‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 214 sur 426 · TERMINAISON IN · texte numérisé non relu

TERMINAISON IN

En latin, inus, a» vm, qui parait différer fort peu de la désinence anut, a, um. De sorte que , dans notre langue, in, ain, an et ien désignent à peu près te même rapport, celui d'origine, d'extraction ou d'habitation : Girondin, Poitevin . Périgourdin; de même qu'en latin , Alexandrinus, Parisinus. Cependant la terminaison in a cela de particulier, ce semble, relativement à ses analogues, ain, an, ien, qu'elle sert à former des substantifs signifiant les lieux dans lesquels s'exercent des actions d'arts ou métiers : moulin, magasin, usine, cuisine, saline.

TERMINAISONS IN bt IJfE JTIME).

Marin, maritime,

MARUf , MARITIME. Latin, marinus, maritimui. Relatif à la navigation sur mer. Cartes , aiguilles, montres marines; bâtiment ou canot marin : commerce, entreprises, puissance, service , forces , législation , maritimes.

Primitivement , marin veut dire qui a rapport à la mer, comme en venant ou comme l'habitant, y exerçant son état : monstre , sel , marins; con-

PREMfËRE Ï^AKTI&:

que , f)Unte , mOrCrf«s ; et , stibsteniîteiÉfeitt ., nUfrifiy homme de mer. Bivrttifftè^ cftA est tôUt aubord de la mer, qui en est vdsiû : yilles-iwoWtimes. Les peuples maHiimei s'adotroent à Ut-jor vigation sur mer parce qu'ils liablteM atiprès, mais sans Tîvre consiamimeiit sur nrer; comme les marins.

Dans le sens éloigné, où ces mots se disent-des j choses, comme on leToit par les exemptes cités | plus habt, et où ils pourraient être confondus, . ma/rin exprime aTeclarmer un rapport plus éftroH | que maritime. Marin signifie qui est de mer, ou-; qui concerne la mer ou les mtarins, et mafitiiHe qui se fait sur mer , ou , qui concerne ce qui se fait sur mer, ona même sur les* oMes, dan» les ports.

îÊftMmÀisoN ûie:

Adjectire et'suhstaAtive, cette désiiKette^, imitée du latin ulvs, a, um, est' diminmire, oomme, en latin , celle d*où elle est tirée : aûidul&, afcidu7u« , légèrement acide; majwtulê, majii9éHln8, un peu plus grand, de ma/ut, plus gl^and; dm* riustule, duriuseulus , un peu dur : « Diwque le pouls de monsieur est durinseulè, pcmt ne pas dire dur. » Mot. Da<n£^ crédule et* rCdCcwie*, elle exerce une influence alislogue à la |5rétiédente ; elle annonce des^ défauts de médiocre consé*quence, des travers plutôt que des vices.

TBRÎfillNAlSONS ULS Kf IBIY.

Ridimle^ riiible.

VtÙtCDtE, AISIBLB. Dont on doit r!r0.

La différence entre ces deux mots dépend^moins de la valeur propre à leurs terminaisons que de leur origine grammaticale, révélée par ces mêmes terminaisons. Ridicule est un adjectif- substantif, et risihle un adjectif verbal. L'un modifie l'idée du sujet , en énonçant ce qu'il est , en indiquant une qualité qui lui est inhérente ; l'autre , en faisant connaître l'effet qu'il éprouvera. Celui-là exprime une qualité de droit, constitutive, de nature-, l'autre, une qualité de fkit au futur.

Ce qui est ridicule est digne d'exciter le rire , d'être moqué , bien que peut- être il ne doive jamais lui arriver d'être un objet dèf rire ; ce qui est risible , est propre à faire rire , fera rire , sera moqué, même quand il ne serait pas essentiellement , et par sa constitution , tel qu'on en doive rire. Quand je dis qu'on doit rire de ce qui est ridicule^ j'exprime un dbvoir; qpand je disque l'on doit rire de ce qui est risible, j'exprime un fait futur , je prédis ce qui arrivera.

En vous appelant ridicule ,' je fais connaître ce que vous êtes , j© ne songe qu'à vous caractériser, et c'est une qualification grave ; en vous appelant risihle^ je songe à ce qui vous arrivera, et c'est moins un reproche qu'un avis.

Tel rit d'une ruse d'amour, Qui doit détenir à son tour

Le risible sujet d'une semblable histoire. Laf.

Ce qui est ridicule , est risibU essentiellement , , par nature et au fond ; ce qui est risible , est ridicule de fait , par opinion , se montre , apparaît

ridkuiè. VtttL té^â4fV4^tB, IftsobBttinee^, l'autre , le paraître , le phénomène. « Notre cdtidltion est autant ridicule que rtsibJe.sHoNTAiGN. C'està«-dire : on nerim jau^^i ttoipld^uet^oonditioii, tant elle est en elle-même misérable et méprisabk", on lakm notre conditioiK eM ea éBe^amà digne de moquerie qu'elle le smUe.

La justice exige des pDdtes comi^uM qa'ils ne rendent riniMe que ce qm eslWcMeula. Besneoupde sentences , q«i n'ont rien< de fiélmiê ea elles* mêmes, deviennent rMAm^ dtn» ht boaelie de Sancho Pança* Les prétentione da glorieux sont ridietdês , et Destouches les a justement rendées risitllee dans la oomédie qu'il- a destinée à cet effet.

Comme tiâiMê dénote tou^oin^ua déCnt essentiel,, il ne ee piwd <|u'ett maimbe pnrt; tandis que risible, per la At6o&< cenlTÛre, signifie* cfudquefl^is la^ simfrle aptimde ^ faire rire , sans impliquer atténue idéer de ttUese : il y a des choses , comme des farces , des bons mots^ qui doivent faire rire pourrempUr leur destination ou leur fin. Le comble de l'art, dans lelfisanthrope , a été de composer un caractère à la fois respect«â)le tft r^ibU (M aum:). Ce qui est ridicule ifeet jamais respeotable. La disproportion est ridicmUf, elle choque la raison , les règles, les convenances ; la bigarrure est rmble, elle choque seulement la vue , quelquefois mtee elle l'égayé par un air de bizarrerie.

Page 1