SÙ
PiEttlfiRE PARIIS
ils signifieiU seul : DUu est uf»; 1& chasse est Vuaique occupation de cet honune ?
L'adjectif marqua la possession de la qualité, sous deux points de vue, dans les personnes et dans les choses. 11 la représente d'ordinaire dans les personnes comme pleine, entière, absolue*, dans les choses, comme incomplète, relative, comme quelque chose d'emprunté, de possédé par participation. Or , il arrive assez souvent au même adjectif d'exprimer à la fois les deux points de vue. Ainsi fouuUique , hérétùpie , sceptique , comique , cUus%q.ue , oynique , s'appliquent également, et dans le sens absolu, aux personnes douées des qualités dont ils sont les signes , puis , dans le sens relatif, aux choses dans lesquelles il y en a quelque trace : un fantUique , un hérétique , un sceptique , un comique , un élastique , un cynique ; doctrine f(matiq^e , hérétique , sceptique , comique , classi<iue , cynique.
D'autres fois , ces deux fonctions sont remplies par deux sortes d'adjectifs, et quand de ceux-ci l'un se termine en ique , c'est toujours celui qui s'emploie relativement et en parlant des choses. Ainsi difièrent oristocraHque à'aristocrcUe , démocratique de démoeratey astronomique à*astronome, philologique de philologue y géométrique de géomitre , prophétique de prophète, et même synonymique de syiumyme , quoique ce dernier ne se dise pas des personnes.
Une chose remarquable, c'est que parfois la langue hésite beaucoup à ajouter L'adjectif relatif en ique à l'adjectif aJasolu qui lui correspond , tant elle craint de se surcharger de mots inutiles.
Idolâtrique est un mot nécessaire quand il s'agit de qualifier des choses dans lesquelles on remarque un peu d'idol&trie, une sorte d'idolâ> trie : rendre à l'antiquité un culte ou des hommages idoldtriques, Idoldtre exprime la même chose , mais d'une manière plus pleine ,, plus forte ou plus affirmative. « En Chine on honore les ancêtres et Confutzée ; on immole des animaux, etc. Ces cérémonies sont-elles idoldtriques? sont-elles purement civiles?... Le curé Maigret déclara non-seulement les rites observés pour les morts superstitieux et idolâtres , mais il déclara les lettrés athées. » Volt. Cependant l'Académie ne mentionne point idolâtrique , malgré l'autorité de Voltaire et de plusieurs autres écrivains qui l'ont employé comme lui. s Les jésif ites , en Chine , permettaient à leurs néophytes des cérémonies superstitieuses et idolâtriques, » S« S; a La philosophie égyptienne est la plus idolâtrique de toutes. » Lâh.
Un autre adjectif du même genre a peine à s'introduire : artistique excite une répugnance presque générale , mais mal fondée. Sa nécessité d'abord n'est pas douteuse. Gomment l'éviter dans une phrase telle que celle-ci : examiner une oeuvre sous le point de vue moral et sous le point de vue artistique? Dirai-je, sous le point de vue de Vart? Mais je serai moins concis, et c'est uniquement pour éviter l'inconvénient d'une semblable périphrase, que j'emploie moral , philoso^ pM'que, littéraire, quoique je pusse m'en passer en disant « par exemple , sous le point de vue des mœwrs, d« la philosophie ^ des kUres. Serait-on
choqué de la composition du mot ? Elle n'a cependant rien que de régulier. D'art, latin ors y vient artiste, d'où artistique; tout comme de lingua, langue, linguiste, d'où linguistique; science du linguiste ; tout comme de pape , papiste, d'où ptpistique, fi9équemm£Oi employé par Bossuet; tout comme de cabale , cabaHste, d'où cahaiistiqve; tout comme de caraet^e , cffractéristique , au moyen de l'imaginaire earaUériste; tout comme à*aphorisme , aphoristique , de syllogisme , sylVogistique. Artiste qualifie la personne; artistiqxte peut seul qualiiSer ce qui ht concerne , ses œuvres , son genre d'occupation. Les deux mots exprimant deux vues de l'esprit, méritent d'avoir cours l'un et l'autre.
Un Arabe, un Perse, sont des hommes nés et demeurant en Arabie, en Perse, ayant les mœurs et jouissant des droits de ces pays: vous appelez arafttqiw 5 persique, certains genres de choses , et ces choses ont avec l'Arabie et la Perse un rapport moins étendu , moins complet ; elles se trouvent en Arabie, en Perse, ou dles en viennent.
De même , la désinence latine tctir s'appDque particulièrement aux choses et dans tous les cas elle est diminutive, atténuative. GaUus se dît d'un homme bien plus Gaulois que le GaUieus: celui-là est né en Gaule; celui-ci ne fait qu'habiter la Gaule où il n'est pas né : copix galliae, les troupes de la Gaule.
En général , la confusion n'est guère possible entre les deux qualificatifs, l'un en ique, l'autre dépourvu de terminaison adjective qui ait un sens assignable, puisqu'ils s'appliquent, le premier aux choses et le second aux personnes. Leur synonymie n'a lieu que quand ils se disent, ou tous deux des choses , comme idoldtre et idolâtrique , canon et canonique , ou tous deux des personnes , comme colère et colérique , ou tous deux des choses et des personnes, comme un et unique. Idolâtre et idoldtrique ayant été déjà distingués , les autres exemples méritent seuls un examen à part.
DROIT CANON, DROIT CANONIQUE. Droit des canons, science du droit ecclésiastique, fondé sur les canons de l'figUse, sur les règles des conciles, les décrets des papes et les maximes des Pères. ^
Pendant le xviii* siècle le Dictionnaire de FAcctdémie , au mot Droit , donnait également droit canon et droit canonique. Par quelle fiuitaîsie l'édition de 1835 a t-elle retranché droit canonique? C'est une innovation que rien ne justifie, et qu'auraient désapprouvée, comme on va le voir, Montesquieu, Voltaire..et Condillac.
Le droit canon, le droit appelé ou intitulé canon , se dit quand il s'agit dé la chose ou de la science en général , du corps ou code , de la législation des canons , sans égard à quelque chose de particulier qui y soit contenu, a On dirait , à entendre le critique, que l'auteur (de VEspritdes lois) vient de faire un traité de théologie ou un droit canon , et qu'il résume ensuite ce traité de théologie et de drott canon. » Moittesq. « Le code de droit canon. » Volt. « Savant dans le droit civil et Ifi droit canon, » In. « L'empereur Frédé-
STNONYHES flfVT (HIT U MÈKÊ RADICAL.
m Jî POfoie seftfenagitemwK le 4rtcr ocmoii, pi^ Mié par Gnigoin» DL > Id, « Il n'y a 14 ( chez les Tartares) m Aroit civil ni énU cgtie», ni eoneiles, ete^» iD.—llMsledfBi^conewéquey en eoQséqaenee de )a tenônaison i^, qni donne aa second mot 'on certain rapport i la matière dee casons , àce qui y est tmté, se dit qwnd il s'agit des particularicés, des discussions, des maximes, âiss dédsioiis, des questions, des règles contenues dans cette sorte de droit. cPar le é^aiê canonique celai qni enlève d'un lien sacré une chose privée est poni du crime de sacrilège. » HoimsQ. « Cet usage s'était introduit dans les cours d'Ëglise , où Ton ne voyait que les maximes dn tffoit eantmiepu. » Idl < Le éroit eantmique ne pennet pas le «Uvoree. » Tolt. < Nous avens dans le drmt ccmomqw nn décret du pape Innocent III , qui enjoint....* In. c Teb sont la principes incontestadiles du véritible dfoii canoniqmécmX les règles et les décinons doivent être jugées d'après les vérités étemelles et immuables du droit nsr turel. > In. c Selon les principes du droit canoniqw , les hieas eeclésîastiques sont sasrés et intangibles. »In. «(Test une grande question dans le êroH esnoiiifue, st.... 3> Id. « Le droil eam^ nique ofiRrait de moindres difficultés : car on Vaurait aisément reconnu , si on eût consulté l'Écriture, la. tradition, les décrets des conciles, les lois des empereurs , les capitulaires de Ghariemagne, etc.» Gonn.
On. ètuéàe ou on enseigne le dnH eamon; on examine ou on èttekeit na point de érmt canenigue.
COLÈRE, C01ÉftI<]VS. Qui se IsesBe aisément emporter à des mouvements de colère •• ■
Ce qui est hahitude daas fhommep eêlèn n'est que propension dans TAonime iolérifue : Viia est de fait et décidément ce que l'autre est simplement disposé à être. Ausei dit-on caffactère (Bu¥F.) et humeur (Acad.) cohirique, et non colère. Et , d'un autre côté , on dit bien colère, mais non colérique , pour qui est actuellement en colère: « Si l'ardeur #un sang qui s'enfhunoie rend l'enfant vif, emporté , eolère , on voit le moment d'après toute la bonté de son eoeuv. « J. J. Il fitut éviter les emportemens de Fliomme eo4èfe, et chercher à corriger le naturel des enfants colériques. — De même le detpoie gouverne de ftiit d'une manière absolue et arbitraire; Thomme despoHque a simplement le goiH de eettsssrte de gouvernement.
En second lien , colMqve le cède encore à coière en ce qu'il dénote une colère plutôt risible et pe^ tite que sérieuse et redoutable. Achille (IVaric.) et Alexandre (Fés.) étaient eoUres: « Ken nous préserve d'un despote colère et barbare f » Volx. Colérique est comme un diminutif on tm terme comique : il se trouve dans le SganateUe de Molière , dans Zadig et Candide de Voltaire , et Bu*fon remploie pour exprimer le c«actère de petits animaux , d'une belette et d'unesorte de mésange, par exemple, a Le pasteur Bunxof est un bonhomme au fond , mais fi est fbrt aeiériq^e. » Volt. Puis snvt un trait plaisant de cdère de I. Dumol.
UN, IWIQra. Seul. Dieu est «»/ la foi e« la
reËgiaD est «ae. Son fib «nique; son «luqiM som, son «nifue intérêt.
. Dans u% l'idée de l'unité est plus dominante et pins essentièUe que dans w^que» Ce qui est un ne peut pas être plusieurs, on tenterait en vain de kâ iiiscitiff «a rival : ce qui est unique se trouve n'éire pas plusieurs. Ufi entraîne l'idée de l'i^ligatiDn de respecter l'unité et de l'impossibilité de la détruire; c'est pourquoi la république française s'était appelée une et indivisible. — Un est abstnôt, parement numéral, et dans les locutions qui le camportent, il attire toute l'attention ; unique se place avant ou après un substantif sur lequel il n'empêche pas l'esprit de se porter : le malade a lait venir son unique héritier.
De nouveaux exemples pourraient être ajoutés aux précédents. Kais la règle de distinction, autrement exprimée peut-être, resterait au fond la même. Ainsi il y a plus de misanthropie dans ce qui est iimeuiUhrcffo^o dans ce qui est mÙÊMtluropiquê. « Toutes les passions sont mif onlàreper, et ne tendent qn'à la destruction totale de l'homme, a P. A. L'esprit géomètre (Volt., a'Al.) est comme le géomètre , empreint de géométrie , c'est la géométrie qui le caraetérise et sert à le dénommer; l'esprit géométrique a quelque rapr port à la géométrie, annonce pour la géométrie un talent moins décidé et moins dominant. Mais, en revanche, ce talent étant moins spécial, est plus étendu et peut s'appliquer à d'autres choses que la géométrie. C'est ce que remarque expressément df Alemhert.
TBHldNIAISONS 1^007 bt EVM.
Pacifique^ pacificaieur.
FACflnQUB.PAGIFIGAZEVR. Le radical et l'idée commune de ces deux mots sontpocem facere, fiiire la paix.
Hais le pacifique a sin^lement rapport à l'éta^ blissement de la paix, y est porté, enclin; au lieu que le pacificateur agit ou a agi effectivement pour opérer la paix. Pacifique qualifie un sujet d'inhérence et marque un trait du caractère; pacificaUuw qualiôe un sujet d'action et exprime un trait de la conduite. Bourdaloue dit devant Louis XIY qui venait de donner la paix à l'Europe : « Heureux les pacifiques, et encore plus les pacificateurs. »
TERMINAISONS TQUX bt EUI.
Harmonique, harmonieua, Sulfuriqtie, sulfureux; nitriqw, nitreux; arsénique, arsénieux; phosphorique , phosphoreux; sélénique, sélénieux.
Ces deux terminaisons expriment que l'objet qnaliâè contient de ce qui est signifié par le radical auquel elles sont unies. Mais elles difl&rent par 1er degré et l'effet de cette participation. Terminés en iqse, les adjectifs marquent simplement qv/llya éans l'objet, dont ils accompagnent le nom, de la chose représentée par leur radical, de manière à faire connaître seulement le gense anqnel appartient cet objet. Quand la terminaison est en e«9 , ee même objet apparaît comme poa-
PREHIËRE PAIITIE
sédant avec plénitude , avec abondance , de cette même chose , de manière à produire sur nous tel ou tel effet , ou tout au moins plus d'effet.
HARMONIQUE, HABXONIEUl. OÙ il y a de Tharmonie.
Harmonique y usité principalement en musique, qualifie d'une manière abstraite, froide, sans degré ; il indique le genre de Tobjet en marquant son rapport avec Tharmonie, mais sans aucun égard à l'effet agréable qui en résulte; il est simplement désignatif ou caractéristique : le beau harmonique (P. A.); les institutions harmoniques de Zarlin (In.). Harmonieux ^ plein d'harmonie , est un mot du langage commun qui se rapporte toujours et surtout à l'effet produit, et produit avec plénitude : il est expressif. « Vous me faites entendre les sons les plus doux, les accords les plus harmonieux : c'est un plaisir pour l'oreille. » P. A. — « Il résulte en total pour chaque nation le même degré de plaisir harmonique de la lecture d'une page de Gicéron ou de Virgile , quoique tel vers de Virgile doive paraître plus harmonieux à un Français , tel autre à un Allemand.» D'Al.
6ULFURIQUE, SULFUREUX; NITRIQUE, M- TREUX; ARSÉNIQUE, AR8ÉN1EUX; PHOSPHO- RIQUE, PHOSPHOREUX; 8ÉLÈNIQUB, SÉLÉ- IflEUX.
Ces mots , destinés à qualifier les acides , ont été inventés par les auteurs de la nomenclature chimique à l'époque où l'on croyait qu'un corps, en s'unissant à l'oxygène, ne pouvait donner naissance qu'à deux acides , au plus. Il n'y a rien 'à dire contre leur formation; elle est régulière et conforme au sens ordinaire des terminaisons ique et eux. L'adjectif en ique se dit de celui des deux acides qui renferme le moins de la chose exprimée par le radical de l'adjectif, et l'adjectif en eux de celui qui en renferme le plus. Acide stdiurique , acide du soufre , où il y a le moins de ce corps , et partant le plus oxygéné ; adde sulfureux , acide du soufre , où il y a le plus de ce corps, et partant le moins oxygéné.
TERMINAISONS IQUE rr AL
Numérique y numéral. Stomachique , stomacal. Chirurgique^ chirurgical. Monastique ^ momical. Rustique , rural. Générique , général. Géométrique ^ géométraX; philosophique , philosophai ; théologique, théologal; historique , historiàL
Le sens comparatif de ces deux désinences ayant été déjà suffisamment déterminé , il s'agit ici simplement d'appliquer à des exemples particuliers les distinctions générales ci-dessus établies.
NUMÉRIQUE, NUMÉRAL. Qui a rapport au nombre.
Mais le premier annonce un rapport intrinsèque, de fond, une participation aux qualités essentielles du nombre, à ses caractères génériques. En disant unité numérique y opération numérique , vous faites connaître ce qu'est cette unité ou cette opération relativement au nombre considéré en lui-même. Numéral est une quali-
fication extrinsèque, de forme, qui se fonde sur un rapport au nombre considéré , non plus dans sa nature , comme étant tel ou tel , mais dans sa forme. Nom numéral y adjectif numéral, lettre numérale; c'est-à-dire ayant rapport au nombre, non pas en tant que ses caractères constitatits sont tels ou tels , mais en tant qu'il est exprimé. De même quand on parle de la valeur nvmérak de telle lettre dans la numération grecque ou romaine (Volt., Boss.) , il est question d'une qualité de forme. — L'un de ces adjectifs est un terme d'arithmétique , l'autre un terme de grammaire.
STOMACHIQUE, STOMACAL. Qui a rapport à l'estomac.
L'un doit être préféré en médecine , l'autre en anatomie. Néanmoins on les emploie tous deux dans la première science , en parlant de ce qui est bon à l'estomac, de ce qui le fortifie. «Toutes les recettes dont j'ai usé , quoique réputées stomachiques ou stomacales y car leur nom n'est pas plus assuré que leur effet, m'ont (kit plus de mal que de bien. » D'Aï..
Alors reste toujours une différence, qui consiste en ce que stomachique marque avec l'estomac un rapport plus prochain. Ce qui est stomachique aide plus essentiellement , et par sa nature , l'estomac à remplir ses fonctions; ce qui est stomacàl produit cet effet comme de loin , et c'est pourquoi cet adjectif s'applique bien aux choses favorables à l'estomac , comme le vin , sans qu'elles aient reçu spécialement cette destination; c'est pourquoi aussi on ne dit pas un stomacal , comme on dit un stomachique. Dans la poudre stomachique TOUS considérez surtout son genre de propriété dominante relativement à l'estomac, et dans U poudre stomacale , ce pourquoi on peut l'employer et à quelle partie du corps elle convient.
CHIRURGIQUE , CHIRURGIGAL. Qui appartient ou qui est relatif à la chirurgie.
Chirurgique qualifie les choses dans leur rapport avec la chirurgie , considérée en soi , dans ce qu'elle a d'essentiel; et chirurgical les qualifie dans leur rapport avec la chirurgie, considérée extérieurement, dans ce qui en dépend d'une manière quelconque. On doit toujours dire une opération, un essai, une expérience, chirwrgiques; mais , l'anatomie chirurgicaU , c'est-à-dire qui prépare à la chirurgie, et des instruments chirurgicaux , c'est-à-dire qui servent à la chirurgie.
MONASTIQUE, MONACAL. Qui a rapport aux moines.
L'un est formé du grec iLovaox^c , moine; l'autre du latin monachus , qui a le même sens. C'est peut-être à cause de cette première circonstance . que monastique se prend plutôt en bonne part que monacal. Mais leur principale différence tient à celle de leur terminaison.
Monastique se rapporte au fond , au genre , l la nature de l'institution, des mœurs, de la dis cipline , de la vie des moines , et monacal à leui forme. On dira de préférence les vœux (Acjld.) les institutions ou les ordres (In.), les idée (MoNTBSQ.), les vertus (Ducl.) monastiques; e l'habit ou le chant (Acad.), l'office ( Boss .) , h
SYttONYHES QUI ONT LE MÊME RADICAL.
joog (Volt.) monacal; ToisÎTeté, la captiTité, la tyrannie, la dévotion (Volt.), de petites pratiques (MoHTESQ.) monacales. On dira également la vie, la règle, Vesprit monastique ou monacal; monastique , si oa considère ces choses en ellesmêmes comme bonnes ou mauvaises, conmie plus ou moins rigoureuses au fond ; monacal , si on a surtout égard aux habitudes , à Fair , à l'habit , aux pratiques extérieures. — « La pureté primitive de la vie monastique. » Lah. c La vie extérieure de l'empereur Léopold était plus monacale qae de prince. > S. S.
RVSnQCE, RURAL. Relatif à la campagne.
. L'on marque un rapport essentiel , l'autre un rapport de lieu seulement. Ce qui est rustique se rapporte à la campagne comme à son genre , en a la manière d'être et les caractères; ce qui est rural n'est point dans la ville. La vie rustique comprend de la campagne même les occupations et les habitudes ; dans la vie rurale il n'y a de la campagne que le séjour qu'on y fait. Les occupations (Boss., d'Ag.), les soins (Boss.), les exercices (IIarm.) de la vie rustique; il est difficile aux citadins de s'accoutumer à la vie rurale. Un des mandements de Bossnet est adressé aux « doyens ruraux 9 de soo-diocèse. A ruraux substituez rtMtiqueSj l'impropriété sera manifeste.
Les mœurs rustiques impliquent quelque chose d'essentiel et qu'on considère en soi coomie bon ou mauvais , comme emp^int de simplicité ou de grossièreté; les mœurs rurales rappellent seulement des modes, des habitudes de se vêtir , de se nourrir, de s'assembler en certains lieux, par opposition à celles qui sont suivies dans la ville. Des esprits rustiques sont tels ou tels , naiCs ou rudes; des esprits ruraux sont des esprits de gens élevés aux champs, Tépithète ne les caractérise point, elle n'est qu'indicative du lieu où ils se sont formés :
Esprils ruraux volontiers sont Jaloux ,
N'étant pas (ails aux coutumes des villes. Lav.
L'économie rustique entre dans des détails plus intimes que l'économie ruraU , surtout en ce qui concerne le ménage. « Presque tous les livres sur l'économie rustique enseignent la manière de multiplier le blé , et de faire pondre des coqs. » Volt. «Le bruit de la basse-cour, le chant des coqs, le mugissement du bétail, l'attelage des chariots, le repas des champs , le retour des ouvriers , et tout l'appareil de l'économie rustique donnent à la maison un air champêtre et animé.» J.J.—£conomie mrale est une expression synthétique ou sommaire qui marque seulement où se trouvent les objets de cette sorte d'économie. « Un père de famille qui rit dans sa terre avec 12 000 livres.de rente ne peut vivre à Paris avec 40000. Cette proportion a toujours subsisté entre l'économie rurale et celle de la capitale. > Volt. La somme Turaie de Boutillier (Montksq.). « Nous avons une foule d'écrits sur l'économie rurale. > Lah.
GÈNÉRIQUB , GÉNÉRAL. Qui convient au genre.
Générique y qui a rapport au genre comme genre , en lui-même , conune se composant , dans Tesprit, de telles ou telles idées élémentaires. Général , qui a rapport au genre , considéré exté-
rieurement, dans la réalité, relativement au ^emps et à l'espace.
Les caractères génériques de l'humanité sont contenus dans la notion abstraite ^'humanité; ce sont , par exemple , la vie , la mortalité , la raison ; les caractères généraux de l'humanité sont les caractères que tous les hommes ou la plupart se trouvent avoir effectivement partout et toujours.
Un terme gétiérique est significatif du genre : tel est humanité par rapport au genre auquel les hommes appartiennent ; un terme général sert à exprimer une chose ou un genre de choses , de façon à s'appliquer à peu près à toutes , sans en désigner spécialement aucune , c'est-à-dire en définitive , d'une manière éloignée , vague , peu précise.
Tout ce qui est générique , l'est au même degré ; ce qui est général , peut l'être plus ou moins. Générique ne s'emploie que didactiquement , en logique ou en grammaire. Gela doit être.
GÉOMÉTRIQUE, GÉOMÉTRAL; PHILOSOPHI- QUE, PHILOSOPHAL; THÉOLOGIQUE, THÉOLO* GAL; HISTORIQUE, HISTORIAL. Ces mots ont tous cela de commun, de marquer un rapport avec une science indiquée par leur radical.
Hais pour ceux qui finissent en tque , c'est un rapport essentiel, qui impose à l'objet qualifié son caractère propre ; pour les autres , c'est un rapport éloigné , une convenance très-peu étroite, qui sert à désigner l'objet plutôt qu'à le caractériser , à le qualifier.
Ce qui est géométrique ou philosophique l'est plus ou moins, c'est-à-dire participe dans une certaine mesure aux qualités constitutives du type qu'on appelle géométrie ou philosophie : ce qu^ est géométral ou philosophai ne l'est pas plus ou moins , et ces adjectifs ne déterminent point du tout sa nature.
Au surplus , philosophai , théologal et historial ne se trouvent que dans un petit nombre de locutions : pierre philosophàle ^ or obtenu par transmutation des métaux , ou le métal propre A devenir or , ou bien l'art d'obtenir cette conversion , qui était le but de plusieurs philosophes ou alchimistes au moyen âge; vertus théologales ^\a foi , l'espérance et la charité , appelées ainsi parce qu'elles ont principalement Dieu pour objet, da même que la théologie; historial s'est dit de certains livres d'histoire , le miroir historial de Vincent de Beauvais , le bouquet historial.
Quant à géométral, quoique d'un usage plus étendu , il n'exprime non plus avec la science à laquelle il correspond qu'un rapport extrinsèque; tout ce qui convient ou répugne à la géométrie convient ou répugne à ce qui est géométrique, mais non pas à ce qui est géométral. Géométral sert à qualifier un dessin d'architecture qui donne U position , la dimension et la forme exacte des diflerentes parties d'un objet, d'un ouvrage, abstraction faite des illusions de la perspective : plan géométral; élévation, coupe géométrale.
TERMINAISON AQUE. .
Hypocondre, hypocondriaque.
Les terminaisons aque et iq%^, latin aeus et icus y grec axoc et ixo« , sont entre elles comme
VMKIËRE PARTIE
•l et fit c'est-à-dire identiques. EUes omt et mène origine et même valeur. Les adjectifs en oqiie servent donc à qualifier la chose dont on parle , en tant qu'elle a un rapport essentiel avec Tidée signifiée par leur radical : élégiaque, qui est du genre de l'élégie ; mcmaque , qui a de la manie , possédé de quelque manie; syriaque, qui est d'un genre originaire de Syrie , langue syriaque.
flTPOGONMUB , HTPOCONDRUQOB. Atteint d'hypocondrie , sorte de maladie qui rend bizarre et morose.
Vhypocondriaquê est comme hypœondre , a du rapport , ressemble à Vhypocfmdre , on le dirait hypocondre. Celui-ci possède pleinement la qualité à laquelle celui-là ne fait que participer dans une certaine mesure. Hypoamdre désigne nettement et sans détour celui qui est malade dixypocondrie. « Un hypocondre disait des vapeurs un mot profondément douloureux : que c'est im état d'autant plus cruel, qu'il fait voir les choses comme elles sont. » D'Al. Sypocondriaque n'a pas la même force; il se dit d'2d>ord des choses relatives à cette maladie , affection hypocondriaque (ACAD.) , mélancolie hypocondriaque (HoL.) , ks vapeurs hypocondriaques (Volt.}, et ensuite des personnes qui y ont simplement rapport , qui y sont disposées , ou bien qui en tiennent ou s'en sentent quelque peu , ou qui semblent en être atteintes. « Un hypocondriaque de sa santé. » S. 5.
TERMINAISONS FIQVE et FÈRE.
Sudorifique^ sudorifère. Prolifique, prolifère^
Fique se rapporte comme aque à la terminaison iqxte. Mais ce n'est pas une désinence simple , non plus que le latin ficus , d'où cette désinence dérive : elle comprend outre et avant ique le mot fa^ere , faire , et signifie que l'objet qualifié fait ou produit ce qui est exprimé par le radical de l'adjectif: héaHfiquCy qui rend heureux; frigorifique, qui cause le froid; sudorifique, qui provoque la sueur; morbifiquè, qui engendre la maladie; maléfique, qui produit le mal, qui a une influence maligne.
Fère, en latin fer, de ferre, porter, signifie que l'objet qualifié porte, apporte ou cause ce que le radical de l'adjectif indique. Lanifère, lanam ferre, porte-laine; somnifère, latin jomnifer , somnum ferre , porter ou apporter le sommeil , c'est oe qui procure le sommeil , et ainsi des autres, léthifère {lethum, mort), mortifère, pestiféré , etc.
Un adjectif, susceptible de prendre ces deux terminaisons , a le môme sens à peu près avec l'une et avec l'autre : il présente dans les deux cas l'objet, au nom duquel il se joint, comme possédant la qualité de produire la chose exprimée par le radical de l'adjectif. On peut donc considérer comme synonymes ludort/lque et sudorifère , prolifiqw et prolifère.
SUDORIFIQUE, SUDORIFERE. Capable de causer la sueur , sudor,
PROLIFIQUE, PROLIFÈRE. Capable d'enfanter; proies , race , enfants.
La différence s'aperçoit aisément. La désinence {ère montre la propriété d'une manière plus ex-
térieure, jfioM objective dan aee effets; et la désinence fique la désigne dans l'objet êxxqœi eUt est inhérente, subjectivement, comme constituant son caractère essentiel; et c'est pourquoi on se sert, par exemple, de prolifère en botanique et de proUfiifue en médecine. C'est la dififërence qui existe en latin entre horrîferet fcorrtfieus ; horrifer est pittoresque , il lait voir le sujet répandant ^ et là l'horreur et répouvanle.
De phis , la terminaison fére , sans doute parce qu'elle se prononoe exactement comme la terminaison latine d'où eUe dérive , n'a point été popularisée dans notre langue. Elle se trouve seulement à la fin de quelques termes scientifiques^ usités en botanique k plus souvent, et quelquefois en médecine. En conséquence, on ne peut guère se permettre dans le discours commun l'usage de sudorifère ; il aurait l'air étrange et prétentieux.
TEHMINAISONS FlQm^ FÈRE^ IF et EUI.
Soporifique , soporifère , soporaiif^ soporainr.
SOPORIFIQUE, SOPORIFÈRE, SOPORAUF, 80P0REUX. Qui a la propriété d'endonmr on d'assoupir; racine , sopor , sommeil.
Soporifère est purement scientifique et à pea près inusité dans le langage commun. Soporeiu marque la plénitude , l'exoâ et le danger de l'effet produit par l'objet qualifié : ce qui est jopereux cause un assoupissement lourd , pénible , et qui peut avoir une terminaison ficheuse. Restent soporifique et loporah'f conune mots usuels signifiant simplement qui endort : l'opium est soponfique ou soporaUf : c'est un tvporifique ou un soporaiif.
Soporifique , à base nominale , déàgne surtout le genre d'état produit , et soporaHf, à ba^e Terbaie , soporare , la puissance ds le produire. Le médecin voulait qu'on l'empécbàt de dormir; mais la potion qu'on lui avait donnée était jostement soporifique; il faudra pour endormir ce malade une potion très-sopofwitoe. Ce qui est joporifique cause tel effet , il endort. « Eidaviraph . ayant bu trois verres d'un vin soporifique , eut une extase. » Volt. « Les voilà eaisis d'une affection soporifique et léthargique. » Id. Ce qui est soporaiif a la vertu , la capacité de causer cet eflèt . d'endormir. « Plus , dudft jour , un julep hépatique , soporaiif, sonmifère , composé pour faire dormir monsieur. » Mol. « Thomas Bialoirus répond que l'opium fidt dormir, parce qu'il y a dans l'opium une faculté soporaitive qui fait- dormir. » Volt. « Vous avez eu raison de dormir : le diable qui vous affligeait était un diable trèsnfoporatif. » In. « Le poème sur la Grâce est un poCme didactique et un peu soporaiif. » In.— Un soporifique ne doit pas être confondu avec un autre spécifique quelconque; il y a des toporoHfs qui agissent plus énergiquemest que d'autres.
TERMINAISONS FIQUE kt âNT.
Vioifiqueti»U>ifiani.
VIVIPIQUE , VITlFIAirr. Qui vivifie oa eii propre à vivifier.
SYNONYMES igUl ONT LE MÊ» RADICAL.
Vivifi^ue est pédantesqse et à peu près hors d'asage , parce qii*îl a été calqué sar le latin vivificusj à la différence de vivifiant , participe présent du Yerbe , à forme française , vivifier. — D'ailleurs vivifiq^ie représente la qualité comme inhérente àVol^et, indépandamment de l'action et antérieurement à l'action; vivifiant qualifie ïobjet en raison de I^ction et de son effet sar ce qui \^ sobiL .
TBBlIDCAlSOfNS rîQUM vr ÂBLS»
ScnorifLqm^ fcoiiafio5fa.
JKHVOiflFfQfnB , HONORABLE. Qm fait qu'on «st liODoré : trtre honorifique ou hotwrahle.
Un titre honorifique attire des honneurs, des honneurs fixes , assurés , réglés : majesté , altesse , «ttnlef^f énutnenee, excellence, gràee, révérence , etc. , sont des titres honorifiques; le Bas- Empire a mnltii^é outre mesure les titres honorifiques; César fit rendre ou accepta des décrets honorifiques (Lab.). Un titre honorable est propre à faire honorer; honorable est une qualification, non pas effectiye , comme honorifique , mais facultatiTe ou de droit. Ce qui est honorifique est honoré ou fait honorer ^ ca qui -est honorable est à honorer.
THUUNAISON FÉMANT.
Temûnaison qui Tient, comme la terminaison fère , du verbe latin ferre , porter , jeter, répandre. EUe correspond aussi à la désinence fer des adjectifs latins; mais, parce qu'elle en change le son , le seul mot où elle se trouve, savoir odoriferont^ latin odorifer, n'est point relégué parmi les termes scienti/lques, mais admis dans tous les genres de stjle.
TERMINAISONS PÉBANT zi^ST.
Odoriférant , odorant.
ODORIFÉBIRT^ ODCMLUfT. Qui a da l'iidenr. En latin odorifer et oéorus.
Un objet odoriférant d'abord a de l'odeur en ce sens qu'il contient et porte en soi ou sur soi une matière odorante quelconque : le musc et la civette ont une poche odoriférante remplie d'une liqueur ou d'une humeur odorante (Boff.). Les animaux porteurs d'ime telle matière sont dits eux-mêmes odoriférants , et cette épithète se donne aussi à Thomme qui a toujours sur soi des senteurs : « Notre odoriférant marquis. » Volt. — Odoriférant qualifie ensuite des choses en mouvement qui vont portant de l'odeur avec elles et la répandant çà et là. « Sophronyme brûla des parfums, et il s'éleva un nuage odoriférant au milieu des airs. > Fén. « Cette fumée odoriférante que nous voyons s'élever d'une composition de parfums. > Boss. — Enfin odoriférant signifie qui exhaie de l'odeur sans sortir de place, suivant une troisième acception du verbe latin /îerrs, et c'est alors seulement qu'il y a synonymie entra odoriférant et odorant : bois odoriféranS ou odortuU; plante odoriférante ou odorante.
La chose odorante est telle que si vous la por-
tez à votre odorat , elle vous causera la sensation d'odeur : il y a des fleurs odorofil«f (J. J.), comme il y en a d'inodores. La chose odoriférante n'a pas besoin que vous alliez au-devant ou que vous l'approchiez de vous : elle se fait bien sentir d'elle-même , elle vous envoie , elle vous lance de l'odeur. « U y a des corps odoriférants qui , sans diminuer sensiblement de leur poids, envoient très-loin des corpuscules. » Volt. Odorant est un terme didactique, analytique, de naturaliste, simplement désignatif , qui attribue à une chose fat propriété de sentir bon ou mauvais : particules odorantes (Bofp.); le pollen est une poussière jaune très-odorante (J. J.). Odoriférant est un mot expressif, descriptif, pittoresque, synthétique , qui ihit image et représente une sorte d'irradiation. Un bois (SÊv.) et un bocage (FAn.) odoriféremts répandent de tous les côtés conmie des flots d'odeur. On dit bien aussi un bois odorant y mais en entendant par le mot bois , non pas une collection d'arbres ou un bosquet envoyant au loin l'odeur des fleurs dans les airs , mais U substance d'un arbre particulier auquel on trouve de l'odeur en le flairant : le cèdre est un bois odorant. Ce qui est odorant n'est pas inodore ; ce qui est odoriférant embaume , d*où il suit qu'en général la chose odoriférante a plus d'odeur que la chose odorante : < Le nard odoriférant. » Marh.
TERMINAISON lEN.
Garde, gardien.
Cette terminaison a pour origine le latin anus, a , um , de même que la terminaison ain , dont elle n'est qu'une variété : troien , trojanus ; prétorien, prœtorianus. EUe a aussi le même sens; elle désigne des relations extérieures de temps, comme quotidien, ancien^ et plus souvent de lieu, comme phénicien, assyrien, athénien, égyptien, indien, péruvien, parisien, lesquels marquent tous un Vapport du sujet qualifié avec le pays où il est , ou plutôt d'où il est. Par analogie , elle sert à marquer , non plus à quel lieu on appartient, mais à quelle société, à quelle école , à quelle secte , à quelle profession : témoin les mots , chrétien , théologien , cartésien , épicurien, logicien, grammairien, chirurgien, musicien, opticien, physicien, pharmacien, comédien, galérien. Après ce court, mais suffisant aperçu , l'ordre exige avant tout la comparaison du substantif qualificatif gardieh avec son synonyme garde à terminaison indifférente.
GARDE, GABDIEN. Ces deux mots marquent également une personne au soin ou à la garde de qui l'on a confié quelque chose.
Leur différence tient à la terminaison du second, et beaucoup plus encore à l'absence de terminaison dans le premier. Garde étant un radical au , exprime l'idée commune en soi , d'u&e manière absolue et objective ^ par U raison contraire , gardien l'exprime relativement et subjectivement.
1" Dans garde, ce qui domine, c'est l'idée d'un état et d'un état bien déterminé , réglé , soumis à des lois qu'on ne peut enfreindre. Un prince