TERMINAISON OND
Rouge ^ rubtcond.
Désinence imitée de la 'latine ttndus , a, wn:
i . Marmontel a dit cependant du czar Pierre qui visita Paris en 4747 : *. Ce caractère harharesque avait paru toQt A coup s'adoucir, s'attendrir aaeme devant le jeune roi. » Èarbaruquê a bien lA In sens qui doit lui eonvenir dans le langage ordinaire : baiiUu-e$^u4i^ e'estrà-dire étrange et qui tient duharbare.
fécond y feeundus; profond, prafundus; loagabond , vagabundus. Elle vient incontestablement du mot undaj onde; ce qui fait qu*elle exprime Vahondance , car ce dernier mot lui-même a pour racine unda , ab unda. lÈWo est donc superlative. Elle a le plus grand rapport avec la désinence adjective eux. Avec Tabondance de la qualité, I elle en marque quelquefois la profusion , le débordement, l'excès, ou bien seulement l'habitude. En latin, mirabundur veut dire, qui est toujours en admiration, ébahi, émerveillé de tout ; cogitaimndus , tout pensif *, venerahUndus , respectueuo;, plein de vénération, et qui en témoigne beaucoup; erràbundus ou vaffabundns^ vagabond i qui ne fait qu'errer de côté et d'autre; ira, colère, mouvement actuel de colère, et iracundia , grande colère , ou colère habituelle , disposition inhérente au caractère.
ROUGE, RUBICOND. De la couleur du feu, du sang.
De la racine rub a été fait rubeus^ rubàu, ruhjus, rovbje, rouge. Ce qui est mWéflnd, est tout roii^e , plein de rou^e , rouge à l'excès ; et ce mot , calqué sur le latin rubicuwdus , ne se dit guère qu'en plaisantant, d'un visage tout rouge, enluminé, qui paraît comique, à cause de sa grande rougeur. < Un gros homme à face large et rubiconde. sVoLT.aLa grosse et rubiconde face de l'abbé de Remis. » In. « Avoir la face rubiconde et un embonpoint de chanoine.» In. «Ce licencié, cette face nibicondey se nonune don Chérubin Tooto.» Les.
. TERMINAISONS OSD^ et âNT.
Moribond i mowrattt,
MORfllOm, VOURANT. Qui est près de Mosrir.
Le moribond est plein de mortalité, pour ainsi dire, toujours mourant: il languit, il ne fait que traîner; « il a peu de temps à vivre, dit Co&àillae, et ses infirmités le menacent d*utte mort prochaine. » « J. C. rendit la santé aux paralytiques et aux moribonds^ » Boubd. « Finisses la guerre et rendez du pain aux peuples moriboiuif .« Férv.v Refuser à un moribond la permissioA d'aller prendre les eaux.» Volt. «Sixte- Quiot ooolrefait rhumble et le mortboiul; on l'élit pape, v In. oc Comme Sénèque était d'une maigreur eaftcème, il avait l'air d'un moribond. » Mark.
Le mourant est à son lit de mort , il se mcfurt. « J. C. était mourant sur la croix.» Bobud. Un homme frappé à mort tombe moufwd' (Bsbs. , Fén.). «On dit que les mourants prophétisant > Volt.
TERMINAISONS OWD bt SUI.
jpuribond, furieu*,
FURIBOND, FURIEUX. Plein de farenr. Yous deux expriment l'acte de fureur, et l'habitude de s'y livrer ; tous deux s'appliquent , par extension, à ce qui dénote la fureur , au visage , A Tair» aux negards.
Mais le furieux est plein de fUreur , et le ^ribond en est si plein que la fureur dÀorde, s'é-
4Mioér Ik»» d»lai. Fwri^end reBchérit sur r il narqnt «b plus haut d«gr4 de fureur, et une funar eonsidérée , moins dam le si^et qui en est plefai, qao oomne se répaadant hors de lui. Cm donùer caractère tient encore à ce que la désinence ond se joint plus Tolontiers aux bases Yerbalee, foe k désinence si». On cherche à apaiser un furtet»; on éyite un furibond. Dans les Fuites amoigreuset ée Regnard, Crispin dit à AUbot, qu'Entas pooisuit X'épée k la Ah f aoHieiit, ériies sa n^ JkrOmÊéig,
SYNONYMES 001 ONT LE H£|I£ RADICAL
TERMINAISON OLËIVT.
Achille furifux s'enferme dans sa tente; les honehoiitct ceunient fitribowÊie^ sw les monta-
On eromiiit, d'aprèe r Académie et Roubaud, que fwrimtt indique toojeun et simplement un accès aetuelde ftireur» tandis qu'il serait réservé à furibmd d'exprimer la disposition constante. C'eetnne-eneur.aArant Vespasien , l'empire ayait été saeœsriToaeBt oesupé par àx tyrans également cmele, tous fwrieuaf , et sou? e&t imbéciles. > ftoirmo. « He dites-ipeus pan en commun pn>- Terbe, des impÊ Têni$tmnts, éês Uims fimeua, maUcimsÊtamm» tm sifve?» Labb. «La tigresse est ftarimm en tout temps. »Bt)»F.
La yéritable différence consiste ta ce que lafu-
fenr du furibond est plus grande» moins coq
centrée , et se témoigne plus fortement que celle
du fwiMs. C'est pourquoi de furibond on a
formé un Terbe furthonéer, qui signifie éclater
de fovux. «L'êfêque pesta » jura, tempéU, furi-
&ORdn.9 Sdar. L'&me du furieux est en proie à la
fksreÊÊT^ et k furibomi se conduit ayec furie. Le
/vrî€i»ale sens troiAlè, c'est un fou; \efmi-
btmd est hors de sens, e'est un énergnméae , un
forcené. « Cet homme, furieux de me voir (été
dans mon infortune, perdit tout à fait la tête , et
se comporta comme «n forcené.^ J. J. A la place
de fbrcené , furibond ierait à peu prés le même
sens.cUsfMhend chevalier ne revenait point de
sa frénésie : li se démenait dans la chambre
comme un poMédé.» Lbs. Dans les Fourberies de
Seapim^ Soapin dit à Silvestre: « Tiens-toi un
peu j enStmoe ton bonnet en méchant garçon ,
campe-toi siar un pned , mets la main aacôté,'faâs
les yeux ^irthonds , mamhe un peu en roi de
théfttro. -
TSBXINAI50NS ONV vi ÏQVE.
TuêSbond^pudUfÊe.
> WDlÇfHL Qui & de l^ pudeur.
FwÊkpm ne dit rien de plus. Le piidahond est t(nit plein de pudem'» il en a même trop ; et c est pourquoi ce mot» comme celui de nihtcond, ne s'^empkiie guère que faméliérement et ironiquement , pour eiprimsr un excès , eelui d'un homme qui est ou q«^on suppose si plein de pudeur qu'il rougit pour un rfen. cTai trouvé, moi qui suis très-pudthend, que les jeunes demoiselles pourraient rougir de ce langea la comédie. » Yolt. OftTous dfra qull n*»8t peint de tessmMo, Tant p«dSé0«dret lait limtp fat^sUe^ Onéareûléttren^siaB en pareil cas. lin.
Du verbe olere, sentir, exhaler une odeur, les Latins ont tiré une désinence adjeclive, oUns, oleniusy uUni%u: violens ou violentus, violent: opulens ou opulentus, opulent. Sa valeur dépend de son origine. En général, elle qualifie le sujet en indiquant qu'il y a en lui de la chose exprimée par le radical de l'adjectif, puisque le sujet sent cette chose , en exhalé rôdeur.
Mais quelquefois elle représente cette participation comme un simple rapport de convenance du siyet à la chose : ainsi, esculentus, eseam ofcw, qui sent la nourriture, qui a rapport à la nourriture, qui y est propre; lutulentus, qui sent la boue , se dit, par exemple, de l'eau trouble qui a l'air bourbeux, qui est comme la boue; pestilens, pestem olens^ qui tient de la peste. — Plus souvent elle est complétive. Elle annonce qu'il y a dans le sujet beaucoup de la chose dont le radical de l'adjectif est le signe , et que le sujet en est tellement plein, tellement imprégné qu'il en exhale l'odeur. Les Latins disaient, doctrinam redolersy pour signifier être plein d'instruction.
TERHINAISONS OLXNT vr AÏÏT.
San§vinolent , eanglant.
SANGUINOLENT, SANGLANT. Où il y a du sang.
Tous deux ont pour type le latin ran^notenlus; mais le premier le traduit exactement , tandis que le second Tabrége au point de le rsndre méconnaissable. C'est pourquoi sanguinolent est pintôt un terme de science, d'histoire naturelle ou de médecine , et se rencontre plus rarement dans le langage commuii.
D'ailleurs, avec la forme de sanguiwohnius , sanguinolent en a conservé le sens : il se dit des ilegmes, des crachats, des glaires, «qui sentent le sang, qui ont quelque chose du sang, une apparence de sang , qui sont comme sanglants, « Le musc est une humeur sanguinolente qu'on tire d'un animal tout différent de la civette. » Buff. a Les meilleures plumes des autruches se reconnaissent en ce que leur tuyau , étant pressé dans les doigts , donne nn suc sanguinolent, » Id. — Sanglant, signifie taché, souillé, couvert, dégouttant de sang.
TERIUNAISONS OLEKT Et If, Violmt , vif.
VIOLENT, VIF. Oui a un degré de ferce remarquable ; qui n'est ni faible , ni mou , ni lâche , ni languissant. Un homme d'un naturel violent et d'un naturel vif y ou simplement , un homme tTtolent et un homme vif; une querelle violente et une vive querelle ; une douleur violente et une vive douleur; passions violentes et passions vives. Racine commune, 9û,, force.
Ce qui est violent , vim olens , est plein de (brcot au point que cette force se répand autour de lui , ainsi que l'odeur s'exHale d'une chœe qui en est imprégnée; ce qui est vtf possède la feroe activement , et une grande disposition à la développer.
PltEMIÈRE PJOiTIfi
Le premier de ces adjectifs qualifia extensivement et le second intensivement : Tiin marque dans le sujet l'existence d'une grande quantité de force qui transpire et se répand à l'extérieur; l'autre fait connaître dans le sujet une grande irritabilité et une grande activité , mais solitaires et non relatives. Violent enchérit donc en un sens sur vif, «Un sentiment «if et violent. » D'Al. « Cette pâture , loin de calmer la faim du lion , la rend plus vive et plus violente, » Mass. «Il faut des passions dans les comédies , il en faut de viveg et de tm>lentes. » Nie.
On est vioUtU pour les autres, ou tout an moins extrinsèquement , en largeur, pour ainsi dire ; on est vif en soi et pour soi. On seût vivement y et non violemment; on combat viv^ ment; mais dire, combattre violemment ^ serait faire un pléonasme. Violent, ayant la terminaison d'un participe, doit, par cela seul, et quel que soit le verbe d'où il dérive , signifier l'exercice de la force et son effet au dehors ; vif n'a aucun caractère verbal, il exprime uniquement dans U sujet une propriété active. Donc l'homme violent est enclin à sortir de lui-même , à commettre des excès, à faire essuyer de mauvais traitements, à rompre toutes les digues; l'homme vif est prompt à prendre feu , à entrer en émoi , à s'animer , il se porte aux choses avec ardeur. « Le style de J. B. Rousseau est plus violent que vif, et tient, si j'ose m'exprimer ainsi, de la bile qui le dévore. » Volt.
Une querelle violente suppose du trouble , du tumulte , de fortes oppositions , des cris , des injures , et quelquefois des coups donnés et reçus ; une vive querelle ne suppose que du feu , de l'action, et un grand intérêt pris de part et d'autre à ce qui en est le sujet. Une douleur violente & plus d'ampleur et apporte dans l'âme plus d'agitation; une douleur vive se distingue plutôt par l'intensité; si elle s'étend moins, elle pénètre da yantage , elle est plus aiguë , plus pjquante. Les passions violentes sont d'un homme violent, fougueux, emporté; et les passions vives sont d'un homme vif, qui se passionne aisément.