d'où dépend cette sûreté relative.

X BRUTE, BRUTAL. Il y a quelque synonymie entre ces deux mots quand ils s'emploient substantivement , pour qualifier une personne trèsdéfavorablement , et de manière à la ranger plutêt parmi les êtres privés de raison que parmi les hommes : c'est une brute ; c'est un brutal»

Brute reproduit pleinement le sens primitif du mot; brutal l'affaiblit; le brutal est celui qui participe de la brute, dont un des attributs est une manière d'être de brute.

Hais , en outre , brute , n'ayant pas de terminaison significative, est absolu, et brutal est relatif, par la raison contraire : c'est pour soi qu'on est brute, c'est-à-dire sans raison, sans esprit, ou sans modération dans la satisfaction de ses appétits; c'est envers les autres qu'on est brutal, c'est-à-dire grossier, rude et violent; d'autant plus que la terminaison de brutal lui donne un rapport particulier à la forme, aux manières, aux procédés. — Pareillement en latin , xquus est opposé à tarius , qui change , et signifie égal à soi-même; sequalis est opposé à diversus, qui diffère , et signifie égal à un autre.

c Le jeune Gaton , durant son enfance , semblait un imbécile.... S'il ne fût point entré dans Tantichambre de Sylla , peut-être eût-il passé pour une brute jusqu'à l'âge de raison. « J. J. Voltaire dit en parlant de la théologie : « Nous avons été plus loin que les Grecs et les Romains dans plusieurs arts ; et nous sommes des brutes en cette partie. > — « Ce sont des brutaux (les Parisiens) , ennemis de la gentillesse et du mérite des autres villes. » Mol. Le même écrivain dit de certains maris que ce sont

De ces brutaux fiefîés qui , sans raison ni suite ,

De leurs femmes en tout contrôlent la conduite.

Même différence entre les adjectifs brut et brutal ; ce qui est brut n'est nullement dégrossi , est tout à fait brutal , mais d'une brutalité absolue , dont les autres n'ont pas à souffrir: ce qui est brutal a quelque chose de brut, des manières d'agir qui sentent la brutalité. < Toutes les habitudes du buffle sont grossières et &rufex. «Buff. c Le monde pensant s'améliore un peu , mais le monde brut sera longtemps un composé d'ours et de singes. » Volt. « L'idée de vie immortelle se trouve dans toutes les nations qui ne sont pas

tout à fait brutes, > Boss. c Le peuple est livré en naissant à un naturel hrut et inculte. 9 Mass. — a Les soldats de la garde de Pilate traitèrent Jésus d'une manière également bruiale et impie : brutaie, sans aucun sentiment d'humanité. » Bousn. cVauban avait un extérieur rustre et grossier, pour ne pas dire brutal et féroce. « S. S. « La crapule endurcit le cœur, rend ceux qui s'y livrent impudents, grossiers, brutaux, cruels. « J. J.

TERMINAISONS AL et IF, Causai^ causatif.

GAUBAL, €AUSATtF. Termes de gramniAÎre, applicables aux mots et aux copjonctions qu'on emploie pour arriver à rendre raison de ce qui a été dit : car, parce que, sont des conjonctions causales ou causatives.

Causal, relatif à la cause, ayant rapport & la cause ; causatif, qui a la faculté de marquer la cause. Il y a dans la première désignation plus de mollesse et de vague ; que d'autres choses peuvent aussi se rapporter à la cause et de combien de manières! La seconde annonce précisément un terme de grammaire , un terme technique ^ et détermine dans quel rapport est la conjonction à l'égard de la cause qu'elle a la vertu d'exprimer. En logique on distingue des propositions causales (M ARM.), et non pas causaJti'MS .-j'existe, puisque je pense.

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