‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 206 sur 426 · TERMINAISONS /T · texte numérisé non relu

TERMINAISONS /T

Sémt, béni.

Deux formes propres aux participes passés des verbes dont l'iidlnitif est en ir : écrire , écrit; /intr , fini. Il n'y a donc aucun doute sur l'origine des adjectils qui s'en trouvent revêtus : ce sont primitivement des participes passés , et c'est de là qu'il faut partir, ai l'on veut arriver à déterminer leur différence d'avec d'autres adjectifs de même radical , qu'ils peavent avoir pour synonymes. Du reste ^ elles équÎTalent tout à fait l'une à l'autre, •À ce n'est que la première a plus de rapport avec a terminaison des participes passés latins des rerbes en ire et la reproduit plus fidèlement, tandis que la seconde s'en éloigne davantage et a )lus d'affinité pour les radicaux venus d'ailleurs |ue du iatip , ou toat au moins francisés. Contrit n érudit traduisent exactement les participes passés latins, contritus et emditus; au contraire, jffranchi, ébahi, affaibli, aguerri^ saisi, ne correspondent pas à des participes latins en itus, s. «m. Cette remarque a son importance et peut mener ici à distinguer incidemment deux adjectifs synonymes de même radical , mais terminés, l'un en it, l'autre en t, savoir : bénit et béni.

B£!fiT, BË3II. Participes du verbe b^tr ; qui a reçu la ou une ou des bénédictions. Tous deux sent formés du latin benedictw , participe passé

du verbe benedtcere ; benedictms , bendictus , benictvts , bénict , bénit , béni^

liais, on le voit d'abord, o^ntt est plus près de la source commune et la rappelle mieux. Aussi est-ce un terme de liturgie : il a un sens légal et de consécration ; il se dit pour marquer la bénédiction de l'église , donnée par les prêtres avec les cérémonies convenables : du pain , un cierge , des drapeaux bénits (Agad.) ; un anneau bénit (Volt.) ; des chapelets bénits (Les.) ; une abbesse (S. S.), une église (Volt.), une épée (Volt., n' Al.) bénites.

Au contraire , béni , moins semblable au mot latin qui lui sert pourtant aussi de type, appartient au langage commun et se prend dans toutes les autres acceptions du verbe bénir : il a un sens moral et de louange ; il se dit pour marquer la protection particulière de Dieu sur une personne , une famille , une nation , ou pour désigner les louanges affectueuses que l'on donne à Dieu , ou même à un bienfaiteur. « Dieu promit à Abraham qu'en lui toutes ces nations aveugles seraient bontés, c'est-à-dire rappelées à sa connais^ sauce, où se trouve la véritable bénédiction.» Boss. <K L'Ëvangile ne reconnaît point la différence des nations, ai ce n'est pour les assembler en Notre- Seigneur , et pour en faire un même peuple béni y par la giice de la nouvelle alliance. » In. « La postérité de saint Bernard est b^nte comme celle d'Abraham. » FiN.

TERMINAISONS IT et àIH.

Subit , soudain,

SUBIT, SOUDAIN. Prompt, qui arrive instantanément, dans le moment.

Subit vient du latin subitus, participe passé du verbe subire, aller dessous, venir par dessous, secrètement, et éclater, surgir. Soudain est un véritable adjectif , formé de svJbitaneus ,subUiMus , soubtain, soutain, soudain.

Ce qui est subit, est tel par le fait; ce qui est soudain , est tel par sa nature. L'expression , mort rubiu, donne l'idée d'un événement; l'expression, mort fotidaine, signifie un genre de mort. « Quand on nous rapporte l'exemple d'une mort subite, et qu'on nous dit qu'un homme vient d'être enlevé tout à coup.... » Bouan. « Mort soudaine seule à craindre; et c'est pourquoi les confesseurs demeurent chez les grands. » Pasg. On dit : raison subite de partir (Rag.) ; course subite (In.); mal subit (Mol.); révolution subiU (MoHTKSQ.); ruine subite (Boss.); fortimei subites (ID.); subite velléité (J. J.); crue subiU des eaux (Lat.); en faisant le récit de ce qui s'est passé ou a eu lieu. Mais on dit : fuite soudaine (MoL.), frayeur soudaine (Rïgn.), pour caractériser des sortes de fuite, de frayeur. C'est aussi , en général et sans avoir égard au temps , que nos plus grands écrivains s'expriment ainsi qu'il suit : La colère a un mouvement soudain et précipité (Boss.); tel homme paraît agir par des réflexions profondes , tel autre par de soudaines illuminations (In.); il y a des inspirations soudaines qu'on appelle des bonnes for^

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